Boas lègue aux anthropologues une méthode et des instruments d’analyse qu’il a longuement éprouvés lors de ses expéditions.
La critique de l’évolutionnisme
« La complexité des événements historiques est telle qu’il faut considérer la vie sociale d’un peuple ou d’une tribu comme la conséquence des conditions uniques dans lesquelles elle s’est manifestée ». Dans sa critique de l’évolutionnisme social et culturel, Boas ne remet pas en cause les principes du progrès ou de l’évolution comme développement historique. Ce qu’il met en cause, c’est le postulat sur lequel se fondent les tenants de l’évolutionnisme culturel pour qui l’histoire de l’humanité se présente comme un processus linéaire ; il met également en cause la méthode comparative qui en dérive.
Boas lui oppose le phénomène de diffusion : il n’y a pas de sociétés intactes, l’évolution est faite d’emprunts à d’autres sociétés. A la reconstitution de l’évolution, il oppose une reconstitution historique.
Culture et totalité
Le postulat selon lequel le même environnement produit les mêmes effets culturels se révèle insoutenable. L’environnement ne fait pas la culture.
Reconstituer l’histoire
« La vie d’une société est faite par les individus qui agissent individuellement et collectivement dans la tradition où ils ont grandi, entourés par les produits de leur propre activité et ceux de leurs ancêtres ».
Boas a tenté de reconstituer la complexité de l’activité culturelle et non la totalité , autrement que comme substance. C’est l’ambiguïté de la volonté boasienne de « reconstituer l’histoire ».