| La Californie en tant que région culturelle s'étend entre les chaînes de montagne de la vallée centrale jusqu'au littoral Pacifique ; elle comprenait probablement 150 000 Indiens au début du XIXème siècle, soit la plus forte concentration d'Amérique du Nord. On y parlait des centaines de langues et des dialectes qui appartenaient à six souches différentes.Les Indiens de Californie sont surtout des cueilleurs ; ils pratiquaient aussi la pêche et la chasse, mais ces activités restaient secondaires. L'organisation politique dépassait rarement le cadre du village. Les Indiens de Californie étaient de grands commerçants : ils ont créé un système financier basé sur une monnaie, le coquillage. | ![]() |
![]() |
Les Californiens sont des cueilleurs de glands. Lorsque les glands sont mûrs, les garçons les faisaient tomber des arbres et les femmes les ramassaient pour les transporter jusqu'au village où les fruits étaient décortiqués, fendus et mis de côté. Les glands étaient broyés au mortier de pierre ; ils fournissaient une farine qui contenait de l'acide tannique ; cet acide était éliminée en aspergeant la farine d'eau, puis en la filtrant à travers un tamis. La matière filtrée était consommée sous forme de porridge ou de bouillie. Les graines des autres végétaux étaient desséchées et concassées, puis mélangées à l'eau et consommées froides. Toute l'année, les Indiens pouvaient cueillir des fruits, récolter des racines et des légumes qui poussaient à l'état sauvage. |
Les cheveux étaient, en règle générale, dénoués ; les femmes les surmontaient, dans le sud, d’un bonnet en vannerie. Dans le centre de la Californie, les femmes remplaçaient la vannerie par des plumes de pic noires et jaunes ; elles portaient aussi des pagnes en plumes de vautour.
Hommes et femmes se tatouaient le visage, les poignets et la poitrine.
Dans le nord, les maisons étaient aux toits incliné et aux sols excavés ; elles sont rectangulaires, en planches de cèdres et les pignons percés de minuscules portes circulaires. Moyens de déplacement.
Les Chumashs du détroit de Santa Barbara étaient les seuls de toute l’Amérique du Nord à construire des embarcations à l’aide de planches attachées ensembles et calfatées avec de l’asphalte ; elles étaient adaptées à la navigation en mer. Ces embarcations transportaient une vingtaine de personnes, étaient propulsées par des pagaies à double pale. Les planches, obtenues en insérant des coins d’andouiller dans les billes de bois, étaient aplanies avec des lames de coquillage et des pierres abrasives.
Ce qui différencie les tribus de cette région par rapport aux autres, c’est le culte de la richesse. Le système monétaire des Hupas repose sur une monnaie de dentales, de coquillages tubulaires. Cette monnaie permettait des transactions depuis les produits de consommation courante jusqu’au dédommagement en cas de meurtre. Tous les crimes donnaient lieu à réparation monétaire.
Le but recherché par les hommes était l’accumulation de richesses afin de pouvoir les transmettre à ses héritiers. Les Hupas investissaient en bien de prestige qui étaient montrés notamment lors de certaines distances (danse de la peau de cerf, danse des Sauts). L’existence de ce monde de riches et de pauvres leur a permis de mieux s’adapter au « rève américain » et de ne pas être exterminé comme maintes autres tribus.
Dans le sud, les Indiens se sont rassemblés, dès le XVIIIème siècle, autour des missions espagnoles où, sans violence, ils ont perdu leur identité en se christianisant ; ils sont devenus vachers ou vignerons. Mais lorsque le gouvernement mexicain laïcisa les missions, en 1834, les Indiens furent complètement perdus. Leur nombre passa de 31 000 au début du siècle à 2 000 à la fin du XIXème siècle. L’« esprit libre » acheva ce que le christianisme avait commencé, la destruction de ceux qui ne pensaient pas selon la « norme ».
Comme pour toutes les sociétés, le rituel le plus marquant a lieu lors de l'initiation des jeunes et des funérailles Les garçons sont drogués au datura et pendant quelques jours, ils ont l'impression d'être possédés par les esprits gardiens qui viennent leur transmettre certains pouvoirs. Des exercices physiques violents, des brimades et un apprentissage à la douleur complétent leur initiation. Les jeunes filles se voyaient interdire certaines choses et subissaient, elles aussi, des brimades. Les défunts étaient incinérés avec leurs affaires personnelles. Un an après le décès, le défunt était représenté grandeur nature au moyen de roseaux, de peaux de daim et de poils humains. Après sept jours de deuil, ces images étaient brûlées ensemble. Pour un chef, les hommes en dansant autour du feu, conduisaient subrepticement des aigles captifs vers la mort, dont le corps était ensuite incinéré avec la représentation du chef. |
![]() |
![]() |