L'avènement de la dynastie saïte, originaire du Delta s'est faite avec l'aide des Grecs. Hérodote raconte comment Psammétique Ier (~663-~609) accéda au pouvoir. Les hommes de bronze mentionnés par Hérodote sont des Grecs ; en effet, à cette époque, VIIème siècle av. J.-C., les villes grecques d'Asie mineure sont en pleine phase de colonisation . Les Grecs ont installé des comptoirs à Rhodes, Chypre et en Phénicie. Ils installent leurs premiers établissements en Egypte.
Les Grecs s'installent à Memphis et Psammétique Ier crée une classe d'interprètes. Les plus anciennes traces de porterie grecque remontent au règne de Psammétique Ier et les Grecs sont regroupés à Naucratis, ville située à l'intérieur du Delta
Amasis (570-526 av. J.-C.), l'avant dernier souverain saïte, participe à la souscription lancée pour la reconstruction du sanctuaire d'Apollon à Delphes. Il regroupe tous les commerçants grecs à Naucratis " Amasis se montra grand ami de la Grèce et, entre autres avantages accordés à des Grecs, donna Naucratis à ceux qui venaient en Egypte, comme ville où s'établir ; à ceux qui faisaient escale en Egypte sans vouloir s'y fixer, il accorda des emplacements ou élever des autels et des sanctuaires à leurs dieux " . Le but d'Amasis n'est pas philanthropique ; il peut ainsi mieux contrôler les commerçants grecs et percevoir les impôts " Voici encore une loi que l'Egypte doit à Amasis : chaque année tout Egyptien doit déclarer au monarque ses moyens d'existence ; qui n'obéit pas et ne peut justifier de ressources légitimes est puni de mort. Solon l'Athénien a pris cette mesure à l'Egypte et l'a imposée à ses concitoyens " .
Les Grecs ne sont pas imperméables à la culture égyptienne, mais il n'y a pas de fusion entre les deux communautés, pas de mariage mixte gréco-égyptien. Les Grecs viennent en Egypte pour y chercher du blé, du lin, du papyrus, de l'ivoire. La XXVIème dynastie, la dynastie saïte, a été philhellène ; c'est une des raisons de l'intervention perse sous Cambyse.
Nectanebo (380-362 av. J.-C.), souverain de la XXXème dynastie, décide qu'un certain pourcentage du revenu des Grecs doit être affecté au trésor de Saïs et être donné au temple de la déesse Neith. Des Grecs vont être employés comme mercenaires ; une garnison composée de troupes grecques est établie à Daphnée, dans l'Est du Delta. Le prophète Jérémie, pendant son exil, séjourna à Daphnée ; il confirme la présence d'une importante colonie grecque. Ces mercenaires grecs ont participé aux campagnes de Nechao II contre Nabuchodonosor, notamment à la bataille de Karkhemish (605). La défaite égyptienne est à l'origine du raid babylonien sur l'Egypte et la seconde mise à sac de Thèbes.
Psammétique II (595-589) a mené une expédition en Nubie avec des mercenaires grecs ; ceux-ci ont gravé leurs noms sur les colosses d'Abou Simbel ; ces inscriptions seront redécouvertes par les savant de l'expédition de Bonaparte
Les sources relatives à une présence grecque pendant l'occupation perse demeurent, dans l'ensemble, assez rares.
La domination macédonienne : La conquête de l'Egypte par Alexandre.
La XXXème dynastie mène une politique active dans la région. Nectanébo II (360-342 av. J.-C.) a laissé le souvenir d'un souverain puissant. Le Roman d'Alexandre qui dérive d'une histoire grecque écrite au cours du IIème siècle indique que Nectanébo II aurait, sous la forme d'Amon, donné naissance Alexandre. La continuité si chère au peuple égyptien serait ainsi maintenue entre la XXXème dynastie et Alexandre.
Lorsque Artaxerxès III Ochos s'empare du pouvoir en Egypte en 343, la domination perse est très mal perçue par les Egyptiens ; de nombreuses révoltes sont dirigées par le clergé. Comme lors de la précédente domination, le gouvernement local est confié à un satrape.
Darius III Codoman monte sur le trône perse en 335 ; il est défait par Alexandre de Macédoine au Granique (334), puis à Issos (333). Darius est en fuite. Alexandre, au lieu de poursuivre sa marche vers l'Est afin de s'emparer de la capitale perse, longe la côte méditerranéenne, met le siège devant Tyr, puis Gaza. Il semblerait que la confédération des cités grecques lui ait imposé ce détour pour dominer sans partage la Méditerranée orientale. Il n'est pas improbable que la fascination de l'Egypte ait joué un rôle dans ce dessein. Après avoir reçu confirmation de sa domination sur le monde en tranchant le nœud gordien, ne fallait-il pas se faire adouber par les oracles égyptiens ?
