Il faut accepter que l’autre et irréductiblement différent de soi. L’adverbe irréductible est important et il et à prendre dans son sens littéral, ne peut être réduit. Il est donc à prendre dans sa totalité, dans sa globalité c’est-à-dire qu’il ne peut être ramené à autre chose. Si l’on essaie de réduire l’autre par le fusionnel, c’est-à-dire en voulant fondre sa culture dans une autre culture, l’existence de l’autre est niée par l’intégration.

Les relations culturelles se situent donc sur une échelle qui s’étend du racisme à la négation de l’autre. Il est donc indispensable de prendre conscience que l’on n’est pas tous pareil et que la vie se situe entre les deux extrêmes. Cette question de relations interculturelles concerne aussi bien un nombre réduit de personnes (couple) que des grandes masses comme les civilisations.
L’interculturel est donc une situation de tension dans laquelle il est difficile de rester neutre, surtout, si cela touche à notre culture, car il y a toujours des enjeux.
Le procès de l’excision n’a pas apporté de solution à la question car celle-ci est passionnelle et non rationnelle. L’interculturel débouche souvent sur le passionnel et non sur la raison. La gestion des conflits est alors émotionnelle. En effet, la condamnation de « l’exciseuse » n’a pas apporté de solution au problème de l’excision en lui-même. Ce qu’a traduit le procès, c’est que sur le territoire français, les pratiques mutilantes sont condamnables. D’ailleurs, dans ce procès, on n’a pas jugé la pratique de l’excision lorsqu’elle est effectuée au Mali. Certes, force est restée à la loi, mais la question culturelle n’a pas été réglée, et il y a fort à parier qu’il y aura d’autres procès, parce que la pratique va se poursuivre.
Cet exemple montre pourquoi l’interculturel est important. Ce qui est important à observer ce n’est pas la culture de l’autre, mais le différentiel qui existe entre les deux cultures au moment du contact. C’est ce différentiel qui crée problème.
Là encore, prenons pour exemple la question de la ponctualité. Dans les milieux d’affaires, cette question dépend de la culture des interlocuteurs. En France, un retard inférieur à une quinzaine de minutes est admis ; il n’en est pas de même dans les pays anglo-saxons où la ponctualité est de mise. D’où la réputation, parmi les milieux d’affaires anglo-saxons que les Français ne sont pas ponctuels. Prenons maintenant le cas entre la culture française et la culture africaine, il s’avère que les Français sont taxé de trop de ponctualité, parce qu’ils sont toujours à l’heure (même avec un quart d’heure de retard) parce que le retard des Africains va souvent au-delà d’une paire d’heures. Ce qui fait problème ce n’est pas le problème intrinsèque de la ponctualité, mais le différentiel entre les cultures. D’où, il est indispensable de connaître le facteur culturel de la société avec laquelle les commerciaux vont traiter.
Cette même question peut être développée dans le cadre des droits de l’Homme. Ceux-ci ne sont pas universel. La déclaration universelle des droits de l’homme reprend une vision occidentale et non universelle de l’Homme. Dans le domaine culturel on assiste souvent à un glissement entre une critère objectif au départ vers des considération politico-philosophiques.