L'aire du Sud-Est

Cette région est située entre les larges plaines côtières qui bordent l'Atlantique à l'Est et le golfe du Mexique à l'Ouest.C'est aussi la zone des premiers contacts avec les Européens : Ponce de Leon, de Sotto et la tentative d'installation française en Floride (Jean Ribault et René Laudonnière).
La région est essentiellement habitée par des populations de langue Muskogean ; au nord, les Cherokees parlaient une langue proche de celle des Iroquois.
aire culturelle du Sud-Est

Les Mount Builders ou bâtisseurs de Tumulus.

 Restes d'un Mount en Floride Au sud de l'Ontario et du Michigan, les hommes enterraient leurs morts dans des « kames », sorte de tertres de l'époque glacière ; ces kames n'étant pas suffisants pour permettre l'inhumation de tous les morts, des tumulus artificiels sont alors érigés. Dans l'Ohio, dès 2 000 av. J.-C., les Adenas construisent des palissades qui entourent ces tumulus ; ce sont les « cercles sacrés » comme à Poverty Point (Louisiane). Les Adenas semblent avoir été fortement influencés par des pochetas (commerçants) mésoaméricains.
Vers 200 apr. J.-C., l'influence adena et remplacée par celle des Hopewell ; les tumulus sont nombreux et leur dimension très grande ; ils pouvaient renfermer les corps de plusieurs défunts. Ces constructions laissent présager une organisation sociale en plusieurs classes. Le plus connu de ces tumulus est celui du grand Serpent ou Mount City dans l'Ohio.

Les Hopewell ont mis sur pied un vaste réseau commercial qui procurait à leurs artisans et artistes les matières premières dont ils avaient besoin : obsidienne des Rocheuses, conques des Caraïbes, cuivre des Grands Lacs, mica des Appalaches, etc. L’influence de la culture hopewell s’est étendue de l’actuel New-York au Golfe du Mexique et de l’Atlantique jusqu’au pied des Rocheuses. Le déclin commence vers 500 de notre ère.
La culture méso-américaine fait sentir une seconde fois son influence deux cents ans plus tard : les tumulus ne sont plus construits pour renfermer des tombes, mais pour servir de fondation à des lieux de culte. Le mode de vie se transforme et la production agricole de base devient le maïs. L’accroissement de la production alimentaire rend possible les concentrations humaines et l’existence de véritables villes aux maisons de pieux recouverts de chaumes. Ces villes sont regroupées autour des tumulus. La plus grande ville est Cahokin, près de Saint-Louis (Missouri).
Lorsque les Européens arrivent dans la région, les cités tumulus ont complètement disparu. Croissance et déclin constituent la caractéristique principale des civilisations précolombiennes.

Le Sud-Est historique

L’économie des populations du Sud-Est est basée sur la pêche et la chasse ; l’agriculture occupe une position importante, mais jamais déterminante. Les habitations sont occupées par plusieurs familles.

