Les Assyriens ont soumis tout le Proche Orient, notamment les régions de Syrie et de Palestine. Ils sont intervenus en Egypte pour châtier Taharqa qui avait soutenu Jérusalem dans sa lutte contre les Babyloniens. Memphis fut prise (671) et Assourbanipal conquiert l'Egypte jusqu'à Thèbes qui est mise à sac (661).
A l'Est, les Mèdes de Cyaxare et de Phraorte conduisent des raids dangereux jusqu'au cœur du pays assyrien. Par méconnaissance du danger représenté par les peuples des steppes et par l'attrait de plus riches butins, il semble que les ambitions assyriennes se soient orientés à tord vers l'Ouest et le Sud, négligeant la protection de leurs frontières du septentrionale et orientale.
Mèdes et Perses sont des Indo-Européens qui se sont installes en Asie au début du IIème millénaire. Peuple de cavaliers en partie nomade, ils sont vassaux des Assyriens. Leur puissance se révèle au VIIIème siècle quand les tribus assemblées constituent deux grands royaumes, celui des Mèdes au nord et des Perses au sud. La religion du sage Zoroastre donne à leur esprit guerrier une force morale et une cohésion jusqu'alors inconnues.
Pendant un siècle, l'empire des Mèdes occupe le devant de la scène, puis Cyrus II le Gand (555-529) fonde l'empire perse à la suite d'une série de brillantes conquêtes (royaume de Babylone). Les causes du succès sont indistinctes : élan religieux, jeunesse ardente d'un peuple en plein essor, valeur personnelle d'un souverain qui sait allier force, modération et générosité envers les vaincus.
En Egypte, la dynastie saïte est philhellène ; elle soutient tout ce qui s'oppose aux Perses dont le roi Crésus de Lydie. La Lydie tombe sous le joug des souverains achéménides (546). Cette politique égyptienne amène Cyrus à vouloir châtier l'Egypte, mais il meurt avant d'avoir pu réaliser son projet. Son fils Cambyse (529-521) est vainqueur à Péluse et fonde la XXVIIème dynastie égyptienne.

Le successeur de Cambyse, Darius Ier est un usurpateur. Dans sa lutte contre les cités grecques, il est arrêté à Marathon (490). En 486, les Egyptiens du Delta se révoltent contre l'oppression Perse. La répression est écrasée par Xerxès le successeur de Darius. Pendant toute cette période des guerres médiques, la sixième satrapie (l'Egypte) fournit des contingents aux forces perses. Quant aux Grecs, ils soutiennent toutes les tentatives de révolte, notamment la résistance animée par les princes saïtes. Ceux-ci sont à l'origine de la XXVIIIème dynastie.

" De Memphis, Cambyse partit pour Saïs, pour y mettre à exécution l'un, de ses projets comme il le fit ailleurs. Sitôt arrivé dans le palais d'Amasis, il ordonna de retirer du tombeau le corps du roi ; quand on lui eut obéi ; il prescrivit de fustiger le cadavre, de lui arracher les cheveux, de le percer à coup d'aiguillon, de lui faire subir tous le soutrages possibles ".
" Lorsque les prêtres lui amenèrent Apis, Cambyse, dans un geste de défi digne d'un demi-fou, tira son poignard et voulut le frapper au ventre ; il l'atteignit à la cuisse. […] Les festivités s'arrêtèrent aussitôt dans toute l'Egypte, les prêtres subirent leur peine, et l'Apis blessé à la cuisse dépérit lentement gisant dans son temple. Il mourut de sa blessure et les prêtres l'ensevelirent en cachette de Cambyse ".
En Egypte, les animaux pouvaient être soit sacrés en tant qu'espèce, et alors ils l'étaient sur tout le territoire, soit sacré uniquement dans le lieu où la divinité était vénérée comme le bélier d'Amon à Thèbes. Si le bélier pouvait être tué et mangé en Egypte, il ne l'était pas à Thèbes où il était sacré.
Certains animaux étaient vénérés dans l'ensemble du pays sous la forme d'un individu ; c'est le cas du taureau Apis qui représente le ba de Ptah, divinité de Memphis. Apis était rituellement enterré et son successeur intronisé. Les Apis étaient la " décalque " des souverains d'Egypte.
