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Histoire
Je compte vous donner des notes de cours ou de lectures dans les catégories suivantes :
Préhistoire
Histoire de la Colonisation et de la Décolonisation
La guerre franco-allemande de 1870-1871 et ses conséquences
La guerre de 1914-1918 et ses conséquences
La guerre de 1939-1945 et ses conséquences
Charles Pouthas
Charles-Hippolythe Pouthas
(1886-1974)
Charles-Hippolythe Pouthas est né à Caen le 19 juillet 1886, son père étant proviseur au lycée Malherbe de Caen. Il y fait ses humanités ainsi qu'au lycée Henri IV de Paris.
Après l'obtention de son baccalauréat, il entame ensuite des études supérieures en histoire et passe, en 1911, avec succès l'agrégation d'histoire et de géographie. Il est nommé au lycée de Nice (1911-1913), puis au lycée de Caen (1913-1922).
Pendant la Grande Guerre il est mobilisé est sert dans l'Intendance ; il terminera la guerre avec le grade d'Intendant militaire adjoint.
Après la guerre, il reprend son poste d'enseignant à Caen jusqu'en 1922, date à laquelle il rejoint sa nouvelle affectation au lycée Janson de Sailly à Paris où il exercera jusqu'en 1937.
A partir de 1930, il est chargé d'enseignement à la Sorbonne, puis y est nommé maître de conférence en 1937 et professeur titulaire en 1941. Il commence alors sa série de cours sur l'histoire religieuse de la France contemporaine. Il a eu comme élèves Louis Girard, René Rémond et Louis Chevalier.
Ses travaux sur le Second Empire sont à l'origine d'une réévaluation de cette période par rapport à la « légende noire » propagée par l'historiographie républicaine et libérale du dernier tiers du XIXème et du début du XXème siècle. Il introduisit une lecture plus modérée du régime.
Il participa à la rédaction de manuels scolaires avec Jules Isaac et André Alba. Son œuvre principale reste Démocratie et Capitalisme dans la collection Peuples et Civilisations (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1942_num_28_113_2934_t1_0099_0000_2)
Admis à la retraite le 1er octobre 1956, il se retire dans sa Normandie natale et décède à Cherbourg le 2 mai 1974.
Principales publications
1911 – Les collèges de Caen au XVIIIème siècle (http://gallica.bnf/ark:/12148/bpt6k5494789v.image.f9)
1911 – La Constituante et la classe ouvrière (Annales révolutionnaires)
1918/1920 – Les élections de Guizot dans le Calvados (Mémoires de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen)
1923 – Guizot pendant la Restauration, préparation de l'homme d’État (1814-1830) (Plon)
1923 – Essai critique sur les sources et la bibliographie de Guizot pendant la Restauration
1934 – Une famille bourgeoise française de Louis XIV à Napoléon
1936 – La jeunesse de Guizot (Félix Alcan)
1941 – Démocratie et capitalisme (PUF) (volume 16 de la collection Peuples et Civilisations) Nombreuses rééditions.
1950 – Procès verbaux du Gouvernement provisoire et de la Commission pour le pouvoir exécutif (1848)
1953/1954 – Documents diplomatiques du Gouvernement provisoire et de la Commission pour le pouvoir exécutif
1956 – La population française pendant la première moitié du XIXème siècle (Institut national des Etudes Démographiques – cahier N° 25)
1958-1967 – Charles de Rémusat : Mémoires de ma vie 5 volumes (Plon).
Cours publiés au CDU
1937-1939 – L'Histoire politique de la Restauration
1941/1943 – L’Église et les questions religieuses en France de 1814 à 1878
1943/1945 – L’Église catholique de l'avènement de Pie VI à la mort de Pie IX
1945-1947 – le mouvement des nationalités en Europe pendant la première moitié du XIXème siècle
1947/1949 – La politique étrangère de la France de 1814 à 1870 (Restauration, Monarchie de Juillet, IIème République, Second Empire)
1949-1951 – La Révolution de 1848 en Europe
1951/1953 - La révolution de 1848 en France et la Seconde République
1953/1955 – Le Second Empire
1955/1956 – L'Europe occidentale de 1815 à 1848 : Espagne, Belgique et Pays-Bas
Il a en outre écrit de nombreux articles dans différentes revues : Revue historique, Revue d'Histoire moderne, Revue d'Histoire moderne et contemporaine, Annales historiques de la Révolution française, Bulletin du Comité des Travaux historiques et scientifiques.
Enfin ses archives sont consultables aux Archives nationales à Paris. L'inventaire sommaire est consultable à l'adresse ci jointe (http://daf.archivesdefrance.culture.gouv.fr/sdx-222-daf-bora-ap/ap/fiche.xsp?id=DAFANCH00AP_AB19_3754)
Hume
David Hume
(1711-1776)
La vie de David Hume.
David Hume est né à Édimbourg (Écosse) en 1711 dans une famille de petite noblesse. Son père, avocat, meurt en 1714. David Hume sera élevé par sa mère et son oncle paternel. En 1722, il est admis au collège d’Édimbourg. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.
