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Catégorie : Histoire politique de la Restauration
Publié le Dimanche, 11 Décembre 2011 Écrit par Marius Reynier

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Abrantès, Laure Junot, duchesse d' : Mémoires sur la Restauration – 6 volumes – Paris – 1835 /1836 – J. L'Henry - BNF Rez de Jardin

Barante Prosper Brugière de : Mémoires 6 tomes publiées par son petit-fils Claude de Barante – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Les tomes 2 et 3 concernent la Restauration.

Beugnot comte Jacques-Claude : Mémoires du comte Beugnot (1783-1815), ancien ministre publiées par M. le comte Albert Beugnot son petit-fils (2 tomes) – Paris – 1866 – E. Dentu Editeur – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Beugnot et Mémoires.

Bignon Louis-Pierre Edouard : Du congrès de Troppau ou examen des prétentions des Monarchies absolues à l'égard de la monbarchie constitutionnelle de Naples. - Paris – Janvier 1821 – Firmin Didot - Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) et sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Bignon

Bignon Louis Pierre Edouard : Précis de la situation politique de la France depuis le mois de mars 1814 jusqu'au mois de juin 1815 – Paris – Juin 1815 Chez Delaunay libraire – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche : Bignon

Bignon Louis-Pierre Edouard : Exposé comparatif de l'état financier, militaire, poli_tique et moral de la France et des autres puissances de l'Europe – Paris – Décembre 1814 – Le Normant Libraire – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche Bignon.

Bittard des Portes René : Les campagnes de la Restauration – Tours – 1900 - A. Cattier (755 p.) - BNF Rez de jardin

Blacas d'Aulps, Louis, Charles, Pierre duc de : Joseph de Maistre et Blacas ; leur correspondance inédite et l'histoire de leur amitié (1804-1820) – Introduction par Ernest Daudet – Paris – 1908 – Plon – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Blacas d'Aulps et Correspondance.

Bonald Louis de : Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile démontrée par le raisonnement et par l'Histoire – Paris – 1843 – Le Clere – (3 volumes) – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche Bonald

Bonald Louis de : Essai analytique des lois naturelles de l'ordre social ou Du pouvoir, du ministre et du sujet dans la société – Paris – 1800 -

Bonald Louis de : Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison – Paris – 1802 – Le Clere (3 volumes) – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche Bonald.

Bonald Louis de : Observations sur l'ouvrage de Mme la baronne de Stael ayant pour titre « Considérations sur les principaux événements de la Révolution française ». - Paris – 1818 – A Le Clere – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche Bonald

Carnot Lazare : Mémoire adressé au Roi en juillet 1814 suivi des notes de Lazare Carnot – Paris – juin 1815 5ème édition – Arnaud – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Carnot et Mémoire (Il existe deux mémoires qui sont identiques dans l'ensemble, avec quelques modifications de détail sous forme manuscrite).

Chateaubriand (François-René) : De Buonaparte et des Bourbons et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et celui de l'Europe– Paris – 1814 – Mames Frères Éditeurs – disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Chateaubriand et Buonaparte

Chateaubriand François-René : De la monarchie selon la Charte – Paris – 1816 – Le Normant ed. - disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Chateaubriand et Charte. Avec ces critères de nombreux ouvrages en réponse à celui de Chateaubriand.

Chateaubriand (François-René) : Réflexions politiques sur quelques écrits du jour et sur les intérêts de tous les Français – Paris – 1814 – Le Normant Imprimeur-libraire – Consultable par Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Chateaubriand et Réflexions politiques. Prendre l'édition de 1814 qui est l'édition originale et non celle des œuvres complètes.

Chateaubriand : Mémoires d'outre-tombe (il existe sur Internet de nombreuses possibilités de se procurer les Mémoires d'Outre-Tombe. Critère de recherche sur Google (http://www.google.fr) Chateaubriand Memoires. Ne pas oublier la version papier de la collection La Pléiade.

Chateaubriand François-René : Le congrès de Vérone, la guerre d'Espagne et les négociations sur les colonies espagnoles – Paris – 1838 (2tomes) – Delloye. Il s'agit d'un passage des Mémoires d'Outre-Tombe qui n'est souvent pas édité dans l'édition complète et fait partie d'un tirage à part. Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – critères de recherche Chateaubriand et Vérone.

Constant de Rebecque Benjamin : Réflexions sur les constitutions, la distribution des pouvoirs et leurs garanties dans une monarchie constitutionnelle – Paris – 1814 – H. Nicolle ed. - Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – critère de recherche auteur Benjamin Constant

Constant de Rebecque Benjamin : De la responsabilité des ministres – Paris – 1815 – H. Nicolle ed. - Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – critère de recherche auteur Benjamin Constant.

Constant de Rebecque Benjamin : Principes de politique applicables à tous les gouvernements – Se retrouve dans Cours de politique constitutionnelle ci-dessous.

Constant de Rebecque Benjamin : Cours de politique constitutionnelle – Paris – 1872 – Librairie de Guillaumin 2 tomes – Disponible sur Internet archives (http://www.archives.org) – Critère de recherche Constant Benjamin et cours

Dard Henri, Jean-Baptiste :Observations sur le projet de loi d'indemnité à accorder aux immigrés - Paris – 1825 – A. Egron – 92 p. (Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – Critère de recherche Dard

Dard Henri, Jean-Baptiste : De la restitution des biens des émigrés – Paris – 1814 – Le Normand éditeur – 76 p. - Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – Critère de recherche Dard

Falconnet  A.: Lettres à SM Louis XVIII sur la vente des biens nationaux – Paris – 1815 – 98 p. - Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – Critère de recherche Falconnet

Fauche-Borel Louis : Mémoires – 4 tomes – Paris – 1829 – Moutardier ed. - Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) – Critère de recherche Fauche-Borel et Mémoires

Ferrand comte de : Mémoires du comte Ferrand, ministre d’État sous Louis XVIII par le vicomte de Broc – Paris 1897 – Picard Editeur – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critères de recherche Ferrand et Louis

Fievée Joseph : Histoire de la session de 1816 – Paris- 1817 – Lenormant – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Fievee (sans accent)

Fievée Joseph : Correspondance administrative commencée au mois de mai 1814 - 4 volumes – Paris – 1815-1819 - Le Normant – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Fievée et Correspondance

Fiévée Joseph : Mémoires

Fleury de Chaboulon : Mémoires de Fleury de Chaboulon ex-secrétaire de Napoléon Ier et de son cabinet pour servir à l'histoire de la vie privèe, du retour et du règne de Napoléon Ier en 1815 – 3 volumes – Paris – 1901 – Rouveyre – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critere de recherche : Fleury Chaboulon.

Fleury de Chaboulon : Les cent-jours – 2 tomes – Londres – 1820 – Roworth – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) C'est un élément du projet Gutemberg donc en format texte.

Guizot : Du gouvernement représentatif et du ministère actuel de la France – Paris 1820 – Ladvocat – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Guizot et gouvernement

Guizot : Histoire des origines du gouvernement représentatif en Europe – Paris – 1851 – Didier – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) critères de recherche Guizot et gouvernement

Jaucourt François : Correspondance avec le prince de Talleyrand pendant le Congrès de Vienne – Paris – 1905 – Plon et Nourrit Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Jaucourt

Lafayette marquis de : Mémoires – 6 tomes – Paris – 1837/1838 – Fournier aîné – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche La Fayette et Mémoires

Lamennais Félicité de  : Essai sur l'indifférence en matière de religion – 2 tomes – Paris – 1817 – Tournachon et Seguin – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Lamennais et religion.

Lepeletier de Saint-Fargeau Félix : Au roi, sur le serment à prêter par les maires et autres fonctionnaires publics – Paris – 1814 – Brasseur aîné – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Lepeletier et serment

Malouet Louis, Antoine, Victor : Correspondance d'un préfet du Bas-Rhin (1820-1822) – Paris – 1906 – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Malouet et préfet

Méhée de la Touche : Dénonciation au Roi des actes et procédés par lesquels les ministres de Sa Majesté ont violé la Constitution... et détruit l'excellent esprit public qui avait accueilli le retour des Bourbons – 32 p. – Paris – 1814 - Vve de Villain ed. Disponible sur Gallica (http://gallca.bnf.org) Critère de recherche Mehee Touche

Méhée de la Touche : Lettre à M. l'abbé de Montesquiou, ministre de l'Intérieur – 8 p. - Paris – 1814 – Disponible sur Gallica (http://gallca.bnf.org) Critère de recherche Mehee Touche

Metternich : Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich chancelier de cour et d'état 8 volumes - – Paris 1884 – Plon – Disponble sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Metternich et Mémoires.

Montesquiou abbé de : Exposé de la situation du royaume présenté à la Chambre des Pairs et à la Chambre des députés des départements le 12 juillet 1814 – Paris – 1814 - Imprimerie royale – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critère de recherche Montesquiou-Fezansac François-Xavier

Morin C.-M. : Révélation de faits importants qui ont préparé ou suivi les Restaurations de 1814 et 1815 et considérations sommaires sur leur marche et leurs déviations jusqu'à ce jour – Paris – 1830 – Chez Audin Éditeur et Archambault Éditeur – Disponible sur http://books.google.fr critères de recherche Morin et Restaurations

Pasquier : Mémoires du Chancelier Pasquier publiées par le duc d'Audiffret-Pasquier – Paris – 1894 – Librairie Plon et Nourrit – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Pasquier et Mémoires

Pozzo di Borgo : Correspondance diplomatique du comte Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie en France et du comte de Nesselrode – 2 volumes – Paris – 1890 – Calman-Levy Disponible sur Internet archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Pozzo Borgo.

Pradt Monseigneur : L'Europe et l'Amérique depuis le Congrès d'Aix-la-Chapelle – 2 tomes – Paris – 1821 – Béchet aîné – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Pradt Europe

Pradt Monseigneur : Du congrès de Vienne – 284 p. - Paris – 1816 – Veladini – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Pradt et Vienne

Reiset vicomte de : Souvenirs du lieutenant-général vicomte de Reiset – Volumes – Paris – 1899 – Calman Levy – Tome 1 uniquement, disponible sur Internet archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Reiset et Souvenirs

Saint-Chamans général comte de : Mémoires du gal Cte de Saint-Chamans, ancien aide de camp du maréchal Soult (1802-1832) – Paris – 1896 – Plon et Nourrit Disponble sur Internet archives (http://www.archve.org) Critère de recherche Soult et Chamans

Semallé (comte de) : Souvenirs du comte de Sémallé, page de Louis XVI, publiés pour la Société d'Histoire contemporaine par son petit-fils – Paris – 1898 – Alphonse Picard et fils Éditeurs – disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Semallé.

Soult maréchal : Mémoire justificatif – 32 p ; - Paris – 1815 - Chaumerot

Stendhal : Lamiel in Romans et Nouvelles tome 2 – Paris - 1964 - Gallimard Pléiade

Talleyrand-Périgord (Charles-Maurice de) : Mémoires du prince de Talleyrand-Périgord avec une préface du duc de Broglie – Paris – 1892 – Calmann-Levy éditeur – disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) critères de recherche Talleyrand et mémoires.

Talleyrand-Périgord Charles-Maurice de : Correspondance inédite du prince de Talleyrand et du roi Louis XVIII pendant le congrès de vienne publiée sur les manuscrits conservés au dépôt des Affaires étrangères – Paris – 1881 – Plon et Nourrit – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Talleyrand et Correspondance.

Villèle Joseph de : Mémoires et correspondance du comte de Villèle – 5 volumes – Paris – 1889/1904 – Perrin – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critères de recherche Villèle et Mémoires

Villemain : Le Roi, la Charte et la Monarchie

Vitrolles : Du ministère dans le gouvernement représentatif – 1816

Vitrolles : Déclaration de principes de la majorité de la Chambre des Députés

Vitrolles : Mémoires – Paris – 1950 – Gallimard - Le temps présent (2 tomes de 550 pages)

 

Déclaration des droits des Français et des principes fondamentaux de leur constitution.

 

 

Sur Prosper Brugière de Barante

Denis Antoine : Amable Prosper Brugière, baron de Barante (1782-1866), homme politique diplomate et historien – Paris – 2000 – Honoré Champion – 1005 pages.

Guizot François : M. de Barante in Revue des Deux Mondes du 1er juillet 1867

 

Sur Bignon

Ernouf de Verclives : Notice sur M. Bignon, pair de France – Paris – 1842 – Hivert (24 pages) Consultable à Tolbiac RDJ D1 ref 8 LN27-1961

 

Sur Blacas

Deux ouvriers de la Restauration, Joseph de Maistre et Blacas. Conférence par le chanoine Lecigne – 34 pages – Lyon – sd – E. Vitte ed. Consultable à Tolbiac RDJ ref 8-LA38-105

La Boulaye J.-B. : Notice historique sur le duc de Blacas – Paris – 1840 – A. Le Clere – 32 p. consultable à Ste-Geneviève : DELTA 67353 FA

 

Sur Carnot

Arago Emmanuel : Eloge de Carnot (fait à l'Académie des Sciences en 1837 par Emmanuel Arago

Carnot Hippolyte : Mémoire sur Carnot par son fils – 2 volumes – 1861-1863

Carnot Sadi : Centenaire de Lazare Carnot (cahier de la Sabretache) – 1923 – Plon

Reinhard Marcel : Le grand Carnot – 709 p. Paris – reed. 1994 - Hachette

Dhombres Jean et Nicole : Lazare Carnot – 774 p. - Paris – 1997 – Hachette (met l'accent sur le Carnot ingénieur)

 

Sur Charles X

Castelot André : Charles X, la fin d'un monde – Paris – 1988 – Perrin – 587 p.