Les Natchez

Les Natchez vivaient dans l’actuel Etat du Mississippi au début du XVIIème siècle, lors de leur contact avec les Français. Natchez et Taensa ne dépassaient pas 5 à 6 000 personnes.
Les hommes portaient un cache-sexe, les femmes une jupe portefeuille leur arrivant jusqu’aux genoux. Par temps froid, hommes et femmes étaient vêtus de peaux de bison ou de castor cousues. Si les vêtements étaient simples, les parures étaient recherchées.
Maison du sud-est
Les maisons sont vastes (140 m² au sol), possédaient des parois en pieux, jonc et boue doublées intérieurement de nattes tissées. Les lits constituaient l'unique mobilier. Les nattes étaient décorée de motifs géométriques au moment de leur confection.
Hommes et femmes travaillaient ensemble dans les champs de maïs ; le seul outil agricole dont ils disposaient est la bêche composée d'un manche au bout duquel était fixée une omoplate de bison. Les femmes broyaient les grains de maïs dans un mortier à pilon. Chasse et pêche étaient réservées aux hommes. La viande était bouillie ou rôtie sur des broches en bois vert ou fumée dans des cadres en rotin placés sur des pieux (barbecue). Tout le long de la côte atlantique, le mode de subsistance est constitué par un équilibre entre pêche, chasse, cueillette et agriculture.
Les jeunes filles jouissaient d'une liberté totale avant le mariage, mais tout enfant né accidentellement était soit étranglé, soit élevé par ses grands-parents.
La guerre faisait partie intégrante de la vie ; elle se limitait à des raids. Villages ou campements ennemis étaient attaqués à l'aube. Les victimes sont assommées puis scalpées. Les Natchez s'efforçaient de ramener quelques prisonniers qui étaient torturés par l'ensemble de la population. Le prisonnier pouvait échapper à la mort en épousant une veuve de guerrier.
Le Grand Soleil est le « monarque » qui dirige l’ensemble des Natchez. La classe la plus élevée est la Prairie - elle comprenait trois grades -, puis venaient les roturiers et enfin les esclaves. Tous les membres de la noblesse (Prairie) devaient épouser des roturiers. La succession est matrilinéaire : les enfants nés de mère noble et de père roturier étaient nobles ; les enfants de père noble et de mère roturière occupaient immédiatement un rang inférieur à celui de leur père. D’autre part, plus le rang de l’homme est élevé, plus il a de femmes roturières. Le Grand Soleil était traité avec toute la déférence due à un souverain divin.
Les Natchez n’eurent aucun contact, l’expédition de Sotto exceptée, avec les Européens avant 1682. Les relations d’abord cordiales avec les Français devinrent violentes. L’attaque des Français en 1731, provoqua la mort ou la réduction en esclavage de nombreux Natchez ; les rescapés trouvèrent refuge chez les Cherokees et les Chickasaw.

Les Creeks (Muskogees) et leurs voisins.

Les tribus muskogees (Creek, Choctow, Chickasaw et Cherokee) sont installées au centre de la région. Les populations sont réparties dans des villes rouge qui se préoccupent de tout ce qui touche à la guerre, et de villes blanches qui étaient chargées de s'occuper des sanctuaires et du maintien des alliances. Ces agglomérations étaient centrées autour d'une grande place bordée d'un talus de terre et qui formait ainsi une arène où se déroulaient jeux, concours, danses et torture des prisonniers.
Chaque ville possède son mico, généralement nommé à vie, dont les fonctions ressemblent plus à celles d'un maire que d'un monarque. Il est conseillé par une assemblée d'aînés. L'esprit communautaire est très développé : chacun cultive non seulement son champ, mais participe aussi à la mise en culture de celui de la communauté. Les produits de ce champ communautaire servait à constituer une réserve destinée à l'entretien des visiteurs, guerriers et indigents.
La société est divisée en clans ; les mariage est exogamique par rapport au clan. Le totem désigne l'ancêtre ou le titulaire mythique du clan. Les règles de succession sont matrilinéaires. On observe en règle générale que la succession est matrilinéaire dans les sociétés agricoles et patrilinéaires chez les chasseurs.
La principale cérémonie rituelle est celle du Maïs vert ou Burk. Tout ce qui était vieux (vêtements, ustensiles) était brûlé et remplacé par du neuf. La cérémonie incluait le pardon officiel de tous les crimes excepté les meurtres. Jeux de balle et danses faisaient partie de la cérémonie
Chef Seminoles du début du XIXème siècle

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Le déplacement des Indiens.

tableau représentant la migration des Cherokees dans les années trente. La guerre est faite sous forme de raid pour se procurer des prisonniers et des esclaves ; Chocktaw et Cherokees étaient les ennemis héréditaires des Creeks.
Les relations entre Indiens et colons blancs se sont détériorées après l'indépendance de la colonie américaine. La grande migration des Cherokees vers l'Ouest, pendant l'hiver 1838-1839 est connue sous le nom de « Piste des larmes » : un quart des personnes déplacées y trouvèrent la mort.
Les Creeks de Floride ou Séminoles ont résisté jusqu'en 1840 ; la majorité fut déplacée vers les réserves indiennes de l'Ouest ; une poignée se cacha dans les marais, les Everglades où ils vivent encore.