En 1734, Hume traverse une période de crise où il a de l'aversion pour tout ce qui n'est pas étude de philosophie. Il refuse de devenir avocat, gagne Bristol, s'essaie dans le commerce avant que voyager en France pendant trois ans. Il rédige son Traité de la nature humaine.
Il est de retour à Londres en 1734, publie les deux premiers livres de son traité, mais n'obtient pas le succès escompté. Il rejoint sa famille en Écosse en 1739, rédige un Abrégé du Traité de la nature humaine (1740) et fait la connaissance d'Adam Smith. Ses adversaires l'attaque en raison de l'athéisme supposé que contiendraient ses thèses sur la nature humaine.
En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et l'accompagne à Vienne et à Turin. Il publie alors ses Recherches sur l'entendement humain qui ne rencontrent guère de succès. En 1749, il est de retour sur sa terre d'Ecosse, écrit ses Discours politiques et ses Recherches sur les principes de la morale.
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d’Édimbourg et commence la rédaction d'une Histoire d'Angleterre qui connaîtra un succès mitigé.
En 1763, il accepte un poste de secrétaire à l'ambassade de France et rejoint ainsi Paris. En 1766, il devient chargé d'affaires. A Paris, il fréquente les salons littéraires et fait la connaissance de Rousseau qu'il amène avec lui lorsqu'il regagne l'Angleterre1. En quelques mois Rousseau se brouille avec Hume alors que celui-ci se voit confier le poste de sous-secrétaire d’État pour l’Écosse. En 1769, Hume retourne à Édimbourg.
Il meurt à Édimbourg en 1776, âgé de soixante-cinq ans.
Les idées politiques de David Hume.
L’œuvre politique de Hume est abondante et éparse ; on la retrouve dans de nombreux ouvrages : Traité de la nature humaine (1740), Du contrat originel (1748), Enquête sur les principes de la morale (1751), De l'origine du gouvernement (1774). Si le Contrat originel dénonce, contre Locke, les termes d'une origine fictive, l'Origine du gouvernement cherche à repérer, dans le sillage de Machiavel, les composante de l'origine réelle des sociétés.
Pour Hume, le pouvoir s'est tout d'abord fondé sur l'injustice et la violence ; il est devenu, avec le temps, légal et obligatoire. L'avènement de la notion de gouvernement, de l'Etat est décelé dans la compétition guerrière qui découle de la rareté des biens disponibles parmi les groupes humains déjà constitués. La nécessité économique secrète le conflit qui donne naissance à une hiérarchie militaire qui se transforme, la paix venue, en hiérarchie civile et système de gestion politique.

Pour Hume l’État a une origine économique et une mission de préservation des avantages acquis. L’État n'est qu'une institution contingente, historiquement exigée, appréciée en raison des services rendus. « L’État, selon Hume, n'a pas à représenter l'intérêt général, mais à faire de l'intérêt général un objet de croyance en lui donnant, ne serait-ce que par l'appareil de ses sanctions, cette vivacité que l'intérêt particulier seul a pour nous naturellement »2
L'origine des régimes politiques doit être recherché du côté de la conquête, de l'usurpation, de l'élection, de l'hérédité, suivant les circonstances du moment. Le système politique est fondé sur un rapport de force qui ne se maintient que grâce à la soumission volontaire du peuple. Il en résulte, pour Hume, que la politique n'est pas fondée sur la normativité de la raison.
Le mythe de la souveraineté populaire ne résiste pas à l'épreuve des faits. L'obéissance au gouvernement s'effectue d'abord par la crainte et non par l'obligation morale. D'autre part, seule une longue occupation du pouvoir assure une certaine légitimité à l'usurpateur (Révolution ou conquête).
Hume dénonce le mythe de l'ancienne constitution saxonne qui aurait été abolie par la conquête normande et la féodalité. Il rejette la fiction d'un contrat originel. La constitution se construit lentement : les institutions anglaises sont basées sur la Grande Charte de 1214, la reconstitution des communes sous les Tudors, la pétition des droits de 1628, la déclaration des droits de 1689. Autant d'événements qui s'inscrivent dans le temps et qui modifient les rapports entre les citoyens.
Pour Hume, le corps politique s'instruit dans une même vision du corps en général : les changements d'état sont régis par la corruption ou la dissolution, mais dont chaque étape doit être pensée spécifiquement comme un processus naturel. La coalition des partis devient alors un remède naturel susceptible de ralentir un processus de dégénérescence.
De ses relations avec Adam Smith, Hume a tiré la conclusion que la stabilité politique est nécessaire à la poursuite de la croissance économique. Il ne peut y avoir de croissance dans le désordre.
1.- Rousseau doit fuir la France et la Suisse. Hume rentre avec lui en Angleterre.
2.- Deleuze Gilles : Empirisme et subjectivité. Essai sur la nature humaine selon Hume – Paris – 1953 – PUF.


