La subculture est une culture propre à une classe d’âge et qui présente un caractère liminal c’est-à-dire qu’il se trouve en marge temporairement. Cette notion de subculture a été théorisée par Albert K. Cohen de l’école de Chicago dans Délinquent boys : the culture of the gang (1955) où il étudie les bandes de jeunes de Chicago.
Frédéric Thrasher publie au début des années soixante The gang, a studie of 1313 gangs où il parle d’un gangland pour donner une territorialité au gang.
La subculture se définit comme une solution culturelle à des problèmes de statut social et d’intégration. La solution culturelle implique un changement du cadre de référence ; c’est un processus de création culturelle, de création de valeurs, de création d’un style culturel particulier qui incorpore les traditions antérieures et qui émerge dans l’interaction d’un ensemble d’individus expérimentant les mêmes difficultés d’intégration sociale. Elle ne vit que si elle peut s’étendre, convertir les autres à ses propres valeurs. La subculture a constamment besoin de se réactive par le prosélytisme, la solidarité interne, une attitude de provocation à l’égard de l’environnement extérieur. La participation a la subculture a un coût social. Il faut assurer les stigmates de la participation à cette subculture ; elle possède constamment de partisans, mais très rarement ceux-ci veulent payer le coût de cette participation (styles vestimentaires, linguistiques, musicaux, corporels, picturaux, etc.) qui permettent la définition de territoires (réels et symboliques).
Les ghettos noirs américains ont influencé cette subculture, notamment avec la migration caribéenne. La subculture est un mode de résistance à la désorganisation sociale qui présente un caractère d’entraînement.
Pour la France les principales études sont celles de J. Monod (Les Barjots) et F. Dubet (La galère où l’auteur s’est complètement trompé dans son analyse).
Pour les Anglais, le phénomène subculturel ne pose pas de problème : Mungham et Pearson : Working clas youth culture ; ils veulent expliquer ce qui se joue entre les Skin et les Pakistanais. Ils montrent l’affinité entre les West Indies (Caraïbes de la Jamaïque) et les Skin ; leurs adversaires sont les étudiants, les Grecs et les Pakistanais. Ce qui déclenche l’hostilité des Skin c’est qu’ils voient dans les minorités entreprenantes des grecs et des Pakistanais le spectre de leur propre passé ; il y a une relation de nostalgie et de sentiment d’exclusion. Les Skin se sentent de plus en plus marginalisés comme les West Indies. Leur réaction provient de la dégradation de leur culture ouvrier locale. Pour s’efforcer de maintenir leur statut, ils se crispent sur des valeurs réactionnaires pour définir une identité nouvelle.
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