Garnier Jean-Paul : Charles X le roi, le proscrit – Paris - 1967 - Fayard les grandes études historiques – 483 p.

La Gorce Pierre de : La Restauration – Charles X – Paris – 1927 – Plon – 343 p.

Le Naour Eric  : Charles X, le dernier roi – Paris – 1980 - Jean-Claude Lattès – 405 p.

 

Sur Chateaubriand politique

Beau de Loménie E. : La carrière politique de Chateaubriand de 1814 à 1830 – Paris – 1929 – Plon – 2 volumes

Clément Jean-Paul : Chateaubriand politique – Paris – 1987 – Hachette Pluriel – 488 p.

Dupuy G., Moreau J. et Georgel J : Politique de Chateaubriand – Paris - - A. Colin Coll U2

Maurras Charles : Trois idées politiques (Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve) – Paris – 1912 – Champion

 

Sur Benjamin Constant de Rebecque

Barbier Maurice : Religion et politique chez Benjamin Constant in Revue française de science politique 1983 - Vol. 33 N°1 pp. 14-40

Bastid Paul : Benjamin Constant et sa doctrine – 2 volumes – Paris – 1966 – A. Colin

Todorov Tsvetan : Benjamin Constant, la passion démocratique – Paris – 1997 - Hachette littératures – 214 p.-

 

Sur le chancelier Dambray

Sémonville Charles-Louis : Chambre des Pairs discours prononcé à l'occasion du décès du chancelier Dambray – 14p. - Bibliothèque interuniversitaire de Lettres et Sciences humaines de Lyon (non disponible pour le PEB)

Louis XVIII et Charles X : Collection des discours du trône prononcés par Louis XVIII et Charles X de 1814 à 1826 précédée de la Déclaration de St-Ouen et augmentée de la Charte constitutionnelle et du discours du chancelier Dambray – 87 p. – Paris – 1826 – Touquet ed. - Tolbiac Rez de Jardin

Laporte-Lalanne : Notice nécrologique sur M. Charles-Henry Dambray, chancelier de France – 14 p. - Paris – 1830 – Tatsu – Tolbiac Rez de Jardin 8 LN27 5320

 

Sur le maréchal Davoust

Davout Adélaïde-Louise d'Eckmühl de Blocqueville : Le maréchal Davout raconté par les siens et par lui-même – 4 volumes – Paris – 1887 – Librairie académique Perrin.

Davout Louis-Nicolas : Correspondance : ses commandements, son ministère (1801-1815) Paris – 1885 - Plon

Charrier Pierre : Le maréchal Davout – Paris – 2005 – Nouveau monde (Institut Napoléon)

Hulot Frédéric : Le maréchal Davout – Paris – 2003 – Pygmalion

Hourtoulle Fraçcois : Davout le terrible – Paris – 1875 – Maloine

Montégut Emile : Le maréchal Davout, son caractère et son génie – Paris – 1882 – A Quenatin

Rain Pierre : Le maréchal Davout du 20 juil au 27 juillet 1815 – Paris – 1907 – F. Alcan

 

Sur Decazes

Bonafe Felix : Elie duc Decazes, homme d'etat et franc-maçon – Tulle – 1973 - Imp. Maugein

Daudet Ernest : Louis XVIII et le duc Decazes (1815-1820) d'après des documents inédits – Paris – 1899 - Plon

Langeron Roger : Decazes, ministre du roi – Paris – 1960 – Hachette

 

Sur le maréchal Gouvion Saint-Cyr

Ainval Christiane d' : Gouvion Saint-Cyr, soldat de l'An II, maréchal d'Empire – Paris – Copernic - 1981

Gay de Vernon : Vie du maréchal Gouvion-Saint-Cyr – Paris – 1856 – F. Didot

Le Blond Yves : Gouvion Saint-Cyr, maréchal d'Empire ; Pour que vive la République – Paris – 2008 - Normant

 

Sur Louis XVIII

La Gorce Pierre de : Louis XVIII – Paris - 1926 - Plon

Lever Evelyne : Louis XVIII – Paris – 2007 – Hachette littérature - Pluriel

Mansel Philipp : Louis XVIII – Paris – 2004 - Perrin

 

Sur le baron Louis

Audiffret marquis d' : Souvenirs sur le baron Louis – 29 p.– sd – Crapelet ed. - Nancy BM Favier 4395

Gignoux Claude-Joseph : La vie du baron Louis – Paris – 1928 – Gallimard – 264 p.

 

Sur Polignac

Barbou Alfred : Histoire du ministère Polignac – Paris – 1877 – M. Dreyfoos – 112 p.

Haussez baron d' : Mémoires ur le ministère du 8 août 1829, ministère Polignac in Revue de Paris du 15 juillet 1894

Robin-Harmel Pierre : Le prince Jules de Polignac, ministre de Charles X (1870-1847) – Paris – 1941 – Les livres nouveaux – 214 p.

 

Sur Pozzo di Borgo

Albertini Paul-Louis : Pozzo di Borgo contre Napoléon – Paris – 1966 – Peyronnet – 239 p. Consultable Bibliothèque Thiers et Ste-Geneviève.

Baudouin Gérard : Pozzo di Borgo au service du Tsar – Paris – 1939 – 32 p – Consultable à Sciences Po Paris

Capefigue : Les diplomates européens – Paris 1845 – Amyot – 4 volumes. L'article concernant Pozzo di Borgo est situé dans le premier volume. Consultable sur Gallica

Casabianca Laurent-Marie : L'ambassadeur Pozzo di Borgo in Revue des études historiques 1892 – 23 p.

Mac Erlan John : Napoléon et Pozzo di Borgo (1764-1821)

Maggiolo : Corse, France, Russie (1764-1842) – Paris – 1890 – Calmman Levy – 450 p Consultable Ste Geneviève et Centre des Etudes slaves

Ordioni Pierre : Pozzo di Borgo diplomate de l'Europe française.

Pugliesi-Conti Paul : La vérité sur l'ambassadeur Pozzo di Borgo in Revue de la France moderne de décembre 1890

Roissy Pierre : Pozzo di Borgo, homme politique – Paris – 1911 – Bayard - Les Contemporains.

 

Sur le duc de Richelieu

Waresquiel Emmanuel de : Le duc de Richelieu , un sentimental en politique – Paris - 2009 - Perrin

Fouques Duparc J. : Le troisième Richelieu, libérateur du territoire (1815-1816) – Paris – 1940 - Lardanchet

 

Sur Talleyrand

Catelot André : Talleyrand ou le cynisme – Paris – 1997 - Perrin

Lacour-Gayet Georges : Talleyrand (1754-1838) – Paris – 1997 - Payot

Orieux Jean : Talleyrand ou le sphinx incompris – Paris – 1996 - Flammarion

Waresquiel Emmanuel : Talleyrand, le prince immobile – Paris – 2006 – Fayard

 

Sur Villèle

Fourcassié Jean : Villèle – Paris – 1954 - Fayard

Gros : Un maire de Toulouse sous la Restauration : M. de Villèle – Toulouse – 1924 - Deladoure

Liesse André : Portraits de financiers : Ouvrard, Mollien , Gaudin, baron Louis, Corvetto, Villèle – Paris – 1908 - Alcan

 

Histoires générales de la Restauration

Daudet Ernest : Histoire de la Restauration – Paris – 1882 – Hachette – 459 p.

Capefigue Baptiste : Histoire de la Restauration et des causes qui ont amené la chute de la branche aînée des Bourbons – 10 volumes – Paris – 1831/1833 – Dufey et Vezard – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr Critère de recherche Capefigue restauration

Duvergier de Haurane Jean-Baptiste : Histoire du gouvernement parlementaire de la France (1814-1848) 10 volumes – Paris – 1857 – Michel Levy – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche Duvergier et parlementaire

Lamartine Alphonse de : Histoire de la Restauration – 6 volumes – Paris – 1861/1862 – Chez l'auteur – Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Lamartine et restauration.

Nettement Alfred :

Vaulabelle Achille de : Histoire de deux restaurations jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, de janvier 1813 à octobre 1830 – 8 volumes – Paris – 1860 – Perrotin- Disponible sur Gallica (http://gallica.bnf.fr) Critère de recherche Vaulabelle

Viel-Castel Louis : Histoire de la Restauration en 20 volumes – Paris – 1860/1878 – Michel Levy – Disponible sur Internet Archives (http://www.archive.org) Critère de recherche : Viel Castel Restauration

Bertier de Sauvigny : La restauration ; au soir de la monarchie – Paris – 19 ?? -Flammarion Champs

Waresquiel Emmanuel de et Yvert Benoit : La restauration – Paris – 19 ?? - Perrin Tempus

 

Sur les partis

Oeschslin J. : Le mouvement ultra-royaliste sous la Restauration – Paris – 1960 – LGDJ - 218 p.

Thureau-Dangin Paul : Le parti libéral sous la Restauration – Paris

Weill Georges : Histoire du parti républicain en France (1815-1870) – Paris – 1900 – Alcan – 431 p.

 

Campagne de 1814

Hantraye Jacques : Le récit d'un civil dans la campagne de 1814 – Paris – 2008 – CTHS – 91 p.

Thiry baron Jean : La campagne de France – Paris – 1940 – Berger-Levrault

Thiry baron Jean : La première abdication de Napoléon – Paris – 1948 – Berger-Levrault – 357 p.

Thiry baron Jean : La première Restauration – Paris - Berger-Levrault

 

L'occupation de la France

André Roger : L'occupation de la France par les Alliés en 1815 – Paris – 1924 – Ed. De Boccard – 179 p.

Hantraye Jacques : Les cosaques aux Champs Élysée – Paris – 2005 – Belin – 303 p.

Scandar Maguib Fahmy : La France en 1814 et le gouvernement provisoire – Paris – 1934 – Nizet et Batard – 305 p.

Creux H. : La libération du territoire en 1818 – Paris – 1875 – Didier – 343 p.

Thiry baron Jean : Les débuts de la seconde Restauration – Paris - - Berger-Levrault

Conclusion

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Publié le Dimanche, 11 Décembre 2011 Écrit par Marius Reynier

 

 

La Révolution aboutissait à deux résultats :

  • un changement de dynastie, tout en maintenant la couronne dans la même famille, (famille des Bourbons), la branche cadette au lieu de la branche aînée ;

  • d'autre part, la réalisation du programme de la gauche parlementaire du temps de la Restauration.

C'est le peuple qui avait abattu la monarchie des Bourbons, mais ce sont les députés de la Restauration qui ont organisé le nouveau régime, sans le peuple et même contre le peuple, en le faisant aussi peu différent de la Restauration.

De cette Restauration, il subsiste un certain nombre de résultats : la Restauration a porté le poids de liquider toute la politique de l'Empire et a reçu la France en 1814 et 1815 dans une position humiliée et sous la tutelle de l'Europe. Elle a rétabli la dignité de la France en Europe au point qu'à certains moments, la France s'est trouvée l'arbitre des décisions de l'Europe : au congrès de Vienne, au moment de l'affaire d'Espagne et au moment de l'affaire grecque. La Restauration avait même acquis assez de liberté et d'indépendance diplomatique pour pouvoir réaliser, malgré l'Angleterre, une opération comme celle de la prise d'Alger en 1830.

Au point de vue extérieur, par conséquent, le résultat de la Restauration était un bilan actif. Par contre, en politique intérieure, les résultats qui se trouvent acquis en 1830 ne sont pas issus des intentions mêmes du gouvernement royal. En effet, le gouvernement des Bourbons n'a pas su rallier la nation. Jamais, les Bourbons n'ont été accepté par le peuple, particulièrement à Paris, et la Révolution a révélé une profondeur d'antipathie incroyable du peuple pour la famille des Bourbons restaurée. La monarchie, qui avait disparu en 1792 et 1793, n'a pas su s'enraciner à nouveau de façon sérieuse en France. La domination des Bourbons est restée stérile et sans attache populaire. Cependant, au point de vue politique, le régime de la Restauration peut mettre à son actif certains bénéfices importants : quelques-unes des institutions de la France qui subsistent encore aujourd'hui ont été faites par la Restauration, en particulier en matière de finances, en matière d'armée où la loi Gouvion-Saint-Cyr, par ses principes et même dans les faits, sera le régime militaire de la France jusqu'à la fin du Second Empire et en réalité jusqu'à la loi de 1872 qui inscrira de nouveaux principes dans l'organisation française, enfin une troisième institution destinée à jouer un rôle capital dans l'évolution de la France, le Conseil d'État. Surtout, le grand résultat de la Restauration est d'avoir fait l'éducation politique du pays. C'est pendant cette période que se sont organisés les partis, c'est sous la Restauration que la presse s'est fondée et développée, qu'elle a pris conscience de son importance. Enfin, c'est sous la Restauration que la France a appris le jeu des institutions parlementaires ; elle a donc fait l'apprentissage de la liberté. On peut même dire que la chute de la Restauration était, au point de vue résultat politique, un bénéfice. Elle donnait à la France une dernière leçon, à savoir que la garantie des libertés publiques, libertés individuelles, libertés de presse, libertés de droit étaient attachées essentiellement au jeu normal des libertés parlementaires. C'est à partir des ordonnances de Juillet que les Français ont compris que le régime représentatif parlementaire était la garantie fondamentale qu'ils pouvaient avoir du respect de leurs libertés.

