Sous le règne de Snéfrou, premier roi de la IVème dynastie, les monuments funéraires royaux adoptent leur forme définitive. Le tumulus surmontant les chambres funéraires passe de la pyramide à degrés à la pyramide classique érigée sur une base carrée. Il s'agit de reproduite, à grande échelle, la pierre ben d'Héliopolis et de représenter le tertre initial sur lequel Atoum, le démiurge du culte solaire, surgit du chaos lors de la Création du monde. La pyramide rhomboïdale de Snéfrou à Dahshour constitue une forme intermédiaire entre la pyramide à degré et la pyramide simple.

Avec les pyramides de Snéfrou apparaissent les monuments satellites des complexes funéraires :

Aucun de ces ensembles n'est parvenu dans un état satisfaisant pour déduire des conclusions fiables. Néanmoins, l'architecture des complexes funéraires de la IVème dynastie à Dahshour et à Gizeh montre la maîtrise avec laquelle les Egyptiens maniaient de grands volumes aux formes simples. Les temples funéraires des pyramides de Meidoum et de Dahshour sont des constructions modestes : de petites chapelles en pierre située à l'extrémité d'une cour contenant un autel et deux grandes stèles en calcaire.

Le temple bas de la pyramide rhomboïdale est construit selon un plan très strict ; il deviendra l'archétype des temples funéraires de l'Ancien Empire. Il se compose d'un vestibule, encadré par deux pièces de chaque côté, qui mène à une cour à ciel ouvert fermée à l'extrémité opposée par une double colonnade faisant face à six chapelles abritant les statues du roi, taillées souvent au ¾ en ronde-bosse
Le temple le plus austère et le plus spectaculaire est le temple bas de Khephren. La beauté de ce bâtiment est obtenue par l'élégance des proportions et par la richesse des matériaux. La lumière pénétrait obliquement à l'intérieur à traverser des lucarnes découpées au sommet des murs et éclairait par faisceaux le dallage d'albâtre.
La stèle qui constituait le seul exemple de relief sculpté dans les premières tombes privées de l'époque archaïque est placée à l'est du mastaba et incorporé à la plus méridionale des deux fausses portes. Peu à peu, la fausse porte formait une niche et le relief principal du maître du tombeau assis devant sa table d'offrandes était sculpté dans le tympan surmontant le linteau.
La fausse porte est le point central de la chapelle, mais elle subit deux types d'évolution :

![]() Stèle d'Hesyrê (Saqqarah) |
Au cours des IIIème et IVème dynasties, les effigies du maître de la tombe recevant des offrandes étaient sculptés sur les murs latéraux des chapelles cruciformes ; ces scènes illustraient la vie quotidienne du défunt sur terre, vie qu'il espérait poursuivre pour l'éternité dans l'au-delà. La scène représentée sur le tympan au dessus de la fausse porte se rencontre pour la première fois dans le mastaba d'Hesyrê à Saqqarah. La forme la plus achevée se trouve dans les chapelles de Mererouka et d'Iteti (VIème dynastie) où l'effigie du défunt est vue de face et sculptée en ronde bosse. La stèle de la fausse porte était complétée par des peintures exécutées sur les murs de briques crues recouverts de plâtre. Dans les mastaba du Meïdoum, les reliefs de la niche d'offrande s'accompagnaient d'images peintes sur les murs ; le tombeau d'Hesyrê comporte une peinture représentant le travail des champs. La décoration des mastabas de Gizeh semble avoir été plus modeste et limitée à la niche d'offrande. Le mastaba de la reine Mersêankh contient des reliefs représentant des artisans au travail, des scènes agricoles, des porteurs d'offrandes. |
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![]() Tête d'un prince |
![]() Tête d'une princesse |
statue du vizir Hemiounou (Hildesheim : Pelizaeus muséum) |
Têtes de réserve |
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> Le chef d'œuvre de cette école est la statue grandeur nature en diorite de Khephren assis sur son trône aux lions. Derrière sa tête, le faucon Horus dont il est l'incarnation le protège. On trouve la même recherche de réalisme dans le buste de Ankh-Haf où le revêtement de plâtre appliqué au visage a permis d'atteindre une intemporalité qui le place parmi les chefs d'œuvre de l'art.
![]() Statue de Khephren en diorite(musée du Caire) |
![]() Ankh-Haf(Boston : museum of Fine Arts) |
![]() Statue de Mykérinos et de la Grande épouse royale (musée de Boston) |
La génération suivante réalise des statues plus réduites. Celle de Mykérinos et de sa grande épouse est à une échelle de deux tiers. Le roi divin partage sa solitude majestueuse avec sa femme représentée à la même échelle ; elle adopte la même attitude masculine, pied gauche en avant. La main droite de la reine enlace le torse de son mari. Cette statue de couple correspond parfaitement à l'idée d'union de l'homme et de la femme chère à la société égyptienne. |
| On éprouve la même sensation devant la triade dans laquelle Hathor est accompagnée de la divinité d'un nome. La déesse assise enlace Mykérinos de la même manière que la reine dans la statue de couple. Ce groupe servira de modèle à différentes statues de couple de la statuaire royale ou privée. Cette triade constitue le premier exemple complet d'un roi associé à deux divinités.Ces deux statues proviennent du temple bas de la pyramide de Mykérinos à Gizeh ; elles sont en schiste, un matériau plus facile à travaille, moins dense que la diorite (statue de Khephren).Hormis la statuaire royale, peu de statues privées nous sont parvenues. Les artisans travaillaient presque exclusivement pour les monuments royaux. Quelques réalisations nouvelles apparaissent comme le scribe accroupi qui écrit les paroles divines sur un rouleau de papyrus déployé sur ses genoux. | ![]() Triade Mykérinos, Hathor et une déesse de nome (musée du Caire) |
