L'aire Nord-Est

Cette région est limitée par la côte atlantique à l'est, le cours du Saint Laurent jusqu'à la région des Grands Lacs comprise, et descend jusqu'aux fleuves Ohio et Cumberland pour atteindre les plaines côtières de l'actuelle Caroline et Virginie du Nord.
Cette aire se subdivise en trois grandes zones :
  • Plaine côtière
  • Grands Lacs
  • Basses terres du Saint Laurent
Deux grands groupes linguistiques se partagent les populations, les Iroquois et les Algonquiens.

Les Iroquois.

Cinq tribus (Mahawks, Oneidas, Onondogas, Cayugas et Senecas) s’unissent vers 1570 pour former la Ligue des Iroquois. Il s’agit d’un système de dédommagement en cas de meurtre par les Indiens de ces tribus, ce qui a pour effet de mettre fin aux vendettas. Le Conseil regroupe cinquante chefs et seul le Conseil peut approuver ou interdire les guerres.
La filiation est matrilinéaire ; après son mariage, l’homme va vivre chez son épouse. Les hommes s’occupent de la chasse et de la pêche, les femmes de l’agriculture (maïs, haricots et courges).
L'habitat comprenait une maison longue de 15 à 30 m ; les murs étaient en écorce d'orme disposés sur une charpente en pieux ; un couloir central délimitait divers compartiments dans lesquels vivaient les familles. La maison était particulièrement bruyante et la vie communautaire n'était possible que s'il y avait un certain degré de refoulement.
Les Iroquois échangeaient avec les Algonquiens du maïs contre des écorces de bouleau plus résistances pour les constructions et des wampums en coquillages. Les ceintures des wampums symbolisaient pactes et traités ; les cordons de ces wampums valaient lettre de créance aux ambassadeurs
Hutte longue des Iroquois
Les vêtements étaient en peau de daim ; les objets tissés (fibres végétales ou laine) se limitaient aux sacs et aux ceintures. Les vêtements se caractérisaient par des franges courtes le long des coutures et des bords. Les vêtements étaient brodés avec du poil d’orignal ou des piquants de porc-épic

Capteur de roue Le système religieux reposait sur les trois soeurs (maïs, haricot et courge) et les esprits parmi lesquels se trouvait un créateur suprême, maître de la vie et dont la bienfaisance était menacée par la malfaisance de son frère. La croyance dans une force spirituelle présente dans toute chose, que les individus pouvaient manipuler ou accumuler, constituait une des particularité de la vie spirituelle iroquoise. Elle débouchait sur une relation personnelle avec le monde des Esprits.
A côté du « Gardien de la Foi » qui organisait les grandes cérémonies, il y avait de nombreux chamanes dont le pouvoir acquis au cours de leurs rêves leur permettait de soigner les maladies grâce à une combinaison de méthodes magiques et pratiques médicales particulièrement utiles ; les forêts étaient infestées d'esprits dont le but était de rendre malade tous ceux qui les avaient vus
A l'origine la guerre consistait à effectuer des raids à la recherche de prisonniers soit pour les adopter, soit pour les torturer lors de rites sacrificiels. L'arme préférée des Iroquois est le tomahawk, courte massue de bois ayant à son extrémité une lourde boule ; ce tomahawk a été rapidement remplacé par une hachette de fabrication européenne. Les commerçants demandaient à être payés en peau de castor. Attaque d'un village algonquien par les Iroquois

Le commerce des peaux a débuté sur la côte et s'est très rapidement étendu le long des rives du Saint-Laurent. Les Iroquois troquaient les marchandises européennes contre les peaux de castor ; ils ont éliminé les populations intermédiaires (Huron, Tiontonais, etc.) ou les ont réduites en esclavage. La guerre franco-anglaise était essentiellement économique ; elle cherchait à s'assurer le contrôle des tribus indiennes afin d'obtenir le monopole du commerce des fourrures.

Les Algonquiens

Maison algonquine couverte de chaume Les vêtements sont simples (peau de cerf ou de chevreuil), le régime alimentaire basé sur le gibier, le poisson, le maïs et les haricots. Les maisons sont carrées et recouvertes d'écorce ou en forme de dôme et recouvertes de chaume. Les villages sont ceints de palissades en bois pour pouvoir se défendre des incursion iroquoises.
Peu de tribus ont survécu au delà du XVIIIème siècle ; elles sont entrées en lutte contre les « Pères fondateurs » qui ont cherché à extirper, par tous les moyens, l'idolâtrie. La variole a résolu une grande partie du problème ainsi que les conflits sporadiques entretenus par des primes versées en échange de scalps. Pour échapper à cette situation, de nombreuses tribus ont été contraintes de fuir vers l'intérieur des terres, vers la région des Grands Lacs.

Dans cette région où le maïs refuse de pousser car il fait trop froid, le riz prend sa place ; il pousse en abondance dans les lacs et les ruisseaux et fait vivre, contrairement à l’Ancien monde, une population nombreuse sans travail éreintant. Les plantes font entre 60 cm et 6 m. En faisant avancer les canoës avec des perches, les Indiens n’ont qu’à tirer les gerbes sur les bords des embarcations pour que le riz tombe dedans. Une fois à terre, le riz est versé dans de petites rigoles à même le sol où il est battu au fléau. Par petite brise, les femmes vannent ensuite les grains en les versant d’un plateau en écorce. Le riz est consommé dans des soupes et bouillons, servi comme légume d’accompagnement de poisson et de viande.
Les Algonquiens utilisaient pour la fabrication de leurs objets la pierre à pipe (catlinite). Cette pierre est exploitée dans des mines à ciel ouvert ; elle est de couleur grise ou rouge ; facilement malléable lorsqu'elle vient d'être extraite, elle durcit ensuite rapidement après avoir été façonnée. Cette terre servait à confectionner les pipes à tabac. Ces pipes qui étaient ensuite décorées avec des piquants de porc-épic, avaient un rôle social : la paix entre les différents protagonistes n'était signée que lorsque tout le monde avait fumé et que la pipe avait circulé entre tous les participants. Calumet de paix fait avec de la pierre à pipe et recouvert de plumes.
Sac médecine d'un chamane Les Algonquiens croient au Grand Esprit (Manitou), chef nominal d'une foule turbulente d'esprits de rang inférieur, bons et mauvais. Toute chose animée possède son équivalent spirituel qui a le pouvoir d'aider les humains.
Les hommes-médecine ont pour rôle d'affronter les esprits malveillants ; ils apprennent à guérir des maladies, à retrouver les objets perdus et à prédire l'avenir. Ils établissent le diagnostic de la maladie, mais laissent souvent à d'autres le soin de retirer le corps étranger source de la maladie. Ils ont créé la Société de la Grande Médecine ou Midewiwin ; ses membres se réunissaient une fois l'an ; ils y accomplissaient des rites de guérison, d'initiation et de prestidigitation.

Les Algonquiens ont eu, dès le XVIIème siècle, des contacts avec les Européens, notamment les coureurs des bois qui se sont mariés ou se sont accouplés à des Indiennes. Ainsi leur sang s’est dilué en un important métissage dont l’aboutissement fut, au siècle suivant, la création de villages métis dans la région des Grands Lacs.