 

La lieutenance générale du duc d'Orléans

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Publié le Dimanche, 11 Décembre 2011 Écrit par Marius Reynier

La lieutenance générale du duc d'Orléans

 

 

La perte du pouvoir par Charles X

Les trois journées de combat qu'on a appelées « les trois glorieuses » ont prononcé au point de vue militaire, mais, au point de vue politique, la situation n'était pas réglée : Charles X était toujours roi et son ministère toujours Polignac. On fit de vains et tardifs efforts du côté de la royauté pour essayer de rattraper les maladresses qu'on avait faites : un certain nombre de royalistes essayèrent de persuader Charles X, avant qu'il ne soit trop tard, de changer de ministère et de faire des concessions essentielles. Dans la journée du 29, Vitrolles et Sémonville, plus ou moins mandatés par des royalistes de Paris, se dirigèrent sur Saint-Cloud où un Conseil des ministres se tenait vers 1 heure ½. Ils exposèrent la nécessité de changer le personnel. Un peu après, c'est Marmont qui arrive avec d'autres témoins et qui indique la violence des sentiments de la population parisienne. Vers 5 heures, Charles X se décide alors à faire un nouveau ministère qui serait présidé par le duc de Mortemart et qui comprendrait deux hommes connus pour leurs sentiments libéraux, Casimir Périer député de gauche et le général Gérard.

Aussitôt après cette décision, Vitrolles et d'Argout partent pour Paris annoncer la chose officieusement ; ils arrivent à l'Hôtel-de-Ville vers 8 heures ½ du soir ; y siègent, en effet, la Commission municipale et la Fayette, mais déjà en ce soir du 29, une partie de la Commission municipale est décidée à ne plus accepter Charles X. Quand Sémonville et Vitrolles viennent annoncer que Charles X a fait un nouveau ministère, de Schonen s'emporte et déclare « Il est trop tard, il a glissé dans le sang ; il y est tombé qu'il y reste » ; d'autres comme Mauguin « Vous n'êtes pas les maîtres de disposer du peuple et de traiter sans son aveu. Si vous osiez entrer en accommodements, je descendrais à l'instant sur la place pour lui dénoncer vos projets ». La Commission municipale ne reçoit donc point la communication et adresse alors les trois envoyés à la réunion des députés qui se tient chez Laffitte ; ils y font leur communication et retournent ensuite à Saint-Cloud porter la réponse des députés qui accepteraient un nouveau ministère mais sous les conditions que nous avons vues, c'est-à-dire : retrait des ordonnances, convocation des Chambres et réorganisation de la garde nationale.

Ce ministère Mortemart a échoué très vite. D'abord, le roi a bien dit qu'il faisait un nouveau ministère, mais il n'en a toujours pas signé les ordonnances de telle sorte que Mortemart est resté à Saint-Cloud, attendant les pouvoirs qui lui permettraient de se rendre à Paris. Il faut une vive pression faite sur Charles X qui songe même à revenir sur sa décision pour lui faire signer le retrait des ordonnances et la nomination des nouveaux ministres, mais il ne s'y est décidé qu'à la fin de la nuit, le 30 au matin à 6 heures ½. Mortemart part alors ayant en poche les ordonnances qui le nomment, vers 7 heures. Mais il est difficile de gagner Paris : il ne peut passer par le bois de Boulogne qui est occupé par les troupes ; il est obligé de descendre le long de la Seine, d'entrer par le Point du Jour ; il perd ainsi du temps. Dans Paris, il n'est pas facile de circuler à cause des barricades. Vers 10 heures, il arrive dans le quartier de la Concorde, il rencontre le député Bérard qui sort d'une réunion de chez Laffitte où il a attendu en vain Mortemart, et Bérard prend sur lui de dire qu'il est trop tard et que maintenant le temps d'un ministère Mortemart est passé. Mortemart va s'installer au Luxembourg où il essaie en vain de faire acte de gouvernement il envoie au Moniteur les ordonnances de nomination pour qu'elles soient imprimées, mais le directeur du Moniteur les refuse ayant des ordres de la Commission municipale. Il envoie à l'Hôtel-de-Ville un pair de France, Colin de Sussy qui est reçu avec des huées par la foule et par la Commission. Au début de l'après-midi, la Commission municipale a arrêté une proclamation qui sera imprimée dans la soirée et qui prononce la déchéance de Charles X. Les concessions de Charles X (nouveau ministère et retrait des ordonnances) faites la veille auraient probablement reçu l'adhésion de tout le monde, mais il est trop tard parce qu'il s'est développé dans la journée du 30 un double mouvement sur lequel nous allons revenir, un mouvement orléaniste et un mouvement républicains ; il n'y a plus de place aujourd'hui pour Charles X.

En fait, depuis que les troupes de Marmont ont évacué la capitale, la décision n'est plus aux mains du Roi. Tard dans la soirée du 30, Pasquier ayant appris qu'un mouvement populaire se prépare pour aller chasser Charles X de son château, le fait prévenir par Girardin du danger qu'il court. Charles X et la cour sont obligés, pour éviter ce coup de force, de quitter Saint-Cloud en pleine nuit ; ils arrivent à Trianon à 2 heures, ils sont reçus par des manifestations hostiles de la population et même des gardes du château ; ils continuent leur route considérant qu'il est impossible et très dangereux de s'installer à Versailles. Le Roi va s'installer à Rambouillet où il arrive à la fin de la journée du 31, terriblement fatigué, car, n'oublions pas que Charles X est un vieillard. De Rambouillet, il essaiera encore quelques efforts pour canaliser le mouvement populaire en faveur tout au moins de la dynastie. Le 1er août, de Rambouillet, il prend une ordonnance nommant Philippe d'Orléans lieutenant-général du Royaume. Cette ordonnance est remise au duc qui la refuse, ayant reçu le même pouvoir de la Chambre. Le lendemain 2 août, averti du refus du duc d'Orléans, Charles X essaie une dernière solution ; son abdication personnelle et celle du Dauphin en faveur d'Henri V, le duc de Bordeaux, avec le lieutenant-général comme régent et il charge Philippe d'Orléans de faire proclamer Henri V. Au contraire, le duc qui a décidément pris son parti, lui a fait envoyer, dans la journée, trois commissaires, Odilon Barrot, de Schonen et le maréchal Maison pour lui demander de s'éloigner. Charles X refuse de recevoir ces trois commissaires. La communication lui est faite par un royaliste, M. de Coigny, mais il refuse de quitter Rambouillet. Pour couper court à sa résistance, le gouvernement de Paris organise ce qu'on a appelé « la colonne parisienne », c'est-à-dire une sorte de troupe composée de gardes nationaux, d'hommes, de femmes, etc... conduite par le général Pajol qui doit aller chasser la famille royale de Rambouillet. Bien vite, les trois commissaires sont repartis pour prévenir la collision. Lorsque la colonne parisienne arrive en vue du château, Charles X ne veut pas laisser engager le combat avec ses gardes du corps et décide alors à 5 heures du soir de partir pour Dreux et de là pour l'exil. Il part accompagné de la famille royale, de sa garde du corps, des trois commissaires du gouvernement qui sont chargés de surveiller son départ. Il va lentement, espérant que la population se soulèvera en sa faveur ; un voyage long et pénible. Il finit par arriver à Cherbourg pour le 16 août où il s'embarque pour l'Angleterre.

Le Roi a conservé pendant toutes ces journées et ce voyage pénible une grande dignité d'attitude ; il est parti en souverain avec son drapeau, toute sa maison, civile et militaire, qu'il n'a licenciée qu'à Valognes. Charles X sera reçu en Angleterre et de là s'installera en Autriche. Il a été le mauvais génie de la famille des Bourbons. Nous avons vu sous Louis XVI toutes ses intrigues et comment il est, en parti, responsable des malheurs de son frère. Pendant l'émigration, il a été l'un des chefs les plus intransigeants et les plus maladroits ; son abandon des royalistes pendant le Consulat a été une cause de la défaite ; sous Louis XVIII nous l'avons vu dans toutes les intrigues contre le gouvernement. Partout, où il y avait une faute à commettre et commise, on a trouvé la main de Charles X.

Les Bourbons sont donc tombés à la suite de ce mouvement populaire, mais la question n'est pas réglée par ce seul fait. Les « trois glorieuses » ont été une œuvre négative ; il s'agit maintenant de reconstruire et, au point de vue politique, les journées décisives sont celles du 30 et 31 juillet.

Candidature Orléans ou solution républicaine ?.

La candidature de Philippe d'Orléans a été le fait de deux journalistes sans mandat, Thiers et Mignet. L'idée a été accueillie par les amis du duc, en particulier Lafayette et Sébastiani qui l'ont fait prévaloir.

La première idée de faire appel au duc d'Orléans apparaît dans la matinée du 28. Thiers et Mignet en ont parlé à Sébastiani qui a répondu qu'il était impossible encore d'assigner un but au mouvement révolutionnaire qui ne fait que commercer. Dans l'après-midi du même jour, Laffitte en a parlé à ses collègues lors de leur ambassade auprès de Marmont pour demander à Marmont de cesser le combat, et le soir, il en a parlé encore à la réunion chez Puyravault, mais personne n'y a attaché d'importance. Dans la réunion des députés du 29 juillet au soir, lorsqu'on attendait Mortemart et qu'on parlait de toutes les solutions possibles, Thiers et Mignet, à nouveau, parlent du duc d'Orléans, mais ils ne sont pas suivis par la réunion et le 30 au matin, Laffitte considérait que l'affaire s'arrangerait avec Charles X et qu'il ne pouvait pas être question d'autre chose. Or, c'est ce matin du 30 juillet que nos deux journalistes ont pris une initiative hardie : il se décident, bien qu'ils n'aient aucun mandat et que leur démarche a été jusqu'ici mal accueillie, à tenter le coup. Ils rédigent et font imprimer une proclamation qui est affichée dans Paris et répandue vers 8 heures. « Charles X ne peut plus rentrer dans Paris ; il a fait couler le sang du peuple. La République nous exposerait à d'affreuses divisions ; elle nous brouillerait avec l'Europe. Le duc d'Orléans est un prince dévoué à la cause de la Révolution. Le duc d'Orléans ne s'est jamais battu contre nous ; le duc d'Orléans était à Jemmapes ; le duc d'Orléans est un roi-citoyen. Le duc d'Orléans a porté au feu les couleurs tricolores, le duc d'Orléans peut, seul, les porter encore. Nous n'en voulons point d'autres. Le duc d'Orléans ne se prononce pas. Il attend notre vœu. Proclamons ce vœu et il acceptera la Charte comme nous l'avons toujours entendue et voulue. C'est du peuple français qu'il tient sa couronne ».

L'effet de cette affiche fut considérable et l'idée de remplacer la famille des Bourbons par la famille d'Orléans se répandit aussitôt dans la ville. A la fin de la matinée, elle avait déjà des partisans enthousiastes qui se manifestaient en sa faveur. A la réunion des députés, chez Laffitte à midi, Benjamin Delessert propose de confier au duc d'Orléans la lieutenance-générale du royaume, une sorte de vice-royauté. Il paraît que cette combinaison viendrait de Talleyrand. Laffitte montre aux députés réunis le danger de la République et que le duc d'Orléans serait une solution. Mais on ignore ses intentions, on ne sait même pas exactement où il est : il est allé, comme toujours, passer les chaleurs à Neuilly dans son château. On envoya une mission à Neuilly, Thiers s'en chargea, conduite par le peintre Ary Scheffer, un intime du duc d'Orléans. Il se présente au château, mais le duc n'est pas là. Thiers voit seulement la duchesse et surtout la sœur du duc, Mme Adélaïde ; il lui expose la situation, la gravité des circonstances et que la France se trouve placée devant un dilemme : ou le duc d'Orléans ou la République, et il presse Mme Adélaïde de persuader son frère d'accepter ses responsabilités. Madame Adélaïde qui est « un homme d'action » ne peut rien décider pour son frère, mais promet de l'avertir et de faire pression sur lui. Les députés décident donc de tenir une réunion officielle à la Chambre pour prendre les décisions nécessaires, le lendemain à midi.

