| La côte nord-ouest est une très longue bande de terre, très escarpée et très étroite, au climat tempéré, mais perpétuellement humide. Elle est densément boisée et la côte déchiquetée par un dédale de criques, ne dispose pas de véritable plaine côtière. Il est plus facile de se déplacer par voie maritime que par la côte terrestre. La forêt est composée de conifères (sapins, épicéas), de cèdres (jaunes ou rouges). Le gibier est abondant : chèvres à fine laine, cerfs, écureuils, martres, castors et visons. Sur tous ces animaux règnent l'ours brun, le grizzly, le puma et les loups. Les eaux sont particulièrement poissonneuses : baleines, otaries, loutres de mer, hareng, éperlan, etc. C'est une zone d'abondance, sans que l'agriculture y ait apporté son concours ; la vie est sédentaire et l'organisation sociale repose sur un système de classes. Trois familles linguistiques dominent : athabascan, penutier et mosan. |
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Le vêtement
Le vêtement était inexistant. Au cours du XIXème siècle, la nudité fut interdite et quelques leggings, tuniques et robes furent portés ; les vêtements européens rivalisèrent très rapidement avec les vêtements traditionnels.
Les tenues de cérémonies étaient d’une importance primordiale : dans les grandes occasions, les Indiens portaient des bandeaux en écorce de cèdre rouge garni de duvet blanc, tandis que les chefs et les chamanes possédaient des coiffures ornées de motifs sculptés, peints et incrustés de coquillages.
Le critère de beauté était un crâne artificiellement allongé et un front aplati. La déformation était obtenue en comprimant la boite crânienne entre deux planches rembourrées placées sur le berceau et enserrant la tête.
L'habitat
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Les maisons sont construites en bois de cèdre et assemblée sans clous ni fiches métalliques. Elles sont alignées les unes à côté des autres, sur une rangée rectiligne face à la mer.Toutes les constructions sont rectangulaires ; des poteaux massifs soutiennent la charpente. Les murs sont faits de planches et de rondins. Leur dimension oscille entre 6m sur 9 et 15m sur 18. | |
| Ces planches sont obtenues en insérant des coins de bois dur dans les billes de bois. Les murs sont tapissés de nattes, dans le but d'éviter les courants d'air ; des plates-formes sont aménagées à l'intérieur : elles servent de lit et de réserve pour y entreposer les biens. Parfois, des divisions intérieures subdivisaient l'ensemble en plusieurs éléments permettant à un groupe familial élargi de cohabiter. Le mat totémique, qui est un emblème héraldique, s'est développé à partir des sculptures ornant les poutres servant d'ossature aux maisons. Il avait pour but d'afficher la position sociale du propriétaire et de sa famille. Le totem érigé sans support n'était pas connu avant le XIXème siècle ; la floraison de ces mâts totémique est attribuable à la propagation d'outils tranchants en métal, provenant des échanges dus au commerce des fourrures |
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Des canoës mesurant de 5 à 18 m de long étaient creusés dans un tronc unique ; ceux destinés à la navigation en rivière ou à la chasse aux phoques étaient plus petits et facilement manoeuvrables. Les canots de guerre permettaient le transport de 50 guerriers, le long de la côte et sur plusieurs centaines de kilomètres. Lorsque les Indiens se rendaient en visite officielle ou rapportaient à leur campement leur pêche de l’été, ils attachaient ensemble leurs canots et les reliaient par des planches pour en faire un pont et y déposer le produit de leur pêche.
L’outillage pour le travail du bois était composé d’herminettes en pierre et en coquillage, de burins en dent de castor, de peau de requin pour polir et d’eau chaude pour courber le bois.
La nourriture
La nourriture principale est le poisson. Les saumons sont pris en très grande quantité à l’aide de harpons, de filets et de pièges. Certains désignent la côte nord-ouest sous la dénomination « d’aire du saumon ». Les harengs étaient aussi extrêmement nombreux et se pêchaient avec un râteau.
Ces poissons sont très gras, donc riches en huile. Une fois séchés, une ficelle était passée sur leur corps ; cette ficelle brûlait avec suffisamment d’éclat pour fournir un éclairage artificiel d’appoint. Cette huile était échangée avec d’autres groupes vivant à l’intérieur des terres contre des produits agricoles.
La chasse à la baleine était pratiquée par de petits équipages d’une demi-douzaine d’hommes. Les baleiniers étaient des gens dotés d’un certain prestige, mais ils devaient, ainsi que leur femme, respecter des tabous très stricts.
Le gibier de terre ferme était attrapé par les méthodes habituelles : pièges, assommoirs, trappes. L’alimentation végétale se limitait à quelques plantes vertes, à des racines et à quelques baies. Tous les aliments étaient trempés dans l’huile de poisson.
L'organisation socio-politique
La société est divisée en chefs, nobles, roturiers et esclaves. Grâce à une alliance judicieuse avec une femme bien née, les chefs ont hérité de leur position sociale. Le système est patrilinéaire dans le sud et avunculaire dans le nord où l’héritage est recueilli par le fils de la sœur. Ces différentes classes sont déterminées par la fortune :
L’organisation sociale dépasse rarement le cadre du village. Les querelles entre villages sont accrues par la rivalité entre les chefs. Les guerres étaient nombreuses ; les déplacements s’effectuaient par mer et l’attaque avait lieu au point du jour. Les têtes des ennemis servaient de trophée et un système de réparation très strict permettait de rétablir la paix.
Le potlatch.
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Le potlatch peut aussi être une manière de régler un différend. Il s'agit d'une distribution traditionnelle de cadeaux à des invités étrangers au groupe du donateur ; cette distribution et accompagnée d'un festin, de discours et de danses. Les invités s'en vont avec l'obligation de répondre par une prodigalité encore plus extravagante Sur le plan économique, l'hôte s'était parfois appauvri, avait ruiné les personnes à sa charge en échange d'un rang supérieur dans l'échelle sociale ce qui se traduisait par l'adoption d'un nouveau nom. . |
| A travers le potlatch, un groupe adverse pouvait être amené à s'appauvrir en l'obligeant à entreprendre des dépenses somptueuses, à une période particulière ,faute de quoi il perdait son rang Le potlatch permettait aux richesses de circuler. Les Kwakiutls allaient jusqu'au bout de la logique en détruisant certains biens matériels. L'invité était tenu de relever le défi sachant qu'il se trouverait démuni ou qu'il devrait perdre la face. Les héritiers avaient l'obligation de prendre la succession du défunt dans ce domaine.. |
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Les rituels.
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Les chamanes guérissaient les maladies corporelles et les troubles dus au vagabondage de l'âme. Géants, monstres marins et ogres abondaient dans le système des croyances. Les sociétés religieuses personnalisaient les puissances surnaturelles et faisaient revivre les histoires mythiques. Les esprits étaient représentés par les masques. |
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