Grâce aux travaux hydrauliques, les Egyptiens tiraient parti des crues du Nil et la superficie des terres cultivées augmentait entraînant un surplus de recettes pour les greniers du roi. D'autre part, pendant la période de crue, les paysans étaient oisifs : les terres étant submergées par les eaux ; ils étaient donc disponibles pour d'autres travaux. Les réalisations de la IIème dynastie montrent l'existence d'une élite de technocrates qui possédaient suffisamment de savoir et de technique, pour diriger une main d'œuvre docile et disciplinée.
Imhotemp était grand-prêtre du temple de Rê d'Héliopolis et le " premier après le roi " , ce qui en fait le second personnage de l'Etat ; sa culture était immense, tant en médecine, qu'en astronomie ou en architecture. Les Egyptiens ne s'y trompèrent pas et il fut " divinisé " sous le Moyen Empire. A Saqqarah, Imhotep créa pour le roi Djoser un ensemble funéraire considéré comme une merveille ; les architectures funéraires des époques suivantes s'en inspirèrent.
Le site choisi par Djoser et Imhotep se trouve en bordure du désert, à l'ouest de Memphis, la capitale de l'Empire pharaonique. L'aire rectangulaire était délimitée par un mur d'enceinte dont le périmètre est de 1,5 kilomètre ; sa façade extérieure qui reproduisait le modelé habituel des palais et mastabas s'élevait à une hauteur de 10 mètres. Quatorze grandes portes interrompaient le rythme de cette enceinte, mais une seule constituait la véritable entrée, les autres étaient toutes factices.
A l'intérieur de cette enceinte sacrée, Imhotep érigea de nombreux bâtiments ; le tumulus recouvrant les chambres funéraires du roi et des membres de sa famille conservaient l'aspect du mastaba classique, bien que son plan soit carré ; il s'élevait initialement à 7,9 mètres de haut et se trouvait donc dissimulé derrière le mur d'enceinte. Ce noyau central devint finalement une pyramide de pierres blanches à six degrés inégaux, haute de 62 mètres, sur une base de 125 x 109 mètres. Les blocs qui la constituaient, étaient emboîtés et posés sur un lit de pierres inclinées vers l'intérieur donnant une grande stabilité à l'ensemble. Des réserves à provisions et de mobiliers étaient dissimulées dans des chambres sous la pyramide et dans des magasins situés au-dessus du sol du côté ouest.
Avec cet ensemble, le roi Djoser disposait d'un lieu unique pour être enterré à la fois comme roi de Haute-Egypte et roi de Basse-Egypte. Le tombeau sud était un mastaba dont la chapelle associée comportait des murs extérieurs avec une frise de cobras. Le portail d'entrée menait à une allée bordée de quarante colonnes fasciculées engagée dans les murs afin de former des niches dont certaines abritaient peut-être des statues de rois, comme celle du roi marchant sur les neuf arcs. Cette allée menait à une vaste cour qui s'étendait entre la pyramide et la tombe sud.
La cour du jubilé ou Hed-Seb est flanquée à l'est et à l'ouest d'une rangée de chapelles. Ces constructions devaient contenir les divinités des différents nomes venus assister aux cérémonies. Chaque chapelle comprenait une alcôve abritant la statue de la divinité.
Les maisons du sud et du nord se dressaient dans les cours voisines ; elles figuraient vraisemblablement les palais de Djoser, roi de Basse et de Haute Egypte.

![]() Galerie d'entrée avec colonnes fasciculées |
![]() ![]() Statue aux neufs arcs et inscription concernant Djoser et Imhotep |
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Frise aux cobras sur le mur de la chapelle de la tombe sud |
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![]() Chapelles de la cour de la Hed-Seb |
![]() Vestiges de la maison du Sud |
En concevant ce complexe funéraire de Djoser, Imhotep visait deux objectifs :
Imhotep a fondé une tradition et une technique de construction en pierre qui a inspiré les générations suivantes. Ses successeurs puiseront dans le grand réservoir de science que constitue la construction d'une pyramide.
Peu de sculptures de ce complexe funéraire nous sont parvenues ; quelques statues grandeur nature, dans la cour du Jubilé, présentaient Djoser vêtu du manteau court du Hed-Seb. Un socle comprend les pieds de quatre personnages disposés de manière échelonnée ; il s'agit de la première statue de groupe de l'histoire égyptienne. La plus célèbre statue de Djoser reste celle trouvée dans le serdab, une chambre en pierre jouxtant le temple funéraire. Le roi est assis, le corps enveloppé dans le manteau du Jubilé, main droite sur la poitrine et main gauche posée à plat sur la cuisse. La tête est massive et semble alourdie par la perruque et la barbe. Cette sculpture est en calcaire peint.
La plupart des statues en pied de l'Egypte ancienne ont-été conçues sur le modèle de la représentation d'hommes et de femmes en trois dimensions. Les hommes se tiennent debout, le pied gauche en avant, dans l'attitude de la marche apparente tandis que les femmes ont les deux pieds joints. L'artiste emploi l'espace négatif pour réaliser la séparation du membre qui avance avec le reste du corps. Le volume de la jambe est représenté et l'espace restant entre le membre et le corps n'est pas évidé ; c'est la pierre brute qui donne ainsi une meilleure solidité à l'ensemble. Le dos de la statue est rarement représenté, car ces réalisations sont le plus souvent adossées à un mur ou un pilier.
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Statue de Djoser (Musée du Caire) |
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Détail de la tête de la statue de Djoser (Musée du Caire) |
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![]() groupe statuaire représentant Rahotep et Nofret (Musée du Caire) |
Les statues de Rahotep et de Nofret grandeur nature représentent l'apogée de ce style ancien ; elles sont sculptées dans le calcaire et peintes aux couleurs conventionnelles. Les yeux sont incrustés de cristal de roche et donnent au visage un aspect naturel. |