En même temps que cette candidature d'Orléans se faisait jour et prenait corps dans la journée du 30, on assistait à un mouvement fort différent : une explosion des idées républicaines et révolutionnaires et c'est le progrès de ces idées républicaines qui va décider les députés à se tourner vers le duc d'Orléans comme une ancre de salut. La Commission municipale installée la veille à l'Hôtel-de-Ville s'est mise, en effet, à prendre des allures de gouvernement provisoire. Malgré Casimir-Périer qui freine autant que possible, elle s'intitule dans l'après-midi du 20 « Gouvernement provisoire » ; elle refuse dans la soirée la communication de Vitrolles et d'Argout ; ordonne au Moniteur de ne rien publier qui vienne de Charles X et dans l'après-midi du 30, elle rédige une proclamation de déchéance des Bourbons. « Habitants de Paris Charles X a cessé de régner sur la France. Ne pouvant oublier l'origine de son autorité, il s'est toujours considéré comme l'ennemi de notre patrie et de ses libertés qu'il ne pouvait comprendre. Après avoir sournoisement attaqué nos institutions par tout ce que l'hypocrisie et la fraude lui prêtent de moyens, lorsqu'il s'est cru assez fort pour les détruire ouvertement, il avait résolu de les noyer dans le sang des Français. Grâce à votre héroïsme, les crimes de son pouvoir sont finis. Quelques instants ont suffi pour anéantir ce gouvernement corrompu... La Nation seule est debout, parée de ses couleurs nationales qu'elle a conquises au prix de son sang ; elle veut un gouvernement et des lois dignes d'elles. Quel peuple au monde mérite mieux la liberté ! Vous aurez un gouvernement qui vous devra ses origines, les vertus sont dans toutes les classes ; toutes les classes ont les mêmes droits, ces droits sont assurés. Vive la France ! Vive le peuple de Paris Vive la liberté ! ». Ce texte qui évoque déjà un nouveau principe, avait été substitué à un autre beaucoup plus avancé, beaucoup plus révolutionnaire encore que préconisaient certains membres de la Commission. « La France est libre. Elle veut une constitution. Elle n'accorde au gouvernement provisoire que le droit de la consulter. En attendant qu'elle ait exprimé sa volonté par de nouvelles élections, respect aux principes suivants : plus de royauté, le gouvernement exercé par les seuls mandataires élus de la Nation, le pouvoir exécutif est confié à un président temporaire, le concours médiat ou immédiat de tous les citoyens à l'élection des députés, la liberté des cultes et plus de culte d'État, les emplois de l'armée de terre et de l'armée de mer garantis contre toute destitution arbitraire, établissement des gardes nationales. Les principes pour lesquels nous venons d'exposer notre vie, nous les soutiendrons au besoin par l'insurrection légale ». C'était la doctrine de 1793 qui réapparaissait.

Pour les autorités parisiennes qui sont en contact avec le peuple, le gouvernement des Bourbons est une chose acquise dès le 29 juillet. Lorsque l'affiche de Thiers et de Mignet fut apposée sur les murs de Paris, elle provoqua une violente réaction républicaine dans le peuple. Cette affiche est lacérée dans les quartiers populaires et tout autour de l'Hôtel-de-Ville. On crie : « Vive la République ! ». Des réunions se multiplient dans les différents quartiers de Paris contre la monarchie, pas seulement contre les Bourbons, mais contre le principe même de la monarchie. Toute la journée, des députations arrivent près de Lafayette qui siège à l'Hôtel-de-Ville pour lui demander de prendre le commandement de la France et de constituer un gouvernement républicain. Au début de l'après-midi, les jeunes républicains sont réunis dans une salle du restaurant Lointier et ils envoient à Lafayette une députation et une adresse qui exige une consultation populaire avant la démission du gouvernement. « Le peuple hier a reconquis ses droits sacrés au prix de son sang. Le plus précieux de ces droits est de choisir librement son gouvernement. Il faut empêcher qu'aucune proclamation ne soit faite qui désigne un chef lorsque la forme même du gouvernement ne peut être déterminée... » Il faut mettre en action le principe de la souveraineté populaire pour choisir le gouvernement. Lafayette, ainsi averti, envoie aux députés qui siègent en même temps un premier message pour leur dire de ne point précipiter leur décision. Puis quelques temps après, toujours dans la même journée, il envoie Odilon Barrot avertir les députés qu'il faut absolument, avant de déférer le pouvoir à qui que ce soit, établir un programme de garanties et de réformes politiques. Les auteurs de la Révolution, c'est-à-dire le peuple et les républicains sont donc décidés à exiger pour le moins une mise en action de la souveraineté populaire ; voilà donc deux mouvements parallèles et très contraires, d'un côté les députés qui acceptent l'idée du duc d'Orléans et de l'autre le peuple et les auteurs de la Révolution qui réclament la souveraineté populaire.

Les députés se sont réunis à la Chambre à midi ; ils sont inquiets du mouvement qu'ils voient poindre dans Paris et la solution du duc d'Orléans leur apparaît comme un moyen de rétablir l'ordre et d'éviter la République. Ils nomment une commission de cinq députés qui sont acquis à l'idée de la lieutenance de Philippe d'Orléans, qu'ils envoient au Luxembourg s'entendre avec le Pairs de France, ceci vers 2 heures de l'après-midi. Les Pairs de France se montrent assez favorables ; rentrant à la Chambre, les cinq députés exagèrent encore les dispositions qu'ils ont reconnues chez les Pairs de sorte que par 47 voix contre 3, les députés décident d'offrir la lieutenance-générale au duc d'Orléans et pour répondre aux exigences que Lafayette vient de leur faire connaître ; ils déclarent que dans la prochaine session, les Chambres s'occuperont de donner des garanties contre l'arbitraire. « La réunion des députés actuellement à Paris a pensé qu'il était urgent de prier S.A.R. Le duc d'Orléans de se rendre dans la capitale pour y exercer les fonctions de lieutenant-général du royaume et de lui exprimer le vœu de conserver la cocarde tricolore. Elle a de plus senti la nécessité de s'occuper sans relâche d'assurer à la France dans la prochaine session des Chambres toutes les garanties indispensables pour la pleine et entière exécution de la Charte ». Les députés ne proclament pas le duc d'Orléans, ils le prient de venir à Paris pour exercer un pouvoir comme si ce pouvoir, il y avait droit par sa naissance. Cette proclamation a été rédigée par Sébastiani, signée par une quarantaine de députés. Lorsque la proclamation fut imprimée, Laffitte fit supprimer les signatures ; un si petit nombre produirait un effet piteux ; les Souvenirs de Bérard nous donnent les noms des signataires. Donc, le 30 juillet, dans l'après-midi, les députés décident de faire appel à Louis-Philippe et on envoie bien vite un messager à Neuilly pour lui dire d'arriver promptement à Paris et de donner sa décision. Vous voyez que les députés n'envisagent pas encore un changement de régime. Ils s'en tiennent à la Charte telle qu'elle est ; ils ne pensent qu'à des garanties pour empêcher les violations de la Charte.

Le duc d'Orléans est arrivé dans la nuit du 30 au 31, au Palais-Royal. Il a bien vite pris des informations. Il a fait venir Mortemart et lui a assuré qu'il ne voulait pas empiéter sur les droits de Charles X, qu'il était décidé à refuser toute espèce de pouvoir et lui remet même une lettre pour assurer le Roi de son dévouement (il la lui fera redemander plus tard). Mais le matin, arrivent au Palais-Royal les douze députés envoyés par leurs collègues pour offrir la lieutenance au duc d'Orléans. Pour décider Louis-Philippe, qui refuse d'abord, d'accepter ; il faut le mettre au courant du danger républicain qui a surgi dans la journée de la veille et dans la nuit ; il se décide alors ;il rédige séance tenante une proclamation au peuple, acceptant la lieutenance-générale peu près dans les termes de l'invitation des députés, mais termine par cette formule « Une charte sera désormais une vérité ». Voilà donc le duc d'Orléans qui a accepté la lieutenance-générale, mais la réaction populaire a persisté et s'est aggravée.

La colère soulevée par l'idée du duc d'Orléans était telle que Lafayette a été obligé, la veille au soir d'arrêter la publication de l'affiche des députés. Dans la soirée du 30, les républicains ont décidé de proclamer la République le 31 à midi. S'ils ne l'ont pas fait séance tenante, c'est qu'ils avaient besoin de quelque temps pour organiser le gouvernement provisoire et ils offrent cette présidence de la République à Lafayette. La décision portait donc sur Lafayette : il hésite, il se rend compte que les républicains ne sont pas nombreux, qu'ils sont une toute petite minorité même à Paris, que l'installation du régime républicain serait donc impossible. De plus, il est travaillé à l'idée du duc d'Orléans, depuis longtemps par Laffitte qui lui en a parlé antérieurement, dit-il dans ses Mémoires. Au dernier moment, dans la nuit, deux hommes politiques font effort sur lui : Charles de Rémusat et Odilon Barrot. Au petit jour, Lafayette se décide à faire adhésion à la lieutenance générale, à 6 heures environ du matin. La décision de Lafayette était la chose grave : du moment que Lafayette se détachait du parti républicain, la République était impossible. L'exaltation des républicains cependant était telle qu'ils pensaient agir sans lui, mais évidemment leur principal espoir avait disparu. Thiers réussit à les dissuader de proclamer la République comme s'ils en avaient eu l'intention, mais si cette réaction républicaine n'a pas eu de succès, elle va avoir au moins le résultat que la proclamation du duc d'Orléans ne sera que conditionnelle, qu'on va exiger des garanties, qu'on va développer les institutions libérales inscrites dans la Charte, chose que les députés n'avaient pas encore envisagées.

 

La Maison d'Orléans accède enfin au pouvoir.

Voilà donc la situation dans la matinée du 31. Le duc d'Orléans a accepté la lieutenance générale, mais le peuple et les républicains exigent au moins qu'on lui impose des garanties. Les députés se sont réunis en séance pour attendre la décision du duc ; son acceptation est reçue avec enthousiasme. C'était un soulagement, on échappait à l'anarchie. Mais ils sont tout de même obligés de tenir compte du mouvement populaire et d'incorporer à leur proclamation de la lieutenance-générale des garanties en faveur des réformes. La proclamation par laquelle les députés annoncent la lieutenance générale de Philippe d'Orléans est rédigée par Guizot. Elle donne la solution comme provisoire en attendant l'intervention régulière des Chambres et elle énumère les garanties qui devront être assurées par les lois : elle indique que les institutions devront recevoir un développement qui sera fait au plus tôt par les Chambres. Voici la liste : « Le rétablissement de la Garde nationale, avec l'intervention des gardes nationaux dans le choix des officiers ; l'intervention des citoyens dans la formation des administrations départementales et municipales ; le jury pour les délits de la presse ; la responsabilité légalement assurée des ministres et des agents secondaires de l'administration ; l'état des militaires légalement assuré ; la réélection des députés promus à des fonctions publiques ». Toutefois cette liste n'était pas limitative : « Nous donnerons enfin à nos institutions, de concert avec le chef de l'État, les développement dont elle a besoin ». Et elle terminait par ces mots « La Charte sera désormais une vérité » ; la Charte et non une Charte, c'est-à-dire la Charte de 1814, non une nouvelle constitution. On voit que le principe de l'élargissement du régime est posé dans cette proclamation, mais il est timide et il répudie le pouvoir constituant du peuple.

Le duc d'Orléans se rendait compte, mieux que les députés, combien cette origine de son pouvoir était insuffisante et qu'il fallait une acceptation populaire qui fut une justification. Il se rappelle la Révolution à laquelle il a assisté et qu'un pouvoir imposé au peuple n'a pas de chances de réussir. Il a senti qu'il lui fallait une consécration populaire. Dans la matinée, il fait prévenir Lafayette de l'intention qu'il a de se rendre à l'Hôtel-de-Ville, en plein cœur de l'insurrection ; Lafayette a accepté en ces termes où se retrouve la puissance des habitudes d'homme de cour : « s'il vient, nous le recevrons bien, mais ne m'annoncez pas sa venue car officiellement averti, la convenance m'obligerait à le prévenir et à me rendre moi-même au Palais -Royal ». Louis-Philippe va donc se rendre à l'Hôtel-de-Ville ; les députes qui viennent lui apporter sa proclamation et le féliciter vont l'accompagner dans cette expédition. Il part vers midi, à cheval, suivi des députés, suivi de Laffitte porté dans une chaise à cause de son entorse, le cortège terminé par Benjamin Constant également impotent. A l'origine, au départ du Palais-Royal, le duc est accueilli par des exclamations, mais à partir du Pont-Neuf, l'état d'esprit commence à changer : il se mêle des cris de « Vive la Liberté » et même de « Vive la République ». La place de l'Hôtel-de-Ville est noire de monde ; Louis-Philippe est plus ou moins mal accueilli il est reçu sur le perron de l'Hôtel-de-Ville par Lafayette et monte dans la grande salle où sont réunis la Commission municipale et une quantité considérable de gens. Là, il prononce un discours ; on lit la proclamation des députés ; les républicains l'apostrophent, en particulier le général Dubourg, le chef de l'insurrection qui lui dit d'un ton menaçant « Vous connaissez nos droits ; si vous les oubliez, nous saurons vous les rappeler ». Louis-Philippe proteste avec indignation contre une pareille accusation. Ce qui sauva la situation c'est l'initiative de LafFayette qui entraîne Louis-Philippe sur le balcon de l'Hôtel-de-Ville et de là on lit la proclamation des députés ; on agite un grand drapeau tricolore et Lafayette embrasse Louis-Philippe ; le peuple retourné acclama le duc d'Orléans. Louis-Philippe a reçu la consécration populaire qu'il cherchait et il rentre au Palais-Royal ayant à la fois la nomination des députés et l'acclamation populaire. Les républicains n'ont pu faire accepter leur déclaration : ils ont été devancés par l'initiative des députés et ils vont essayer de rattraper le plus possible ce qu'ils ont laissé échapper.

