L’Europe est une aire culturelle spécifique ; comment peut-on définir une aire culturelle dans sa dimension urbaine ? L’objet de l’étude est de trouver une définition de ce que l’on peut nommer une aire culturelle urbaine commune à l’ensemble occidental (Europe et Amérique du Nord). Cette aire a largement dépassé les limites de l’Europe d’autant que l’on se trouve, au XXème siècle, dans un contexte de haute diffusion.
L’urbanisation moderne se met en place au XVIème siècle avec la Loi des Indes qui spécifie un plan urbain pour les villes du Nouveau monde. Qu’est-ce qui caractérise l’Europe dans ce contexte. La ville est passée par rois phases distinctes :
L’urbanisation correspond donc à une période historique précise. Sur quels modèles l’urbs s’est-elle élaborée ? Quels sont les domaines qui se trouvent à l’origine de la constitution de la ville : politique, religieux, social, économique ? Quelle est l’aire de diffusion de la ville. Celle ci est apparue en Mésopotamie avec Summer il y a près de 5 000 ans pour finir sur la côte pacifique des Etats-Unis à San Francisco. Il y a bien eu un déplacement d’est en ouest.
Comment la ville a-t-elle été confrontée à d’autres formes d’organisatioin sociale dans d’autres civilisations, notamment la civilisation islamique qui a pris pied pendant plusieurs siècles en Europe, depuis la prise de Constantinople par les Turcs 1453 jusqu'à nos jours. Caractériser la ville occidentale devient donc une tâche complexe.
Il faudra donc rechercher la morphologie de la culture urbaine tant sur le plan macro que micro-anthropologique ; il s’agit d’étudier la façon dont les phénomènes s’inscrivent dans l’espace à différentes échelles (ville, quartier, rue, voire habitation). L’approche macro-anthropologique sera abordée à travers la méthode historique.
L’étude de la ville comprend l’étude du corps social qui la compose. Il y a donc, à la fois une anatomie de la ville et une physiologie de cette dernière. L’étude de la ville ne peut être statique ; ce qui est important dans une ville c’est la circulation des personnes, des biens. Un quartier n’a de valeur que par rapport aux autres. Tout est donc relatif, et ce qui important c’est ce mouvement dynamique, cette mise en relation des espaces entre eux. La ville constitue un système où les parties sont dépendantes du tout. Dans les villes européennes le rapport du centre à la périphérie est capital. La valeur d’un quartier se définit en fonction de sa position par rapport au centre et à la périphérie. L’approche physiologique met l’accent sur les relations mutuelles, le rapport au temps. La circulation des flux suit un mouvement cyclique. L’aire urbaine est avant tout une étendue. L’approche anatomique dispose d’une terminologie spécifique : zone, banlieue, centre, quartier, ghetto, friche, interstice, aire naturelle urbaine, etc.
L’approche physiologique possède aussi ses concepts spécifiques : rapport de trafic, réseaux rythme (diurne/nocturne, saisonnier, hebdomadaire, scolaire) qui se traduit souvent par des festivités (rôle des commerçants). La consommation est un ordonnateur des rythmes sociaux (Noël, Hallowen, soldes, etc.) ; les rythmes peuvent aussi être professionnels (Paris vide au mois d’août), alimentaires (fin de la pause de midi et repas rapides dans les fasfood), cérémoniels (certaines cérémonies marquent les départ en vacances fête de la Musique et 14 juillet, etc.)
L’anthropologie est un domaine pluridisciplinaire ; d’autres disciplines des sciences humaines sont nécessaires pour mieux comprendre l’évolution de la ville : sociologie urbaine, géographie urbaine, histoire, etc. Le croisement entre l’histoire et l’anthropologie urbaine est important. Les sociétés froides intéressent l’anthropologue ; ces sociétés ne sont jamais en ébullition car elles sont toujours concernées par leur origine. Ces sociétés cherchent à préserver leur proximité avec les origines. Elles sont sensibles à la description en terme de structure et cultivent l’identité. Les historiens sont sensibles aux sociétés chaudes, celles qui cultivent le sens du changement, de l’évolution, du progrès et de son corollaire, le déclin. L’historien recherche les moments de rupture.
F. Braudel, avec son concept de la longue durée fait le croisement entre les sociétés froides et les sociétés chaudes. Derrière les grandes rupture se maintiennent des continuités. Ce sont ces continuités qui permettent de comprendre les mentalités ; les faits historiques sont des accidents alors que les structures sont pérennes et demeurent malgré tous les changements. La ville constitue une grille de lecture pour comprendre ces permanences. Qu'est ce qui fait la longue durée de la ville?
La ville occidentale repose sur une tension entre deux principes contradictoires :
Cette tension n’a cessé d’agiter le monde urbain depuis sa naissance ; elle a trouvé son apogée avec la cité grecque. Mais c’est cette contradiction qui a dynamiser la ville, qui a fait d’elle un champ de tensions et qui l’a constamment engager à se réformer, à se diversifier et à s’étendre.
L’anthropologie est une discipline jeune ; elle naît en France dans les années 80 ; deux laboratoires sont au cœur de la recherche en anthropologie urbaine (CNRS)
L’étude menée reposera sur quatre grandes parties :
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