L'aire arctique

Cette région couvre d'est en ouest plus de 4 800 km à vol d'oiseau et 3 200 km séparent les Esquimaux polaires des avant-postes du Golfe du Saint-Laurent ; cette superficie gigantesque est rompue par les côtes intérieures de la baie d'Hudson. Une population éparse, dont le nombre n'a jamais dépassé 100 000 personnes, l'occupe.
Les Esquimaux modernes se nomment Inuits, « Les Hommes » et habitent le Nunavit. Le terme esquimau est un mot algonquin qui signifie « mangeur de viande crue ».

La nourriture et la chasse.

Les Esquimaux mangent tous les animaux excepté l'épaulard ; leur préférence va au caribou et au phoque. Le caribou fournit par ses bois et ses os l'essentiel des outils; les tendons servent pour la couture et les peaux pour le vêtement
Les caribous sont soit pris au piège, soit acculés contre des palissades et tués à l'aide de flèches. En été, les hommes chassent les phoques à partir de leur kayak au moyen de harpons lancés par propulseur. En hiver, les chiens aident les chasseurs à trouver les trous par lesquels les phoques remontent à la surface pour respirer; l'homme doit veiller longtemps avant que le phoque ne remonte, car il utilise plusieurs orifices.
La chasse à la baleine (bélouga) consiste à faire échouer le cétacé. Cette chasse fait l'objet de pratiques religieuses et nécessite l'intervention d'un groupe important. Quand la baleine est ramenée au rivage, la femme du principal chasseur offre à la victime un verre d'eau douce rituel avant que le dépeçage ne commence.

La pêche aux petits poissons était pratiquée soit au harpon, soit à l'hameçon.

L’habitat

Igloo L'habitat traditionnel est l'igloo pour les longues périodes d'hiver. L'igloo, la maison de neige est de structure circulaire ; trois pièces sont regroupées pour former un habitat comprenant une salle de vie commune, une chambre et un entrepôt. Pour y accéder, les Esquimaux utilisent une galerie tunnel.
Les blocs de neige tassés sont disposés en spirale de façon à ce que chaque pièce fourme un dôme terminé par un seul bloc sommital ; ce principe de construction est unique en Amérique du Nord.
La condensation produite par la chaleur des corps et des lampes à huile forme, en gelant, une coque interne de glace et la température s'élève suffisamment pour permettre aux occupants d'enlever une partie de leurs habits

L’habitat d’été est une tente en peau de caribou; elle permet de se déplacer au rythme des troupeaux

En Alaska, au Groenland, les maisons des villages sont en structure plus solide selon ce qu’offre l’environnement : pierres, rondins, etc.

Les vêtements

Ils enserrent l'ensemble du corps. Ils sont, de préférence, faits en peau de caribou dont les poils sont conservés. Par temps froid, les Esquimaux se revêtent de deux costumes : celui du dessous, le poil tourné vers l'intérieur, et l'autre, le poil à l'extérieur afin de permettre le maintien d'une couche d'air entre les deux surfaces tannées des habits. La peau de phoque est mâchée pour être mise en forme ; elle sert à fabriquer les semelles des bottes.
Les coupes et décorations vestimentaires varient suivant les groupes.

Les moyens de déplacement

Le komatik est le traîneau à patins, confectionné autour d'un léger cadre en bois dont le fond est constitué de lattes à claire-voie. Cinq chiens peuvent tirer des chargements de 180 kg. Le kayak est un bateau en peau à une place, entièrement ponté et mince comme un canot de course. C'est une embarcation de chasse rapide et maniable. L'homme, " enfermé " dans le kayak, ne forme plus qu'un avec son embarcation comme le cavalier avec son cheval. Pour lui maintenir son étanchéité, il est nécessaire de lui appliquer en permanence de l'huile sur la coque.

L’organisation socio-politique.

La famille constitue l’unité essentielle de la vie sociale et économique. La collaboration entre les familles était nécessaire en temps de crise et pour les grandes chasses (bélouga et caribou). Le mariage permettait l’alliance entre les familles ; il n’y avait pas de cérémonie spécifique : le jeune homme allait vivre chez les parents de sa femme et le mariage prenait effet après la naissance du premier enfant. Un homme pouvait avoir autant de femmes qu’il pouvait en nourrir ; il pouvait aussi partager une femme avec un autre homme.

Il en résulte que tous les enfants appartiennent à la mère et l’on n’accordait que peu d’importance aux questions de paternité. La jalousie pouvait apparaître lorsqu’il n’y avait pas consentement dans le prêt de femmes ; cela se terminait généralement par un meurtre qui appelait à son tour une vendetta, à moins que la victime soit dans la position de n’avoir aucun parent pour le venger. Le vengeur préférentiel était un fils du défunt.

Dans cet environnement implacable, le pourcentage des accidents était particulièrement élevé chez les hommes ; un trop grand déséquilibre entre les genres devait être évité ; pour y remédier, on se débarrassait quelques fois des filles à la naissance.

L’organisation politique était ad minima. Les personnes trop influentes semblent avoir été éliminées par leur famille de manière à éviter toute obligation de revanche(vendetta).

La guerre était assez rare, sauf contre les tribus voisines ; les raids visaient alors à l’extermination des hommes.

Liens

Les populations de la zone arctique de la province de Québec (site gouvernemental)
Les nouvelles du Nord : Site Inuit (en anglais)