Dans l'après midi du 31, la Commission municipale a nommé des ministres, des « Commissaires provisoires » pris parmi les gens populaires connus pour leur initiative libérale : Dupont de l'Eure, le baron Louis, le général Gérard, Guizot. C'est insuffisant pour les républicains qui remettent à Lafayette, pour l'imposer à Louis-Philippe, une note, une énumération que l'on a appelée « le programme de l'Hôtel-de-Ville ». Ces revendications des républicains sont les suivantes

  • la souveraineté du peuple inscrite en tête de la constitution ;

  • la suppression de l'hérédité de la pairie ;

  • le renouvellement complet de la magistrature ;

  • l'élection des assemblées locales et des magistratures inférieures par un suffrage très large ;

  • enfin, que ce changement de régime soit soumis à une ratification populaire.

Voilà le programme que les républicains de l'Hôtel-de-Ville exigent que Lafayette aille présenter et imposer au duc d'Orléans. Lafayette se rend donc au Palais-Royal pour soumettre à Louis-Philippe ce programme. Louis-Philippe le reçoit admirablement, le noie de bonnes paroles ; ils évoquent ensemble leurs souvenirs d'Ancien Régime, de la Révolution ; ils échangent leurs idées politiques. Finalement, Louis-Philippe ne prend pas d'engagement formel, mais Lafayette a jugé qu'il était très bien disposé ; il lui a entendu prononcé cette formule « un trône entouré d'institutions républicaines ». Lafayette, se fiant à sa parole de gentilhomme revient donc à l'Hôtel-de-Ville et dit aux républicains que le duc d'Orléans partageait toutes leurs opinions. Les jeunes républicains rassurés, partent pour calmer l'insurrection. Dans la nuit, un petit groupe de ces républicains sera conduit par Thiers au Palais-Royal, verra Louis-Philippe, aura avec lui une longue conversation qui sera coupée d'incidents, Louis-Philippe leur montrant les dangers des révolutions et par là, de la Convention.

Ainsi, les députés, effrayés par le mouvement républicains, ont escamoté, en réalité, la Révolution ; ils ont dépossédé le peuple de ses pouvoirs mais ils ont été obligés de dépasser eux-mêmes leur propre programme, pour limiter en quelque sorte les dégâts. Ils ont réduit leurs concessions au minimum possible. La cause du succès des parlementaires sur l'émeute républicaine, c'est que les républicains étaient sans aucune expérience ; ils sont trop jeunes et trop peu nombreux et n'ont pas de chef. Godefroy Cavaignac répondra à Duvergier de Haurane qui le remerciait de s'être effacé devant Louis-Philippe : « Vous avez tort de nous remercier ; nous n'avons cédé que parce que nous n'étions pas en force ; plus tard, ce sera différent ». Au moins, ils ont obtenu un résultat, à savoir que la nouvelle monarchie devra offrir des garanties libérales que n'offrait pas la famille des Bourbons.

La nouvelle monarchie

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Catégorie : Histoire politique de la Restauration
Publié le Dimanche, 11 Décembre 2011 Écrit par Marius Reynier

La nouvelle monarchie

 

 

A la recherche de garanties constitutionnelles.

Le régime qu'on vient ainsi d'établir n'est encore que provisoire ; il faut se débarrasser de Charles X. Nous avons vu comment on l'a fait, par cette colonne parisienne qui l'a obligé à partir. Mais, dès ce jour, le lieutenant-général agit en roi et les Chambres agissent comme s'il n'y avait pas eu d'interruption dans leurs pouvoirs. Le gouvernement se reconstitue, échappant aux mains qui ont fait la Révolution. Le duc a composé un gouvernement ; il a nommé comme commissaires (il n'y a pas encore de ministres) ceux que la Commission municipale avait nommés : il n'a pas osé les déposséder. Cependant, il n'a pas nommé le titulaire aux Affaires étrangères parce qu'il ne voulait pas les laisser aux mains du député Bignon et il a transféré Guizot qui avait été désigné pour être commissaire à l'Instruction publique, à l'Intérieur, de manière à l'utiliser pour neutraliser la grande société Aide-toi, le Ciel t'aidera qui pouvait fournir un cadre à l'insurrection. De même, il a remplacé le préfet de police Bavoux par un député, Girod de l'Ain. Il est d'ailleurs entendu que ces commissaires ne feront qu'expédier les affaires courantes. Les affaires de l'État seront réservées à la décision du duc lui-même avec un comité intime de ses amis qui, d'ailleurs sont des gens non compromis dans la Révolution Dupin, Sébastiani, Casimir-Périer, duc de Broglie et Molé. Il compléta cette première organisation en nommant Pasquier Chancelier, c'est-à-dire président de la Chambre des Pairs. Il s'efforce de remettre en action les ressorts du gouvernement.

Les Chambres se réunissent le 3 août, c'est-à-dire à la date fixée par l'ordonnance de convocation de Charles X, avant les ordonnances de la fin de juillet, comme si rien d'anormal ne s'était passé, et elles se mettent à vérifier les pouvoirs, à valider les députés sortis de l'élection. Le duc d'Orléans ouvrit l'Assemblée avec une sorte de discours du trône, rédigé toujours par Guizot, grand rédacteur de cette nouvelle monarchie, et ce discours paraît nettement conservateur. La nomination du lieutenant-général y est présentée comme ayant été une barrière contre l'anarchie : le duc énumère les garanties qu'on va donner à la France, sans tenir compte du programme de l'Hôtel-de-Ville. Enfin, il énonce une politique de paix au dehors et de stabilité du gouvernement au dedans. Le gouvernement nouveau s'établit sur une base conservatrice, aussi près que possible, en quelque sorte, de l'ancienne monarchie.

Pourtant, ces garanties qui viennent d'être énumérées et qui ne sont pas encore effectives, paraissent assez peu de choses, à la fois aux républicains, à l'Hôtel-de-Ville, et aussi à un certain nombre de députés de gauche. L'Hôtel-de-Ville est resté le centre de ralliement des républicains. Les jeunes gens, exaltés, tournent, pendant ces différents jours, autour de la Chambre, arrêtant les députés qu'ils connaissent, ou Guizot, ou Rémusat, Thiers pour leur demander instamment des réformes ; ils soutiennent que la Chambre du double vote n'a pas le droit de faire des modifications à la Charte et qu'il faut faire appel à une nouvelle Chambre. Ces jeunes gens sont des étudiants, des journalistes, des avocats comme Godefroy Cavaignac, Trélat. Ils sont particulièrement acharnés contre la Chambre des Pairs et l'hérédité de la pairie. Le 6 août, pendant que la Chambre continuait son travail, l'un d'eux vient remettre à Guizot, au nom de ses camarades, un programme en forme d'ultimatum : il exige une reconstitution républicaine avec forme royale et déclaration des droits, la répudiation formelle des hommes et des choses de la Restauration, que la Constitution soit soumise dans les six mois à la ratification populaire enfin, qu'on marche sur le Rhin, qu'on s'empare de la rive gauche moyennant quoi ils promettent de se rallier à Louis-Philippe. En même temps, 3 000 jeunes gens qui sont rassemblés place de l'Odéon signent une Adresse déniant à la Chambre tout pouvoir constituant et réclamant des assemblées primaires. Ils étaient prêts à prendre les armes et à descendre sur le Palais Bourbon. Il fallut toute une négociation entre eux et Lafayette pour abandonner ce funeste dessein. Pour les calmer, il fallut leur promettre qu'on sacrifierait l'hérédité de la pairie.

Un mouvement en faveur de la révision de la Charte s'était également formé dans l'esprit parlementaire. Les journaux de gauche et même d'autres, le Temps, le Globe, le Courrier français réclamaient une révision de la Charte. Le mouvement gagnait la bourgeoisie. Le tribunal de commerce posait la même demande. Chez les députés, la même idée se faisait jour dans le centre gauche. Le discours du lieutenant-général avait fait assez mauvaise impression parce que trop conservateur. Chez Laffitte, dans la soirée du 3 août, il y avait une réunion : les députés eurent l'idée qu'il fallait poser des conditions à Louis-Philippe avant de lui offrir la couronne et le député qui avait émis cette idée, Bérard, rédige dans la nuit une liste de ces réformes, de ces conditions qu'il y a lieu d'imposer au lieutenant-général avant de lui offrir la couronne. Il ajoute aux conditions qui avaient été émises dans les proclamations, l'initiative législative donnée aux Chambres, un élargissement du suffrage par l'abaissement de l'âge électoral et l'abaissement de cens, la suppression des troupes étrangères du bataillon suisse et la reconstitution totale de la pairie. Dupont de l'Eure que connaît beaucoup Bérard se fait l'intermédiaire entre lui et le ministère pour y porter ses exigences. L'idée de Bérard était de faire simplement une proclamation accompagnée de promesses, des engagements ainsi indiqués, mais le gouvernement craint de voir s'élargir ce programme de révision et il s'empare de l'idée pour pouvoir la canaliser. Au Conseil des Ministres, Louis-Philippe décide qu'au lieu d'une proclamation, il faut faire une révision de la Charte et incorporer dans la Charte les garanties nouvelles. Le gouvernement se saisit de l'affaire et nomme une commission pour préparer cette révision : Broglie et Guizot sont chargés de faire la rédaction ; faite par le gouvernement, la révision pourra être réduite au minimum. Le Conseil discuta les projets rédigés par Broglie ; Bérard eut la stupeur et la déception d'attendre indéfiniment qu'on le convoque pour discuter sur sa propre proposition ; on ne lui remit le travail complètement rédigé qu'à 9 heures le 6 août, alors qu'on devait le présenter à la Chambre à midi. Il avait été nécessaire, en effet, de négocier avec Lafayette qui leur a paru beaucoup plus exigeant qu'ils ne l'avaient espéré. C'est donc le 6 que la Chambre va se trouver en présence d'un programme de révision de la Charte qui représente la dernière étape de la formation de la nouvelle monarchie.

 

La nouvelle Charte et les nouvelles garanties

Ce projet gouvernemental fut donc présenté à la Chambre le 6 août et il fut examiné par une commission formée par la Commission de l'Adresse à laquelle on avait ajouté 8 membres, donc une commission de 17 députés. Le rapport fut fait le soir même par Dupin. La commission acceptait a peu près exactement le projet gouvernemental, sauf quelques modifications. Par exemple, elle décidait, « non pas de constater la vacance du trône comme un fait, mais de la déclarer comme un droit résultant de la violation de la Charte et de la légitime résistance apportée par le peuple à cette violation », de supprimer le préambule, « non parce qu'il est inutile, mais parce qu'il blesse la dignité des citoyens en paraissant octroyer des droits qui leur appartiennent essentiellement ». Pour la Chambre des Pairs, qui était la grande question en discussion, le rapport de Dupin constatait que les plus ardents amis de la liberté sont divisés sur la question et qu'il faut éviter le retour des abus qui ont gravement altéré le principe de la pairie. Il concluait donc qu'il faudrait réexaminer l'affaire plus tard.

La discussion fut extrêmement rapide, dans la nuit et dans la journée du lendemain, précipitée en réalité parce qu'au dehors s'opérait ce mouvement républicain des jeunes gens que j'indiquais la dernière fois, qui menaçait même de marcher sur la Chambre. Au total, la Chambre comprenait 430 députés officiellement ; il n'y en avait que 252 de présents et le projet de Charte révisé fut voté par 219 voix contre 33 opposants. Un amendement qui avait été proposé par le député de gauche, de Corcelles, demandait l'inscription à la suite de la Constitution, « sauf acceptation par le peuple », c'est-à-dire la Constitution révisée soumise à manière de plébiscite, fut rejetée par la Chambre à une très grosse majorité. Le projet passa ensuite à la Chambre des Pairs où il fut voté par 89 voix contre 10 opposants et 15 abstentions ou votes blancs, c'est-à-dire qu'il y avait au total 114 Pairs présents à la Chambre sur 365. Ainsi, la révision de la Charte est opérée par 252 députés et 114 pairs, c'est-à-dire une petite minorité de représentants. La Chambre des Pairs vota le projet révisé tel que la Chambre des Députés l'avait adopté en ajoutant une réserve : la Chambre des Pairs ne peut délibérer sur la déclaration conçue en ces termes « Toutes les nominations et créations nouvelles de pairs faites sous le règne de Charles X sont déclarées nulles et non avenues. Elle déclare s'en rapporter sur ce sujet à la Haute prudence du Prince lieutenant-général ». Elle ne pouvait pas retirer par un vote la qualité de pair. Voilà comment s'est faite la révision de la Charte.

