L'intervention d'Alexandre de Macédoine en 332 a été considérée par les dignitaires égyptiens comme une libération du joug perse. La reconnaissance d'Alexandre par l'oracle d'Amon à Siwa en tant qu'héritier de tous les pharaons engendra une bienveillance qui ne devait pas se dissiper ; l'Egypte fait donc partie du monde hellénique et Alexandrie, sa nouvelle capitale acquiert une réputation internationale. En dépit de toutes leurs paroles, les rois grecs ne sont jamais parvenus au degré de compréhension que le gouvernement pharaonique avait atteint à son apogée.
| La religion égyptienne, à l'exception du culte d'Isis, se referme de plus en plus sur elle-même. Ce culte, soutenu par l'Etat, devient une religion ésotérique réservée à quelque initiés. La participation de l'Etat rend possible l'érection de grands temples à Denderah, Edfou, Kom Ombo, Phiale…. Ces édifices possèdent de nobles proportions, une belle exécution, mais se conforment à un système de construction standardisée. Les reliefs et inscriptions, de piètre qualité, ne sont plus qu'une formule sans vie, sans conviction intérieure. | ![]() |
| Vue du temple de Philae construit par les derniers pharaons |
L'art qui avait exprimé les croyances religieuses, subit la même désaffection. Seul le portrait sculpté parvient encore à dominer les formes d'expression artistique avec une préférence pour les visages réalistes. Ces portraits d'hommes sérieux, résignés dans leur maturité sont si pénétrants qu'ils appellent la comparaison avec les bustes de la République romaine où leur influence semble être perceptible.