L'aire sub-arctique

Cette région qui couvre la totalité du continent, d'ouest en est, est en contact avec l'océan Pacifique, la baie d'Hudson et l'océan Atlantique ; elle peut être divisée en différentes zones : le Yukon, le Mackenzie, le Centre - le sud de la baie d'Hudson - et le Labrador. Enfin, deux familles de langue se divisent les populations : l'athabascan à l'ouest de la Churchill River et l'algonquin à l'est.
A l'exception de l'Alaska, le territoire est en grande partie plat, piqueté de lacs et de zones marécageuses, gelés pendant les hivers longs et rigoureux. La végétation est celle de la forêt boréale (épicéas, bouleaux, saules) qui cède la place au nord, à la toundra des Barren Grounds.
Aire Sub-arctique
Caribou Les caribous, qui migrent par milliers à travers ces Barren Grounds, sont au centre de la culture sub-arctique. Orignaux, bisons des bois, bœufs musqués et lapins à « raquettes » constituent le complément de cette faune.

Les tribus sont éparpillées sur ce vaste territoire ; il s'agit essentiellement de groupes familiaux unifiés par un dialecte, mais sans organisation politique. Il est très difficile, et par là même aléatoire, d'établir une liste complète des tribus car ceux qui les ont étudiées leur ont souvent donné des noms différents ; les tribus, elles-mêmes, ont, au cours du temps, changé de nom en fonction des alliances souscrites

Alimentation

Elle est basée sur la viande, le poisson et sur des activités de prédation de la nature (cueillette).

L'habitat.

C'est le wigwam, tente conique couverte d'écorce (zone forestière) ou de peau (toundra), dont le centre est occupé par un foyer. La fumée s'échappe par une ouverture laissée au sommet du wigwam. Ce système produit un appel d'air tel que par temps glacial, les occupants préfèrent dormir en plein air dans des sacs de couchage en peau plutôt que de rester à l'intérieur.

wigwam

Le vêtement

jambières ojibwa Le vêtement couvre d'autant plus le corps que l'on monte vers le nord : les jambières, les chemises sans manches s'allongent. Les vêtement sont ornés et décorés de motifs géométriques.
Le mocassin, fait d'une seule pièce à partir de la peau fumée d'un orignal, est cousu au dessus des orteils.

Les déplacements

Les déplacements saisonniers s'effectuent entre les Barren Grounds où les groupes se rendent l'été pour chasser et les grandes forêts situées dans la partie méridionale de la région sub-arctique, plus favorable à l'hivernage.

Les femmes et les chiens portent les chargements ; ils sont généralement placés sur un toboggan, traîneau à fond plat, recourbé à l'avant. Les raquettes, à bout rond ou à forme étroite, constituent l'élément essentiel de l'équipement pour se déplacer ; entre le cadre de bois est tendu un réseau serré de babiche - cordage en peau crue.

Raquette Ojibwa

Organisation sociale.

La condition de la femme était pénible et fatiguante ; aussi les mères tuaient parfois leurs filles à la naissance pour éviter qu’elles ne subissent leur sort.

Les jeunes gens se mariaient très tôt ; le marié vivait chez les parents de son épouse et chassait pour eux la première année de son mariage. Il pouvait perdre sa femme n’importe quand, si un autre homme réussissait à le défier dans une lutte au corps à corps. La femme n’avait d’autre solution que de suivre le vainqueur.

Un homme possédait autant de femmes qu’il parvenait à nourrir par ses chasses et à conserver par ses prouesses ; plusieurs hommes pouvaient aussi se partager les services d’une seule femme.

Les relations avec le surnaturel

Il n’y a pas de religion officielle ; chaque homme s’adresse directement aux esprits du monde naturel animal en prenant garde de ne pas les offenser, de peur d’un échec à la chasse ou à la pêche. Il suit les conseils qui lui sont donnés dans ses rêves. Les chamanes s’occupent de faire des prédictions et de retrouver objets et âmes perdus.

Le territoire sub-arctique était le foyer de Wingigo, ogre cannibale qui prenait possession des individus forcés par la famine à sauver leur propre vie en mangeant la chair des défunts. Les Indiens étaient parfois conduits à pratiquer du cannibalisme alimentaire, notamment lorsqu’ils ne trouvaient pas de troupeaux pour se nourrir. Ils en éprouvaient, d’après les relations des voyageurs, une profonde répulsion.

La fourrure.

Troc de fourrure pour le compte d'une compagnie L'installation de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1670 a eu une influence considérable sur les Indiens ; la compagnie achetait les fourrures, mais ne s'occupait pas de la traque des animaux qu'elle laissait aux Indiens. En échange des peaux, elle leur procurait toutes les commodités occidentales : couteaux, chaudrons, armes à feu, couvertures tissées, tissus colorés, etc.
Les Indiens avaient réorganisé leurs activités afin de les concentrer sur les castors, les martres et les ondratas ; ils effectuaient de longs voyages pour amener les produits de leur chasse aux forts et usines situés sur la baie d'Hudson. Au cours du XIXème siècle, les missionnaires ont suivi les commerçants et se sont installés dans les comptoirs à l'intérieur des terres.