Quelles modifications a-t-elle apportées en définitive à la Constitution ? D'abord le préambule qui était la justification historique et politique de la Charte était supprimé parce que, comme nous l'avons vu, on lui reprochait d'octroyer une Constitution, de faire une simple concession royale de la Constitution. L'article 6 qui était relatif à la religion, qui a donné la religion catholique comme religion d'État, est transformé. On supprime ce principe de la religion de l'État et on ajoute à l'article suivant qui concernait les cultes, simplement cette formule : « Les ministres de la religion catholique et apostolique romaine professée par la majorité des Français ». Au lieu que le catholicisme soit proclamé comme religion de l'État, on constatait le fait que le catholicisme était la religion de la majorité des Français comme le constatait jadis le Concordat.

Une autre question en discussion tout le long de la Restauration était celle de la presse. La nouvelle Charte inscrivait des garanties pour la presse en ajoutant à l'article relatif aux publications, simplement cette formule : « Les Français ont le droit de publier, de faire imprimer leurs opinions en se conformant aux lois ». Et, par conséquent, cette formule très simple remplaçait celle de la première Charte, en se conformant aux lois « qui doivent réprimer les abus de cette liberté ». On supprimait par conséquent la possibilité d'abus de la liberté de la presse et on ajoutait encore une nouvelle garantie : « La censure ne pourra jamais être rétablie ».

Le fameux article 14 dont Charles X s'était servi pour faire des ordonnances de juillet était dégagé de sa nocivité par l'adjonction de ces mots : « Sans pouvoir jamais ni suspendre les lois elles-mêmes, ni dispenser de leur exécution ». Les ordonnances ne seront que des mesures d'application et ne peuvent pas se substituer à la législation. On ajoutait un article qui supprimait les troupes étrangères : « Toutefois aucune troupe étrangère ne pourra être mise au service de l'État en vertu d'une loi », c'est-à-dire que le contingent suisse qui était au service des rois de France depuis la paix perpétuelle de 1516 disparaissait.

Les articles au pouvoir des Chambres, 16 et 17, donnaient aux deux Chambres l'initiative parlementaire : « La proclamation des lois appartient au roi, à la Chambre des Pairs et à la Chambre des Députés ». C'est donc, pour tous les représentants, le droit de proposer une loi, alors que sous la Restauration, la loi ne peut émaner que de la volonté du gouvernement. L'article relatif à la Chambre des Pairs (article 32) était modifié en ceci que maintenant les séances de la Chambre des Pairs sont publiques alors qu'elles étaient secrètes. On supprime le renouvellement partiel de la Chambre des Députés : on maintient par conséquent le principe du renouvellement intégral que Villèle avait, en donnant une entorse à la Charte, fait voter en 1824. L'article relatif aux conditions des élections était modifié par l'abaissement de l'âge nécessaire pour être électeur et pour être député. « Aucun député ne pourra être admis à la Chambre s'il n'est âgé de trente ans ». « Nul n'est électeur s'il a moins de vingt-cinq ans d'âge ». Les présidents des collèges électoraux seront nommés par les collèges eux-mêmes et le président de la Chambre aussi sera élu. Par conséquent, le gouvernement renonce à la direction des opérations électorales dans les collèges et rend à la Chambre des Députés son autonomie par la possibilité d'élire son président et de faire son règlement. Voilà les modifications opérées dans la Charte ancienne.

Mais on ajouta à cette Charte ancienne quelques articles répondant aux conditions nouvelles. Article 65 : « La présente Charte et tous les droits qu'elle consacre demeurent confiés au patriotisme et au courage des gardes nationales et de tous les citoyens français ». La Charte est donc mise sous la garantie de cette institution bourgeoise qui va caractériser la Monarchie de Juillet, la Garde nationale, laquelle va être ouverte, non seulement à tous les électeurs, mais à toux ceux qui peuvent payer leur équipement. L'article 67 rétablissait le drapeau tricolore : « La France reprend ses couleurs ; à l'avenir, il ne sera plus porté d'autres cocardes que la cocarde tricolore ». Puis suivaient trois articles de dispositions particulières : toutes les nominations et créations de Pairs qui avaient été faites sous Charles X sont supprimées. Il y a là un fait, en réalité, purement arbitraire. Charles X en nommant des Pairs avait usé de ses droits constitutionnels et si on reprochait à Charles X d'avoir fait les fournées de Pairs pour changer la majorité, c'est Decazes qui en avait donné l'exemple pendant les ministères constitutionnels. C'est une mesure purement politique et qui n'a pas de justification en droit ou en équité. On ajoutait que l'article 23 de la Charte, c'est-à-dire l'article qui établissait l'hérédité de la pairie serait soumis à un nouvel examen dans la session des Chambres de 1831. C'est sur ce compromis que s'était établi dans la nuit l'accord avec Lafayette qui, au nom des républicains, exigeait la suppression de l'hérédité de la pairie et le gouvernement qui désirait la maintenir.

Un article 69 énumérait une série de lois qui devront être faites dans le plus court délai et qui sont chargées de donner aux Français de nouvelles libertés. Voici quelles sont les garanties nouvelles que la France acquerra en dehors de celles de la Charte :

  • Le jury définitivement appliqué à tous les délits de presse et à tous les délits politiques. Sous la Monarchie de Juillet, c'est toujours en Cour d'Assises que seront déférés soit les journalistes, soit les membres des sociétés secrètes par exemple, sauf naturellement le crime de Haute Trahison ou de conspiration contre l'État qui reste justiciable de la Cour des Pairs.

  • Une loi établissant la responsabilité des ministres et des autres agents du pouvoir – cette responsabilité n'étant pas autrement définie et on est toujours dans l'équivoque de savoir s'il s'agit de la responsabilité criminelle des ministres ou de la responsabilité politique.

  • La réélection des députés pourvus à des fonctions publiques, ce qui avait pour objet d'empêcher cette corruption des députés fonctionnaires qu'on avait reproché à Villèle.

  • Le vote annuel du contingent militaire et l'organisation de la Garde nationale qui mettait, par conséquent, sous le contrôle des Chambres, par le vote annuel du budget militaire, la fixation annuelle des contingents.

  • Une réforme administrative qui organiserait l'élection des conseils départementaux et municipaux.

  • Puis, une liberté qui n'a pas, en réalité, passé dans les faits, la liberté de l'enseignement.

  • Enfin, de même que l'hérédité de la paierie devra être discutée, on se rend compte que le simple abaissement de l'âge électoral ou d'éligibilité n'est qu'une réforme médiocre ; on décide que le double vote est aboli et qu'une loi électorale nouvelle fixera les conditions d'électorat et d'éligibilité. C'est l'amorce d'une loi abaissant le cens électoral

  • Pour finir, toutes les lois et ordonnances contraires à la nouvelle Charte étaient abolies.

Ce qui a gagné l'opposition à cette révision, ce qui a fait accepter par les partis de gauche la révision ainsi opérée, c'est la remise en question des conditions de suffrage, l'organisation de la pairie et l'initiative parlementaire. Ce sont là les trois conditions politiques que la gauche a imposées à la majorité des députés. On voit que les modifications qui ont été faites au régime politique ne touchent pas au fond même la Constitution. Elles consistent, en réalité, en des garanties nouvelles qui ont été prises contre l'arbitraire, mais non pas dans un changement du principe lui-même du gouvernement. En somme, le fond du gouvernement est changé en ce sens qu'on a appelé un nouveau roi au trône, par conséquent qu'il ne sera plus possible de parler de droit divin et de souveraineté royale, mais le principe de la souveraineté nationale qui triomphe, de fait, dans la constitution, n'est pas reconnu dans la constitution nouvelle.

Dans cette modification faite par les députés est si faible au total pour être le produit d'une Révolution ; le duc d'Orléans s'est montré d'une façon générale plus libéral que les députés eux-mêmes. C'est lui qui a proposé le principe même de la révision. Les députés n'envisageaient qu'une proclamation. La révision donnait aux Français des garanties beaucoup plus considérables parce qu'elle les inscrivait dans la Constitution. De même, pour la pairie, le duc d'Orléans représentait des idées plus ouvertes. Pasquier qui avait été nommé Chancelier et par conséquent, présidait la Chambre des Pairs, raconte qu'il a été trouvé le lieutenant-général le 6 août, au début de l'après-midi, le jour même où on discutait aux Chambres la révision pour l'interroger sur la question de la pairie. Le duc d'Orléans lui répond « On s'occupe d'elle en ce moment ; il y a un grand parti à prendre à son sujet ; il faut absolument abandonner l'hérédité, elle est impossible à soutenir ». Le duc d'Orléans prenait sur ce point une position très nette ; il était plus avancé que les députés qui cherchaient à sauver l'hérédité de la pairie.

A cette révision, la droite qu'on appellera maintenant « légitimiste », les partisans des Bourbons, n'ont guère fait d'objection. La cause de Charles X était indéfendable et il n'y eut que deux manifestations des partisans des Bourbons, à la Chambre des Députés, une déclaration d'Hyde de Neuville et à la Chambre des Pairs une déclaration de Chateaubriand qui proclamaient leur fidélité à l'ancienne monarchie tout en reconnaissant d'ailleurs que la monarchie elle-même s'était perdue.

 

Une nouvelle dynastie

La légitimité du nouveau roi ne fut contestée à peu près par personne. Le 8 août, on décida de donner au nouveau souverain le nom de « Roi des Français » comme on l'avait fait dans la Constitution de 1791 pour Louis XVI et on décida également du nom qu'il prendrait. Il s'appelait Philippe et son nom normal aurait du être celui-ci, mais avec quel numéro ? Le numéro 7, c'est-à-dire qu'en s'appelant Philippe VII, le duc d'Orléans prolongeait et continuait la lignée des rois de France de la dynastie capétienne. On voulut briser, puisque le roi était proclamé par la Révolution, cette lignée et on décida que le roi s'appellerait Louis-Philippe Ier.

Tout étant réglé, c'est le 9 août que l'on fit la proclamation du roi. La cérémonie eut lieu aux Chambres. On commença par donner lecture des déclarations de la Chambre des Députés du 7 août 1830. « La Chambre des Députés prenant en considération l'impérieuse nécessité qui résulte des événements des 26, 27, 28 et 29 juillet et jours suivants, et de la situation générale où la France s'est trouvé placée à la suite de la violation de la Charte constitutionnelle ; considérant en outre que, par suite de cette violation et de la résistance héroïque des habitants de Paris, S.M. Charles X, S.A.R. Louis-Antoine, dauphin, et tous les membres de la branche aînée de la maison royale sortent en ce moment du territoire français, déclare que le trône est vacant, en fait et en droit, et qu'il est indispensable d'y pourvoir ». Elle déclare ensuite que « selon le vœu et dans l'intérêt du peuple français, le préambule de la Charte constitutionnelle est supprimé comme blessant la dignité nationale en paraissant octroyer aux Français des droits qui leur appartiennent essentiellement ». Elle énumère ensuite les modifications apportées dans la Charte. « Moyennant l'acceptation de ces dispositions et propositions, la Chambre des Députés déclare enfin que l'intérêt universel et pressant du peuple français appelle au trône S.A.R. Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans... En conséquence, S.A.R. Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, lieutenant-général du royaume sera invité à accepter et à jurer les clauses et engagements ci-dessus énoncés, l'observation de la Charte constitutionnelle et des modifications indiquées et, après l'avoir fait devant les Chambres assemblées, prendre le titre de Roi des Français ».

Après la lecture de cette déclaration, Louis-Philippe d'Orléans accepta le trône qu'on lui offrait et dans les conditions qu'on lui offrait par un petit discours, après quoi, il est admis à prêter serment : « En présence de Dieu, je jure d'observer fidèlement la Charte constitutionnelle avec les modifications exprimées et selon les lois, de faire rendre bonne et exacte justice selon son droit et d'agir à toutes choses dans la seule vue de l'intérêt des Français ». Après le serment, le nouveau roi quitta la chaise au pied de l'estrade sur laquelle il était assis et monta sur le trône où les ornements royaux lui furent remis par quatre maréchaux de Napoléon. Le 14 août, la Charte fut promulguée solennellement au Moniteur et affichée en province par les municipalités.

 

Les Trois Glorieuses

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Catégorie : Histoire politique de la Restauration
Publié le Dimanche, 11 Décembre 2011 Écrit par Marius Reynier

Les Trois Glorieuses

 

 

Le lundi 26 juillet : la protestation contre les ordonnances.

La publication des ordonnances transformait la situation politique, le coup d'État fait passer le conflit du terrain parlementaire où il était, entre le Ministère et la Chambre, sur le terrain populaire et provoque l'entrée en scène du peuple. La publication des ordonnances eut lieu le lundi 26 juillet ; le Moniteur parut en retard ce jour-là parce que c'est seulement après minuit qu'on avait donné le texte à imprimer ; il ne parut que vers 11 heures du matin.

