Le socialisme scientifique est un socialisme libéral car scientifique et pluraliste car libéral. De plus " la liberté est anarchie car elle n’admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l’autorité de la loi... La substitution de la loi scientifique à la volonté...est, après la propriété, l’élément le plus puissant de l’histoire ".
Il désire éliminer l’arbitraire capitaliste par le socialisme qui est libérateur du social. De même, il veut supprimer l’arbitraire étatique par le libéralisme. Il cherche un équilibre entre l’individu et la société. Il prône la libération de ces deux entités sans avoir à primer ou opprimer soit l’un soit l’autre. Il faut donc harmoniser la croissance solidaire des individus et de la société en la protégeant contre l’impérialisme qui nie la société et le totalitarisme qui nie l’homme. C’est donc fort logiquement qu’il critique l’état, appareil social utilisé tant par le totalitarisme que par l’impérialisme, facteur d’oppression. Il prône le respect du pluralisme qui permet l’opposition et donc la liberté et le solidarisme qui permet la cohésion sociale. Le monopole est donc rejeté puisqu’il nie le pluralisme. D’où la critique de la propriété capitaliste qui, en plus de nier le pluralisme, est un " atomisme individualiste " qui néglige la propriété propre aux personnes collectives. De même, le communisme, lui, nie les manifestations autonomes des personnes individuelles et groupales et ne perçoit qu’une communauté globale. II. L'anarchisme proudhonien.Il prône l’autogestion fédéraliste ou anarchie positive. Celle-ci combine un travaillisme pragmatique ou réalisation de l’homme par l’homme, un justicialisme idéo-réaliste ou idéalisation de l’homme par l’homme et un fédéralisme autogestionnaire ou libération de l’homme par l’homme.
Le travail est le géniteur de la société mais il est aussi le levier de la politique réalisateur de la liberté et auteur de son affranchissement. Le justicialisme permet le pluralisme en équilibrant les forces physiques et sociales. Enfin le fédéralisme est la condition du dynamisme et de l’équilibre de la société pluraliste. Il prône une démocratie économique mutuelliste qui se fonde sur la théorie mutuelliste et fédéraliste de la propriété (d’où la conception de la propriété comme un vol). Il soutient de même la démocratie agricole et la démocratie industrielle. Au cœur de l’activité économique doit se trouver une autogestion des producteurs-consommateurs. Dès lors, nous voyons poindre les idées directrices de sa société : autoadministration des groupes de base, fédération de ces groupes, création de républiques fédérales et constitutions de confédérations. III. L'influence de la pensée proudhonienne.Sa pensée étant tellement complexe, elle ne sera reprise que sous bénéfice d’inventaire : certains retiendront le fédéralisme, d’autres le mutuellisme, la morale indépendante, le régionalisme décentralisateur... L’influence de Proudhon sur Marx n’est plus contestée. Marx le reconnaît comme le fondateur du socialisme scientifique, le père des théories de la valeur travail et de la plus-value. Enfin, on considère habituellement Proudhon comme le père de l’anarchisme dont Bakounine donnera la matrice. Au E.U. il est considéré comme le père de la théorie des " checks and balance " et le courant libertarien s’y réfère souvent. Septembre 1999
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