Le bas-relief et la peinture au Moyen-Empire

Le style local de Thèbes est suffisamment enraciné pour déterminer les caractéristiques des bas-reliefs de la région comme le montre le petit temple périptère d'Amon construit à Karnak par Sésostris Ier. Le relief en creux est utilisé aux endroits exposés à la lumière et le bas relief est privilégié pour les architraves ou les éléments abrités. Ce kiosque possède des proportions parfaites et une sculpture habile de textes et de scènes. Les reliefs traitent surtout de la réception du roi par les dieux du temple : ceux-ci le conduisent au sanctuaire où il leur présente ses offrandes ; les dieux l'accueillent comme leur fils.


Horus présente à Sésostris Ier le signe de vie
Chapelle blanche de Sésostris Ier à Karnak.
Dans les chapelles rupestres de Meir on retrouve des sujets qui apparaissaient déjà dans les mastabas de l'Ancien Empire. Ils sont travaillés selon la méthode de la sculpture en relief bâtard. Ces tombes rupestres ne se composent en général que d'un portique menant à une grande chambre unique creusée avec soin dans le flanc de la colline de la nécropole. Les reliefs témoignent d'une nouvelle interprétation des scènes traditionnelles de l'Ancien Empire : dans la tombe de Senbi, on trouve une chasse dans le désert où les animaux ne sont plus représentés en file sur une ligne droite, mais répartis selon un sol accidenté ; ils semblent animés de mouvements vifs grâce aux lignes sinueuses dessinant le contour des buttes.


La chasse de Senbi (Détail du dessin)
Les reliefs sont rares dans les tombes du Moyen Empire et sont remplacées par des peintures (Meir, el Bersheh). Les artistes possédaient un grand talent pour représenter la vie animale : on peut admirer des oiseaux au plumage coloré, des poissons aux écailles irisées, un hippopotame se vautrant dans la boue. Les peintures tombales les plus célèbres ont été découvertes à Béni Hasen où les chapelles funéraires sont creusées dans la terrasse de la falaise. Certaines chambres très vastes comportent des toitures arquées soutenues par des colonnes lotiformes taillées à même le roc.

Canards entrelacés, détail du sarcophage de Djehuti-Nakht - Muséum of fine Arts de Boston Ce motif rappelle les canards de Meidoum (IVème dynastie)

Si les proportions des personnages sont parfois irrégulières, les sujets restent originaux à la fois par leur traitement et la place qu'ils occupent. La chasse dans le désert se trouve perchée sur le registre le plus élevé et se compose d'une procession d'animaux en marche avec, parmi eux, quelques créatures fantastiques. Certaines peintures représentent des scènes de la vie quotidienne, reprenant des scènes qui décoraient déjà les mastabas de l'Ancien empire. Les scènes de lutte, de bataille, de sièges deviennent plus fréquentes ; les danses sont plus élaborées et ressemblent à des ballets. Parfois, le maître du tombeau est précédé de sa femme, traitée à la même échelle que lui. Il prend une part plus active aux cérémonies et aux activités représentées.


Scène de boucherie - Tombe de Khnoumhotep

Voyage à Abydos - Tombe d'Amenemhat
Les tombes de Khnoumhotep et d'Amenemhat se distinguent par leur portique, les vestibules taillés avec précision et bien proportionnés, la qualité des peintures. Toutes ces œuvres restent provinciales et ne peuvent donc donner d'indications exactes sur l'art de la cour et les traditions memphites.

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