L'Egypte à Rome
L'Egyptomanie repose à Rome sur la diffusion des cultes égyptiens. Ces cultes se sont d'abord imposés dans la sphère privée à partir de la fin du IIème siècle. A Rome, dès 43 av. J.-C. un culte public est rendu à la déesse Isis. Le premier sanctuaire isiaque de Rome date du Ier siècle apr. J.-C.
Les empereurs ont transplanté à Rome des monuments pharaoniques : obélisques, statues de lion, sphinx. L'Egypte exerce une grande influence sur l'élite intellectuelle romaine et certains dignitaires romains se sont fait construire de petites pyramides pour leur sépulture.
Trois empereurs romains sont particulièrement égyptophiles :
- Hadrien effectue deux voyages en Egypte (117 et 129/130). Son favori égyptien Antinous se noie dans le Nil lors du second voyage. Pour perpétuer son souvenir, Hadrien fait construire la ville d'Antinopolis. A son retour à Rome, Hadrien fait construire à Tivoli la villa Hadriana où il fait installer des œuvres authentiques provenant d'Egypte ; à côté des originaux, il fait réaliser des œuvres contemporaines égyptianisantes : crocodiles, éléphants.
- Vespasien s'est rendu à Alexandrie
- quant à Titus, il a visité le Sérapéum et présidé aux funérailles de l'Apis.
Une mosaïque de la fin du IIème siècle a été retrouvée à Praeneste dans le Temple de la Fortune. Cette mosaïque ornait le sol d'une grotte dédiée aux nymphes ; l'eau coulait sur cette mosaïque représentant le Nil depuis sont entrée en Egypte jusqu'à son embouchure.
Mosaïque du temple de la Fortune à Praeneste.
| Lorsque l'on regarde en détail la mosaïque, les animaux sont parfaitement identifiés : hippopotame, cobra, canards… Il en est de même pour la première cataracte où des animaux particuliers sont dessinés (dragon), a côté des archers nubiens. |
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Détail de la mosaïque de la Fortune |
Les empereurs ont déplacé des monuments et les ont fait transporter à Rome. Ils se sont essentiellement servis à Alexandrie. Rome comptait, au temps de l'Empire quarante huit obélisques ; actuellement il y en a encore treize qui sont debout. L'obélisque est la marque caractéristique de l'Egypte. On trouve des obélisque à :
Istambul : obélisque de Thoutmosis IV amené par Théodose |
New-York : obélisque (Alexandrie) de Central Park |
Paris : l'obélisque (Karnak) de la place de la Concorde |
Londres :Cleopatra's needle (Alexandrie) |
Obélisque relevé par Clément XI, devant le temple érigé par Agrippa; cet obélisque se trouvait devant le temple d'Isis. |
Après la chute de l'Empire romain, les obélisques ont été jetés à terre de sorte qu'au début du XVème siècle, il n'y avait plus qu'un seul obélisque debout. Les Papes de la Renaissance ont décidé de ré-ériger les obélisques. Le premier à l'avoir fait est Sixte Quint (1585-1590). Il était un admirateur des lettres grecques : il a fait rééditer la Bible des Septante . Les quatre obélisques qui ont été érigés sous son pontificat devaient constituer le symbole du christianisme triomphant : l'obélisque qui était surmonté d'une croix.
Place Navone, le Bernin à intégré dans la fontaine aux lions un obélisque. Cet obélisque devait en outre comprendre à sa base un éléphant, mais celui-ci n' pas été réalisé. Par contre, l'obélisque à l'éléphant a été réalisé par le Bernin Piazza Minerva.
Obélisque de Rome, piazza Minerva |
Fontaine des quatre fleuves avec son obélisque Rome Piazza Navone. |
L'inscription qui se trouve sur la base de l'obélisque de la piazza Minerva explique que l'obélisque est le symbole de la connaissance et l'éléphant celui de l'Afrique. Le monument peut-être interprété comme le savoir du monde occidental, représenté par l'obélisque, domine l'ignorance et les pays sauvages (éléphant).