Dans tous les milieux politiques, les ordonnances produisirent une véritable consternation. Seulement le monde politique se trouvait encore à cette époque très dispersé : la plupart des députés étaient en province où ils faisaient campagne électorale, et même la plupart des grands chefs, par exemple, de la gauche ne sont pas à Paris. Lafayette, Laffitte n'arriveront que le lendemain ou deux jours après. De telle sorte qu'il ne peut pas y avoir, dès la publication des ordonnances, une organisation de résistance faite par les députés. Il y eut bien deux essais de réunion, mais les députés allaient se chercher les uns chez les autres sans se trouver ; ils finissent cependant par se rassembler chez Périer dans l'après-midi et aussi chez Alexandre de Laborde à la fin de la journée ; seulement, comme ils sont peu nombreux, une quinzaine, ils ne peuvent prendre aucune décision : ils décident de tenir une réunion plus importante le lendemain à 3 heures, chez Casimir Périer. Ce n'est donc pas du côté des parlementaires que peut venir la première résistance au ordonnances.

Mais elle vint des gens qui étaient directement intéressés par ces ordonnances, c'est-à-dire les journalistes. Ils étaient immédiatement atteints, puisque l'ordonnance sur la presse exigeait l'autorisation préalable pour la publication de tout article et d'une façon générale de toute publication. Il s'agissait donc pour eux de décider s'ils voulaient paraître le lendemain ou se soumettre à l'autorisation. Après avoir consulté certains avocats, dont quelques uns comme Dupin n'osèrent pas donner leur avis, ils se réunissent au bureau du National et là, après une assez longue discussion, ils décident de paraître malgré les interdictions, sans tenir compte de l'ordonnance sur la presse et d'élever contre cette ordonnance une protestation. Cette dernière est rédigée par trois d'entre eux : Chatelin, Thiers et Cauchois-Lemaire. Cette protestation comportait en quelque sorte deux parties : la protestation des journalistes eux-mêmes contre l'ordonnance, appuyée et justifiées par des textes et des arguments probants et, d'autre part une sorte d'appel aux parlementaires pour organiser la résistance. La question de la signature se posa aussitôt après la rédaction. Certains voulaient indiquer seulement « suivent les signatures des gérants et des rédacteurs », mais Thiers déclara que, dans une telle initiative, il faut prendre ses responsabilités, « il fallait des têtes au bas de ce papier » et 44 signèrent au nom de la rédaction de leur journal.

La nouvelle se répandit peu à peu dans la journée à Paris et naturellement dans le milieu de la bourgeoisie intéressée aux questions politiques ; des réunions d'électeurs commencent à se tenir dans l'après-midi au bureau du National, et ces électeurs réunis discutent le refus de l'impôt, forme de résistance qui avait été envisagée dès le début du conflit. Il y a quelques attroupements populaires à la Bourse, au Palais-Royal, où on se réunit instinctivement à cette époque-là. Polignac, à la fin de l'après-midi, au début de la soirée, se rend au ministère, et la foule qui le rencontre jette des pierres sur sa voiture. Mais, jusque-là il n'y a pas grand chose, à part la protestation des journalistes. La réaction populaire n'a pas encore commencé. C'est dans la journée du 27 que l'on va passer de la protestation à la résistance.

Le 27 juillet : les débuts d'un double mouvement protestataire.

Le matin, les journaux paraissent avec, en en-tête, la protestation des journalistes ; ils paraissent, malgré l'interdiction du préfet de police. Les rédacteurs des journaux et les gérants ont posé immédiatement la question aux tribunaux et le tribunal civil, présidé par Debelleyme donne raison au directeur du Journal du Commerce contre l'imprimeur qui s'était refusé à composer le journal, par conséquent constate l'illégalité de l'ordonnance et enjoint à l'imprimeur de faire composer. De même, le tribunal du Commerce présidé par Ganneron donne raison au gérant du Courrier français contre son imprimeur et oblige celui-ci à faire son métier. Les journaux ont fait imprimer alors en grand tirage des placards contenant leur protestation et ces placards, ce sont les étudiants et des jeunes gens qui se répandent dans la ville, les distribuant pour annoncer à la population, la résistance. Au début de l'après-midi, les autorités de police se rendent dans les imprimeries, conformément à l'ordonnance, pour faire exécuter l'ordre du préfet de police : briser les presses, saisir les caractères, mettre en somme, l'imprimeur dans l'impossibilité de travailler. Il y a dans les imprimeries des scènes de violence, en particulier dans l'imprimerie du Temps où le rédacteur en chef Baude refuse de laisser les policiers s'approcher des presses ; la porte a été fermée ; le serrurier requis par le commissaire de police, mais interpellé par le rédacteur n'ose pas ouvrir la porte ; la discussion dure pendant plusieurs heures. Enfin, on va chercher un serrurier de la prison pour faire ouvrir la porte et alors on brise les caractères. A la suite de cette résistance des journalistes, le procureur décerne 47 mandats d'arrêt contre les signataires de la protestation des journalistes, mais comme il n'a pas les adresses de ces journalistes, il va falloir les chercher ; on n'aura pas eu le temps de faire exécuter les mandats d'arrêt, car la Révolution aura éclaté dans l'intervalle.

Dans la matinée a commencé le mouvement populaire qui va s'augmenter pendant la nuit ; il va être alimenté par la fermeture des ateliers et des usines faite par les commerçants et les industriels libéraux qui vont fournir ainsi, en fermant les portes de leurs maisons, de la main d'œuvre, en quelque sorte, à l'émeute, ainsi de Schonen ou Audry de Puyravault entrepreneur de transport qui mit les ouvriers à la rue pour les inciter à aller manifester. Ce sont les jeunes membres de la société républicaine que nous avons vu se former à la fin de 1829 et début 1830 qui vont organiser cette émeute populaire. Dès le 27, ils se sont rassemblés et vont se partager la besogne. Morrhéry va parcourir le faubourg Saint-Germain pour ameuter les ouvriers, Sampoil la région de la Bourse, Danton le faubourg Montmartre. Et c'est grâce à leurs incitations qu'à la fin de la journée, on va assister au premier rassemblement révolutionnaire des ouvriers du faubourg Saint-Marceau qui, conduite par un de ce étudiants, Vimal, descendra jusqu'au pont Saint-Michel, mais se heurtera à la troupe. Ce sont ces jeunes républicains qui vont le lendemain matin employer les deux éléments qui vont généraliser l'insurrection dans Paris ; ils vont arborer le drapeau tricolore et faire sonner le tocsin à Notre-Dame pour appeler le peuple à l'émeute, comme en 1793. Donc, dans la journée du 27 commencent les descentes d'ouvriers vers le centre de Paris, allant aux informations surtout ; ils montrent plus de curiosité et plus d'inquiétude à l'origine que de menace ; l'irritation du peuple va commencer lorsqu'on apprendra la nomination de Marmont comme commandant des troupes, car il porte pour Paris le poids de sa trahison en 1814. A ce peuple qui s'attroupe petit à petit, on distribue la protestation des journalistes et l'appel à la résistance. C'est au Palais-Royal que se font ces attroupements. Le Palais est violemment dégagé par la gendarmerie ; il y a déjà des collisions ; c'est vers 3 heures que l'on signale le premier coup de feu et un homme est tué rue Saint-Honoré dans les charges de police.

De l'autre coté, coté gouvernemental, à midi, Marmont a reçu le commandement des troupes. C'était son trimestre de service comme commandant de la Garde Royale, c'est donc lui qui est désigné par le gouvernement. D'ailleurs il paraît que le général de Bourmont, au moment de partir pour Alger, avait déclaré à Polignac qu'en cas de difficultés Marmont était le seul homme qui eût les talents nécessaires pour remplir cette tâche. Il a donc reçu son commandement des troupes à midi et vient installer à une heure son quartier général au Carrousel. Il donne l'ordre aux troupes d'occuper les points stratégiques de la capitale, c'est-à-dire le Carrousel, les Boulevards, en particulier les portes St-Denis et St-Martin, la Bastille, la place Louis XV, la place Vendôme, le Pont-Neuf qui est le grand débouché sur la rive gauche. Il faut le temps, d'ailleurs de rassembler les troupes ; ce n'est qu'à la fin de l'après midi que le mouvement peut commencer et les troupes vont occuper les emplacements désignés. Elles le font en général, sans grande difficulté ; il n'y a là, en effet, que de la foule qui n'est pas armée ; quelques résistances seulement exigent des charges de cavalerie, notamment autour de la Bourse. On voit même, c'est le début, deux barricades, qui ont été élevées à l'entrée de la rue de l'Echelle et de la rue de Rivoli. Mais il n'y a là rien de sérieux comme collision, à 9 heures du soir, tout est terminé. Paris est redevenu calme et les troupes rentrent dans leur cantonnement à 10 heures ½

Pour faciliter les opérations possibles de Marmont, le Conseil des Ministres a décidé à 4 heures d'établir l'état de siège qui donnera à l'autorité militaire la responsabilité de l'ordre. Ce n'est d'ailleurs que le lendemain qu'une notification des pouvoirs sera faite à Marmont, car le soir tout paraît tranquille et on ne juge pas nécessaire de la publier.

Pendant ce temps, à 3 heures, se réunissent les députés, conformément au rendez-vous qu'ils se sont donnés la veille chez Casimir Périer, mais en général, ces députés sont fort timides ; ils veulent rester dans les formes strictement légales ; ils refusent d'accepter les offres des étudiants ou des électeurs qui leur demandent de se mettre à leur tête pour conduire la résistance au gouvernement. Ils décident seulement une protestation contre les ordonnances analogue à celle qu'ont faite les journaliste. Dupin propose des protestations individuelles, ce qui serait évidemment bien inopérant ; Villemain propose une lettre au Roi ; Bérard, un député que nous reverrons pendant ces journées, demande une protestation collective contre l'illégalité des ordonnances et Guizot est chargé de rédiger cette protestation. Ils se séparent vers 5 heures. Au moment où Périer reconduit quelques uns de ces députés, Guizot en particulier, au haut de l'escalier, ils trouvent Thiers et deux jeunes gens, Chevallier et Hippolyte Bonnelier qui viennent demander aux députés de se mettre à leur tête. « MM. Périer et Guizot n'eurent qu'une voix : Pourquoi vous presser ? Attendez le 3 août. - Avec vous ou sans vous m'écriai-je – Mais malheureux jeune homme, me répliqua vivement M. Guizot, où voulez-cous nous mener ? - A l'insurrection ! Répondit Chevalier ». Voici que s'accuse la divergence entre la réaction populaire et les députés. Les députés se réuniront le lendemain pour adopter un texte que Guizot est charger de préparer.

Les électeurs présentaient un élément de résistance plus actif, à la fin de l'après-midi, un groupe d'électeurs, réunis chez Cadet-Gassincourt nomme 12 comités d'arrondissements pour organiser la résistance à l'impôt.

Nous voyons donc se dessiner dans la journée du 27 un double mouvement : résistance sur le terrain légal par les journalistes, députés et électeurs et déjà, par ailleurs, des interventions spontanées et violentes de la part du populaire, mais ces tentatives sont encore sans organisation et sans lien.

 

Le 28 juillet : les députés ne sont pas encore à l'unisson avec le peuple.

C'est dans la nuit du 27 au 28 que se manifeste pour la première fois une pensée révolutionnaire et anti-dynastique ; dans la nuit, le mot d'ordre de soulèvement lancé par les jeunes républicains va fomenter l'insurrection. Il s'agit d'armer le peuple ; on pille les boutiques d'armuriers, et Augustin Fabre, qui est le principal chef de ces républicains, fait donner le mot d'ordre de dépaver les rues, de manière à arrêter les charges de cavalerie, et de briser les réverbères pour conduire la lutte dans l'obscurité si elle se prolonge dans la nuit. Déjà, sous l'influence de ces jeunes gens, on commence à crier « A bas les Bourbons ». Au petit-jour, c'est-à-dire à 5 heures, les ouvriers, le peuple commencent à descendre des quartiers de l'Est, Faubourgs St-Marceau et St-Antoine, vers le centre de Paris. Les corps de garde de ces quartiers sont rapidement enlevés ; les cordes des réverbères coupées, les insignes royaux arrachés, soit sur les boutiques, soit sur les panonceaux des maisons. Ce peuple insurgé fait de véritables opérations de guerre : il s'empare de l'Arsenal, de la poudrerie de la Salpetrière, de la Manutention qui se trouvaient dans ces quartiers de l'Est. La prise de la poudrière est, en particulier, très importante, c'est elle qui va fournir du ravitaillement à toute l'émeute pendant trois jours ; on organisera alors pour le ravitaillement en munitions des dépôts de poudres et des fabrications de cartouches en quelques points de la ville : place Maubert, cour des Gobelins, place de l'Odéon, passage Dauphine, sur la rive gauche, comme on peut le remarquer, restée longtemps sans combat.

Puis, de ces points, le peuple continue son mouvement vers le centre, s'empare de l'Hôtel de Ville et de Notre-Dame qui sont enlevés dans le courant de la matinée et où les républicains arborent le drapeau tricolore. Dans cette même matinée, les polytechniciens forcent la porte de l’École et se joignent au peuple, vont encadrer les ouvriers. Les gardes nationaux de même se joignent au peuple. Voilà l'armée populaire en marche et déjà préparée.

