La conquête de l'Egypte par la Perse apporta des éléments nouveaux : les rois achéménides deviennent pharaon et organisent leur riche province sous la direction de satrapes. Ils ouvrent l'Egypte à d'autres populations de leur empire : Perses, Grecs, Juifs, Phéniciens…. Devant cette présence étrangère, les Egyptiens se tournent vers les siècles précédents en cultivant leur passé ; chaque fois que l'occasion se présente, ils se soulèvent sous l'autorité d'un prince indigène contre la domination étrangère.
Dans le domaine des arts, le retour aux styles du passé est recherché avec frénésie et l'art saïte est ajouté au corpus des modèles. L'inquiétude de l'élite indigène se répercute sur l'art : l'idée selon laquelle le succès matériel dépend d'une conduite vertueuse gagne du terrain. Le nombre de statues représentant les élites en communion avec les divinités s'accroît. Dans quelques cas, l'union spirituelle avec la divinité se manifeste par une attitude extatique.
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L'un des meilleurs portraits du Vème siècle est au Louvre ; il est remarquable par l'exécution fidèle d'un visage ridé marqué par les soucis. La tête de Berlin est de la même trempe. D'autres exemples de portraits montrent une recherche dans le rendu de la structure osseuse. |
| Fragment de statue de dignitaire (fin XXVIème dynastie) Musée du Louvre |
Sous les XXIXème et XXXème dynasties, les Egyptiens déploient beaucoup d'ardeurs à construire des monuments dans le style traditionnel, mais aucun n'est parvenu intact jusqu'à nos jours. Le sanctuaire de Nectanebo II à Edfou révèle un savoir-faire remarquable : le granit dur a été superbement sculpté et poli. Le style de la XXXème dynastie a été conservé par les Ptolémées, ces derniers désirant se présenter comme les héritiers et les continuateurs de la tradition indigène.
| Les principales caractéristiques du style apparaissent sur le relief en calcaire peint du Serapeum conservé au Louvre. Le modelé arrondi du menton donne un aspect curieux au visage qui est reproduit sur les reliefs ptolémaïques et romains. | ![]() |
| Le roi Nectanébo II enlacé par Isis (Serapeum de Saqqarah) - Musée du Louvre |
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De trop rares statues complètes de rois ont franchi l'épreuve du temps ; les fragments épars montrent que les sculpteurs cherchent leur inspiration dans la dynastie saïte : ils traitent le torse en deux parties et donnent au pharaon des traits idéalisés qu'accentuent sa bienveillance et son détachement semblable à un dieu. Des statues de souverains placés sous la protection d'un dieu incarné dans un animal continuent à être reproduites jusqu'à la fin de l'époque ptolémaïque. Nectanebo II entre les pattes d'un faucon. Les sculptures animalières les plus grandes sont celles de Nectanebo Ier (lion en granit rose du Vatican). Les lions gardiens semblent devoir aller par paire ; ils étaient destinés à encastrer les seuils. |
| Statue du roi Nectanébo II protégé par le faucon d'Horus - Musée du Louvre |
La reprise d'un élément érotique constitue une autre caractéristique de l'art de la Basse époque ; on le rencontre dans certaines architraves néo-memphites dont la source d'inspiration remonte à la XVIIIème dynastie : courte perruque nubienne, double ligne du cou… Le modèle sensuel des membres charnus est nouveau et, en dépit des vêtements qui recouvrent le haut du torse, les porteuses d'offrandes sont pratiquement nues comme les servantes de la XVIIIème dynastie.
| Les caractères de la sculpture royale se retrouvent dans la sculpture privée : savoir faire accompli, formalisme… Les expressions sont bienveillantes et affables, le sourire figé est accentué par les fossettes et les commissures des lèvres : statues de Dattari (Brooklyn), de Tyskrewicz (Louvre). Avec la statue d'Osinour, en schiste vert trouvée dans la cachette de Karnak, l'artiste poursuit les traditions héritées du monde perse, mais le portrait est plus réaliste, plus personnalisé et d'un attrait irrésistible. Cette tête appartient à la tradition des portraits réalistes qui prennent place à côté des réalisations idéalistes des trois siècles suivants. | ![]() |
| Statue du grand prophète Ousinour - Musée du Caire et de Brooklyn |