Le phénomène urbain est en opposition par rapport à la campagne. Dans l’idéologie allemande, Marx montre que l’opposition ville/campagne constitue une dynamique fondamentale de l’histoire et qu’elle est un reflet de la lutte des classes. Cette opposition ville/campagne reflète l’opposition travail matériel/travail spirituel. Sociologues (Halbwachs, Friedmann) et géographe (P. George) ont repris cette opposition. Or cette dynamique n’a pas été prise en compte par l’Ecole de Chicago, la civilisation américaine ne repose pas sur la campagne, mais sur l’urbanisation première. La campagne y repose sur la conquête de la nature à l’Etat sauvage. Cette opposition ville/campagne est typiquement européenne.
Henri Lefevre s’interroge en 1970 sur cette opposition. Il évoque l’idée d’une urbanisation complète de la société et reprend le thème de la révolution urbaine. Il développe le concept de société urbaine qu’il oppose à société post industrielle ou société post moderne. Il remet en cause, avec Ledrut, Mendras et Duby, cette opposition ville/campagne/ Il constate en fait que l’originalité de la période traversée réside dans l’effacement d la dichotomie ville/campagne.
Comment penser la ville dans cette réalité ? La ville est à la fois système de domination, mais aussi un système de construction possédant un centre et une périphérie. C’est un système contrasté reposant sur un paradoxe parce qu’animé par un système de dynamique en opposition. La ville peut se définir comme un système sous tension (Julien Gracq). Dans sa description du système nantais, il a voulu traduire ce qui restait de la ville dans la mémoire des es habitants. « La ville c’est l’antagonisme qui règne entre un système de pentes nettement centrifuge qui toutes mènent le noyau urbain vers son émiettement périphérique et en regard de la puissance atteinte centrale qui les contrebalance et qui maintient la cohésion de la cité ».
Les forces centripètes.
Le centre urbain traduit l’image d’un espace intégré ou encastré. Polanyi a défini les sociétés traditionnelles comme totalement encastrées. Dans ces sociétés traditionnelles, il est difficile de désencadré l’économique du sociologique et du politique. Le centre urbain est un espace intégré qui se caractérise par la cohabitation de fonctions urbaines et de la multifonctionnalité.
La ville est un centre de gestion à la fois économique et politique, culturel et religieux, administratif et juridique. Ostrovetsky a qualifié le centre de synthèse spatiale. Les centres urbains sont des symboles de nostalgie, dépositaires de toutes les temporalités qu’elles soient du courte ou de longue durée.
Le centre urbain est un lieu de synthèse et de fusion entre ses différentes fonctions. Le centre doit être analysé comme une entité, mais il y a toujours des dynamiques relationnelles, y compris l’évitement qui est une des formes. Le centre est à la fois attractif et répulsif.
Les forces centrifuges.
A la périphérie des centres urbains, il y a dissociation des fonctions urbaines ; ceci se caractérise par une juxtaposition d’organisations différenciées. Les spécificités fonctionnelles reposent sur des dynamiques spontanées.
La ville possède de nombreuses fonctions spécifiques :
On assiste à une rationalisation de l’occupation de l’espace, ce qui se traduit souvent par une concentration dans l’espace. La circulation entre les différents espaces est important et introduit des mouvement pendulaires journaliers qui rythment la vie urbaine : déplacent vers le centre le matin, retour vers la périphérie le soir. Ces rythmes conduisent à la volonté d’aménager le temps urbain.
La dynamique sur le temps long concerne les dynamiques résidentielles. La baisse démographique caractérise les centres urbains. Mais à partir de 1980, il y a un réinvestissement du centre de la ville ce qui conduit à une actualisation des quartiers considérés.
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