D'après Hérodote Cambyse est étonné de voir, de la part des Egyptiens, des manifestations de dévotion à l'égard du taureau Apis ; il aurait donc fait tuer le taureau par pure méchanceté. Or, dans la littérature grecque, le meurtre du taureau est un thème récurent. Hérodote n'aurait donc fait que projeter sur les Perses un fantasme et une crainte.
| Mariette a entrepris des fouilles dans le Serapeum de Memphis, lieu où étaient ensevelis les Apis décédés ; il s'agit d'immenses catacombes avec des sarcophages monumentaux. La première sépulture date d'Amenhotep III ; le Serapeum est encombré de milliers de sarcophages et de stèles laissées par les dévots. C'était un moyen qu'ils avaient pour éterniser leur présence en faisant inscrire leur nom sur la stèle
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D'autre part, une stèle du Serapeum indique comment un Apis fut solennellement enterré en l'an VI de Cambyse et comment le roi a offert le sarcophage. Cet Apis se situe dans la chronologie directe de ses prédécesseurs. L'histoire du meurtre de l'Apis relatée par Hérodote est une fiction, un acte de propagande qui ne repose sur aucune source concordante.
Darius Ier porte une titulature traditionnelle des souverains égyptiens avec les cinq noms. Il fait construire des temples dans l'oasis de Kharga. Différentes stèles indiquent que Darius Ier rend un culte aux dieux égyptiens. Il est également mentionné que les carrières sont intensivement exploités, signe de prospérité de l'Egypte et d'une grande activité de construction.
| Les fouilles archéologiques mentionnent aussi la construction d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge. Ce canal part du sud de Bubastris pour rejoindre le lac Amer puis la mer Rouge. L'existence de ce canal est connu à travers des sources classiques comme Hérodote (livre II). Ce canal a été inachevé sous le Nouvel Empire ; l'idée d'une liaison Méditerranée - mer Rouge a été reprise par Nectao. Carte montrant le tracé du canal reliant le Nil à la mer Rouge. |
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Ces stèles étaient érigées sur la rive droite du canal, lorsque l'on se dirigeait vers la mer Rouge. Elles étaient destinées à être vues des bateaux qui empruntaient le canal ; elles étaient situées sur des proéminences du terrain et leur taille était importante : celle de Tell el Maskhourah mesurait 3,15 m de haut et 2,10 m de large ; son épaisseur était de 0,77 m. De ces quatre stèles, trois ont été retrouvées :
| Tell el Maskhoural | Hiéroglyphe et cunéiforme | Deux stèles différentes |
| Kabret | Hiéroglyphe et cunéiforme | Faces opposées |
| Suez | Hiéroglyphe et cunéiforme | Probablement faces opposées |
![]() Stèle de Tell el Maskhourah (face hiéroglyphique) |
![]() Stèle de Kabret ou Chalouf (face cunéiforme)Cette face est écrite en vieux perse, babylonien et élamite. |
L'écriture cunéiforme est l'écriture du Proche-Orient antique ; le cunéiforme s'écrit sur des tablettes d'argile avec un calame au quel on donne la forme de coins. Les Perses écrivaient le cunéiforme depuis l'aube de l'écriture. L'inscription est trilingue : babylonien, élamite (d'Elam, c'est la langue la plus parlée dans l'Empire perse) et le vieux Perse.
Dans sa titulature, Darius indique qu'il a conquis l'Egypte, alors que ceci n'est pas mentionné dans le récit hiéroglyphique de l'autre face. Certes, l'Egypte conserve son unité intérieure, mais elle fait dorénavant partie d'un ensemble plus vaste sur le plan politique ; cette autorité impériale de la Perse se manifeste par le texte et par l'image d'où la recherche d'un " bricolage " culturel comme le montre la statue de Darius Ier retrouvée à Suse.
| La statue a été découverte dans la partie est du Tell de l'Apadana de Suse où elle était adossée à un mur situé à proximité de la porte de Xerxès ; la statue regardait vers l'intérieur de la cour. Il s'agit de la première statue royale perse en pied. Elle se caractérise par un mélange d'éléments égyptiens et achéménides. Son auteur est probablement un artiste égyptien car cette statue en ronde bosse répond à certains critères des statues royales : pied gauche en avant, le souverain est dans l'attitude de la marche apparente. Mais en fait, il s'agit d'une statue perse en raison du costume et du poignard de type élamite porté à la ceinture. La statue est posée sur un socle égyptien qui comprend le motif du Sema Taouy, les neufs arcs représentant la domination universelle sur les peuples ; une inscription hiéroglyphique indique la titulature de Darius : " Roi de Haute et Basse Egypte…., maître des deux Terres ". L'image voulue est celle d'un souverain perse en majesté, dans une attitude calme et hiératique ; c'est le Grand Roi dans la plénitude de son pouvoir. Statue de Darius Ier retrouvée à Suse. |
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