L'avènement de la Vème dynastie marque un tournant dans la civilisation de l'Ancien Empire : avec le changement de dynastie, le pouvoir divin n'est certes pas remis en cause, mais l'Etat que contrôle Pharaon n'est plus aussi centralisé et les charges les plus importantes ne sont plus remplies par les membres de la famille royale.
Le culte du dieu solaire Rê d'Héliopolis devient d'une importance primordiale et marque à la fois le contenu artistique et le style architectural de cette période. La légende de la naissance de Pharaon, né de l'union du dieu-soleil et de la reine, est fermement établie. La dynastie voit l'émergence du culte rival, d'Osiris, mais parvient à une certaine osmose : à sa mort, pharaon devenait un nouvel Osiris, le roi-soleil devenait le roi des morts tandis que son successeur, le nouvel Horus, devenait souverain des vivants.


Le véritable temple funéraire est le temple haut. Il se transforme peu à peu. A Abou Gourab, il comprend quatre parties dont deux sont séparées par une galerie transversale : un vestibule conduisant à une cour à portiques à ciel ouvert comprenant un autel au centre ; au-delà de la galerie transversale, un vestibule contenant des niches destinées aux statues royales. Ce vestibule mène au sanctuaire avec sa fausse porte et sa stèle pour les offrandes. Les murs étaient décorés de reliefs ayant une fonction essentiellement protectrice : le roi harponnant l'hippopotame, le roi chassant accompagné de ses dignitaires, le roi massacrant les populations ennemies. Dans la galerie transversale, les scènes représentées montrent le roi accomplissant les rites en relation avec son couronnement et son jubilé. Dans le sanctuaire, le pharaon est accueilli par les dieux de l'Egypte en présence des ministres du royaume. Les reliefs des ensembles d'Ouserkaf et de Sahourê sont parmi les plus beaux.
Les monuments funéraires du temps des pyramides sont remarquables par la beauté des matériaux employés : les cours à ciel ouvert étaient dallée de basalte noir poli ou d'albâtre ; les colonnes palmiformes, papyriformes ou lotiformes en granit rouge. L'aspect des constructions, dans leur état originel, devait être impressionnant par l'harmonie des couleurs et des proportions.
![]() |
![]() |
Le cœur de ces chapelles demeurait la fausse porte, comme dans les temples funéraires royaux. Le maître du tombeau était soit assis devant une table, soit représenté en ronde bosse comme s'il avançait pour recevoir les offrandes. L'économie égyptienne reposait sur l'agriculture et les puissants personnages enterrés dans ces tombeaux consacraient une grande partie de leur vie à l'administration de leurs terres. Les chapelles funéraires sont décorées de scènes agricoles et de produits apportés en offrande au défunt. Ces reliefs représentent toutes les étapes nécessaires à la préparation de la nourriture (pain et bière). Tout ce qui peut permettre une vie agréable dans l'au-delà y est figuré. Le maître du tombe n'apparaît dans un rôle actif que lorsqu'il s'adonne aux plaisirs royaux : chasse à l'hippopotame, au gibier à plumes…
![]() Fausse porte de la tombe de Nefer et Kahay (Saqqarah) |
Des scènes de divertissements ornent les parois de la chapelle ; elles ont pour but de distraire le défunt. Toutes les scènes sont liées par un fil conducteur : la vie de l'homme sur terre, sous tous ses aspects, depuis l'allaitement maternel jusqu'au dernier adieu à la porte du tombeau. Parmi les plus belles tombes, il faut citer celles de Ti où les proportions sont pleines de grâce et les sujets particulièrement variés, de Nefer-het-Ptah ou d'Idout. La tombe de Nefer et Kahay est célèbre pour l'excellent état de sa chambre d'offrande, unique et oblongue ; les reliefs ont conservé leurs couleurs. Les mécènes étaient nombreux à demander une sépulture à l'ouest, mais la pénurie de main d'œuvre avait pour résultat des réalisations bâclées (fin de la Vème dynastie) : des artisans moins compétents ont alors pris en charge les tombeaux des clients les moins fortunés. |
![]() Défilé de porteuses d'offrandes (Tombe de Ti) |
![]() Orfèvres ou forgerons (Tombe de Mererouka) |
Les innovations de l'époque apparaissent dans les centres régionaux où résident le nomarques ; c'est là que les artistes memphites vont apporter certaines modifications pendant la première période intermédiaire.