Alexandre prend donc la voie de tous les conquérants et aborde l'Egypte à Péluse ; le satrape perse renonce à toute opposition. Les sources grecques indiquent toutes qu'Alexandre a été accueilli comme un libérateur. Il effectue uns séjour de six mois en Egypte au cour de l'année 331.
Il est probable qu'Alexandre se soit fait couronner pharaon à Memphis par les prêtres de Ptah ; ceux-ci lui donnent une titulature pharaonique et Alexandre rend un culte à Apis (Dionysos), fait protéger les temples et supervise la restauration de monuments à Thèbes. Il est considéré par le clergé comme un souverain légitime. Son coup de génie est la fondation d'un port situé directement sur la mer : Alexandrie ; jusque là, tous les ports grecs en Egypte étaient des établissements fluviaux. Alexandrie sera dès l'origine une ville cosmopolite où voisinent des Grecs de diverses origines, des Egyptiens, puis sous les Ptolémées, des Juifs.
Alexandre confie l'administration de l'Egypte à un " triumvirat " grec, perse et égyptien. Cette manière de procéder est typique du souverain macédonien qui prône pour un respect des cultures.
Pendant son séjour en Egypte, il entreprend une expédition vers l'oasis de Siwah où était rendu un culte à Ammon. Cette oasis se trouve aux confins de la Libye et de l'Egypte. Ce lieu de culte, dédié initialement à Amon fut repris par les Grecs de Cyrène sous la forme d'Ammon-Zeus. Le voyage a impressionné Plutarque qui relate l'expédition et ce qui s'y est passé dans sa vie d'Alexandre. Diodore de Sicile mentionne aussi ce voyage.
Plutarque raconte que les dieux ont été favorables à Alexandre : Zeus a fait tomber beaucoup de pluie et ramené les égarés pendant la nuit. " Là où d'arrivée le grand prêtre le salua de la part du dieu, comme de son père ; et Alexandre lui demande s'il lui était point échappé quelqu'un de ceux qui avaient occis son père. Le prêtre lui répondit qu'il se gardât de blasphémer, parce que son père n'était point mortel ; et puis l'interrogea aussi touchant à son empire, s'il lui ferait la grâce d'être monarque de tout le monde ; le dieu lui répondit par la bouche de son prophète que oui et que la mort de Philippe était entièrement vengée ". Plutarque se demande si le grand prêtre n'a pas fait une erreur de prononciation : a-t-il dit O Paidion, cher fils ou O pai Dios, fils de Jupiter ?
| En tout état de cause, Alexandre se déclare descendant de Zeus-Ammon, donc héritier des pharaons. Amon sera une des divinités personnelles d'Alexandre. Il se fera d'ailleurs représenter sur une monnaie avec une coiffe de bélier.Il y a un besoin, chez Alexandre, de s'inscrire dans la continuité des Pharaons. Alexandre quitte l'Egypte, bat les Perses de Daruis III une nouvelle fois à Arbelès (331) ; il est maître de l'Empire perse.Monnaie de Ptolémée Ier - British museum, Londres. En 323, Alexandre meurt Philippe Aridée exerce la régence en attendant la majorité du fils posthume d'Alexandre et de Roxane. Mais celui-ci est assassiné avant d'atteindre sa majorité. Les satrapies sont alors partagées entre les " diadoques ". Ptolémée hérite de l'Egypte et se fait couronner en 305. |
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L'Egypte est encore florissante sous les premiers Ptolémées ; puis elle s'enfonce dans une période de repli et de luttes fratricides pour le pouvoir. L'intervention romaine, en 48 est due à la fois à une question interne de politique romaine - la recherche de Pompée -et aussi à la situation intérieure de l'Egypte où le pouvoir est partagé entre deux clans antagonistes qui soutiennent respectivement Ptolémée XII et Cléopâtre VII. Or Rome a besoin du blé de l'Egypte.
César est en Egypte où il fait la connaissance de Cléopâtre, la soutient, puis l'épouse. Ils effectuent tous deux un voyage triomphal en Egypte et Cléopâtre lui donne un fils Ptolémée Césarion. Aux ides de mars 44, César est assassiné. Le pouvoir à Rome est partagé entre Octave, neveu de César, Marc-Antoine, principal lieutenant de César et Lépide. Très rapidement Lépide est éliminé et la confrontation a lieu entre César et Marc-Antoine, entre l'occident méditerranéen et la partie orientale de la Méditerranée. Cléopâtre s'allie à Marc-Antoine ; tous deux sont défaits à Actium (31). Marc-Antoine et Cléopâtre se donnent la mort (30). Quant à Césarion, il est assassiné. L'Egypte passe sous domination romaine. Elle a un statut particulier et dépend directement de l'Empereur.