Marmont a fait reprendre les emplacements de la veille par les troupes et demande des ordres au gouvernement. A 10 heures, il reçoit l'ordonnance de l'état de siège : on raconte qu'il se fait apporter un code militaire pour savoir de quels pouvoirs il dispose désormais. Il établit son plan de campagne : il a une dizaine de mille hommes seulement, très peu de canons, une douzaine qu'il a fait prendre à Vincennes. Le plan de Marmont est de former quatre colonnes qui vont déblayer la ville par les grandes artères et s'établir aux grands points qui commandent toute la ville d'où elles communiqueront ensemble. Une de ces troupes va monter par la rue de Richelieu aux boulevards et parcourir les boulevards jusqu'à la Bastille en laissant une sorte de garnison aux portes St-Martin et St-Denis et un fort corps de troupe à la Bastille. Une seconde colonne va aller occuper l'Hôtel-de-Ville, en passant par la Cité et le Pont-au-Change. Une troisième colonne est chargée de parcourir la rue Saint-Honoré et de s'établir au marché des Saints-Innocents et la quatrième enfin, allant vers le nord-ouest d'occuper la place Vendôme et la place des Victoires et de pousser jusqu'à la Madeleine. Ainsi, quelques grandes positions tiendront Paris et couvriront le quartier général et le Louvre ; du côté de l'ouest, la place Vendôme et la place des Victoires ; du coté du nord, les portes St-Denis et St-Martin ; du côté de l'est le marché des Saints-Innocents, la Bastille. Si ces colonnes peuvent communiquer ensemble, la ville se trouve enserrée par les troupes. Les troupes réussissent, en effet, à exécuter les ordres donnés ; elles parviennent à leur objectif, mais avec de très durs combats : l'Hôtel-de-Ville est repris vers 5 heures sur les insurgés, mais le peuple a trouvé, pour parer à l'avance des troupes, une tactique efficace. Les routes étant étroites et obstruées par des barricades, les troupes sont obligées de les enlever, tandis que les hommes derrière les barricades combattent avec le fusil et que la population qui prend part toute entière à l'insurrection jette sur les troupes des pavés, des pierres, des meubles, tout ce qui est à leur portée. D'ailleurs, ceci n'est pas très efficace ; l'inspecteur général du Service de Santé de l'armée constatera qu'il y a très peu de gens blessés par ces projectiles, mais qu'ils le sont presque tous par des coups de feu. Mais derrière la troupe qui a passé, le peuple reforme des barricades, de telle sorte que les communications entre les armées s'établissent difficilement ; en particulier, les troupes qui sont installées à la Bastille s'y trouvent bloquées, assiégées en quelque sorte. Les combats les plus violents ont eu lieu sur la place de Grève (devant l'Hôtel-de-Ville), au marché des Saints-Innocents, aux deux portes des Boulevards et à l'entrée du faubourg Saint-Antoine où les troupes n'ont pas pu pénétrer et sont restées bloquées sur la place. De telle sorte que le plan stratégique de Marmont s'est bien exécuté, mais en fait, il est sans efficacité. Les troupes ont, d'ailleurs, des munitions en quantité insuffisantes et ne sont pas assez nombreuses du moment qu'il ne s'agit pas seulement de résister à des bandes d'émeutiers, mais que la population toute entière généralise le mouvement.

C'est alors que Marmont, vers le milieu de l'après-midi, 3 heures, juge que la situation est grave, qu'une révolution généralisée comme celle-là ne peut pas être apaisée par les moyens insuffisants qu'il a ; il envisage qu'il faudrait abandonner Paris et le reprendre ensuite aux insurgés ; en somme, Marmont envisage les plans par lesquels la Commune de 1871 sera détruite. Il écrit au Roi pour lui demander des ordres ; le Roi lui enverra à la fin de l'après-midi, c'est-à-dire très tard, l'instruction de concentrer les troupes autour des Tuileries et du Louvre et donnera aux garnisons des environs l'ordre de se porter sur Paris pour fournir à Marmont les renforts dont il a besoin. A la fin de la journée, Marmont donne donc à ses troupes l'ordre de se replier sur le Louvre et les Tuileries ; ce mouvement de retraite fut souvent très difficile, aussi difficile que le mouvement pour aller prendre les points stratégiques à la fin de la matinée et au début de l'après-midi. En particulier, la troupe qui était à la Bastille eut beaucoup de mal à regagner le quartier général elle fut obligée de descendre jusqu'au Pont d'Austerlitz et de faire le tour par les boulevards extérieurs pour regagner le Louvre et les Tuileries. Ce repli de Marmont eut pour résultat d'abandonner tous les quartiers de l'Est et du Nord aux insurgés et dans la nuit, des barricades vont se généraliser tout autour du quartier général qui va se trouver bloquer par elles, sauf les communications par le Jardin des Tuileries et les Champs-Elysées.

Tandis que ces opérations militaires se déroulaient, des tentatives d'intervention et de médiation entre les insurgés et le gouvernement étaient faites par les autorités légales. Mais le mouvement populaire a rendu à peu près inutile toutes ces démarches, en sens contraire d'ailleurs, tentées dans la journée. A midi, les députés se réunissaient chez l'un d'eux, dans l'entreprise de transport d'Audry de Puyravault qui était faubourg Poissonnière ; ils se rassemblent dans les remises, au rez-de-chaussée ; les portes et le fenêtres sont ouvertes ; une atmosphère d'émeute les entoure, la cour est pleine de monde, les ouvriers vont de la salle vers le dehors ; la discussion des députés est assez confuse, interrompue à chaque instant par des insurgés qui arrivent du centre de Paris et qui racontent des phases du combat. A cette réunion, sont présents Lafayette et Laffitte, qui viennent d'arriver de province ; la réunion décide la publication d'une protestation, cette protestation que Guizot a été chargée de rédiger et qui est, en somme, à peu de chose près, celle des journalistes.

Cette protestation constate un fait : l'illégalité des ordonnances, proteste contre ces ordonnances, mais n'annonce et ne propose aucune sanction, aucun acte ; elle reste un document théorique en quelque sorte. Elle fait d'ailleurs la distinction entre la personne du Roi pour laquelle le texte primitif de la protestation contenait encore des déclarations d'amour et d'attachement, et les ministres qui ont trompé les intentions du Roi. L'objet de cette réunion des députés est, en somme, d'interposer les députés légalement élus et se considérant toujours comme légalement élus entre le peuple et le gouvernement. Guizot répond à Mauguin qui trouve la protestation insuffisante : « notre devoir à nous n'est pas de prendre parti pour ou contre le peuple, mais de nous constituer médiateurs et de convaincre le Roi qu'il a été trompé par ses ministres ». Certains députés parlent d'aller plus loin, parlent même de gouvernement provisoire, Mauguin, Bavoux, Bérard, La Fayette et de Labrode. Mais la majorité de l'Assemblée veut rester sur le terrain des principes légaux et n'envisage pas d'aller jusqu'à un mouvement révolutionnaire : le texte de Guizot est adopté, après être appuyé par le général Gérard, Périer, Laffitte et Sébastiani.

La protestation des députés est donc arrêtée au début de l'après-midi et les députés décident également d'envoyer une délégation de cinq d'entre eux près de Marmont pour lui demander de suspendre les hostilités et d'obtenir du Roi le retrait des ordonnances et le changement de ministère moyennant quoi, le peuple, de son côté arrêterai l'émeute. Cette députation est composée de Laffitte, du général Gérard et de Casimir Périer plus deux députés sans éclat. La démarche des cinq députés près de Marmont est faite à 3 heures ; Mais Marmont déclare qu'il n'a aucun moyen de décider le Roi à ce qu'on lui demande, qu'il ne peut pas lui-même arrêter les hostilités ; il a des ordres à exécuter. Polignac qui se trouve aux Tuileries refuse de recevoir les cinq députés. En effet, le Roi avait donné les ordres d'arrestation où ils étaient compris, mais Marmont n'a pas voulu arrêter des « parlementaires ».

Il y eut encore dans la journée deux autres réunions de députés, une chez Bérard où l'on décide de lancer la protestation avec la signature des députés ; l'imprimeur Baude a apporté les épreuves des protestations ; il a pris sur lui d'effacer les déclarations d'attachement à la personne royale considérant que c'était périmé puisque le peuple se prononçait de façon si vive. La question se pose de savoir si on signera la protestation. Plusieurs députés avaient déclaré qu'ils ne voulaient pas d'autres, au contraire, veulent qu'il y ait des signatures individuelles ; les 41 présents signent donc, mais devant ce petit nombre, on décide d'ajouter ceux qui étaient là le matin d'où 63 signatures. Ils se réunissent encore le soir chez Audry de Puyravault mais ne sont qu'une dizaine et ne prennent aucune décision.

On voit que l'attitude des députés est assez incertaine. Ils ne veulent pas se mettre à la tête du peuple et ne sont point effleurés par l'idée d'un changement de régime. Ils voudraient le retrait des ordonnances et le changement de ministère.

Certains d'entre eux ont même essayé d'obtenir ce résultat par négociations avec le Roi. Casimir-Périer et le général Gérard ont adressé au Roi Vitrolles pour lui demander le retrait des ordonnances. La démarche de Vitrolles est faite dans l'après-midi. Le Roi refuse. Les Pairs de France, réunis chez Pasquier, essaient de faire une intervention analogue et c'est l'abbé de Montesquiou qui en est chargé. Il y aura encore une troisième tentative dans le même sens, faite le lendemain matin par Semonville et d'Argout qui se heurteront de la même façon au refus du Roi, de changer le ministère et de retirer les ordonnances. Toutes ces autorités n'envisagent pas autre chose qu'une victoire sur Polignac et le soir encore, les députés refusaient de prendre la cocarde tricolore qui était arborée par le peuple depuis le matin.

 

Le 29 juillet : l'échec de la tentative royale de rétablissement de l'ordre.

C'est le lendemain 29 que dans la matinée, la défaite de Marmont s'accuse. Au matin, la situation paraît difficile, le Louvre et les Tuileries sont encerclées sur la rive droite par des barricades, véritablement assiégés, sauf vers les Champs-Elysées ; les troupes n'ont pas touché de ravitaillement depuis le 27 au soir et le dernier repas, c'est la soupe le 28 au matin avant de partir. Les munitions sont en quantités insuffisantes ; elles ont déjà commencé à manquer le 28 dans la soirée. Marmont a envoyé chercher des munitions à Vincennes, le soir du 28, mais elles arriveront trop tard, après la capitulation. D'autre part, les troupes ont maintenant un chef, un soi-disant général qui est sorti on sait d'où, Dubourg et les jeunes gens, en particulier les polytechniciens organisent les masses populaires en troupes disciplinées. Marmont a fait un vain effort pour calmer le peuple ; il a convoqué les maires des arrondissements et les adjoints pour les charger d'une proclamation au peuple, mais il en est venu trois et comme il n'y a pas d'imprimerie, on peut tout juste copier quelque unes de ces proclamations ; la tentative est vaine.

Pendant la matinée, le peuple a occupé certaines positions sur la rive gauche sur laquelle il n'y a pas encore eu de combat ; en particulier la caserne de Babylone qui fut enlevée par une troupe conduite par un jeune homme de 17 ans nommé Vaneau et le Palais-Bourbon, c'est-à-dire deux positions fortes en arrière des Tuileries. Dans la matinée se produit un événement décisif que Marmont a considéré comme tel et qu'il déclare dans ses Mémoires avoir été la clef de tout : à la place Vendôme, le 5ème régiment de ligne et le 53ème font défection ; ils ont fraternisé avec les gardes nationales et ont été entraînés par le frère de Laffitte. Voilà les positions de Marmont tournées par la rive gauche et par la place Vendôme. Marmont considère qu'il va lui être impossible de résister et, d'autre part, cette défection l'oblige à des mouvements de troupes qui vont dégarnir sa position ; il est obligé, en effet, de faire occuper la place Vendôme par des troupes qui étaient au Carrousel, pour remplacer celle-ci il fait venir les troupes qui étaient au Louvre et dans l'intervalle de ce mouvement, le peuple a profité de ce moment d'incertitude pour pénétrer au Louvre. Il y avait alors des immeubles en construction qui avoisinent les colonnades et par les échafaudages, le peuple a pénétré dans le Louvre. Les troupes se sont repliées en désordre sur les Tuileries au moment où Marmont donnait les ordres de mouvement indiqué tout à l'heure. Il considère alors qu'il est impossible, une fois le Louvre pris, de tenir ; entre midi et une heure, ces événements se sont passés ; Marmont donne l'ordre de retraite par les Champs-Elysées en occupant la barrière du Roule et la barrière de l’Étoile, considérant que là, appuyé sur les troupes qui peuvent venir, il lui sera facile de reprendre le combat. Mais il rencontre à la barrière du Roule le duc d'Angoulême qui a été envoyé par le Roi pour prendre le commandement et qui donne l'ordre aux troupes de continuer sur Saint-Cloud. Paris se trouvé évacué par les troupes royales vers 1 heures ½, le 29.

L'exaspération du peuple contre les Bourbons est devenu immense ; l'insurrection est donc victorieuse. Il n'y a plus dans Paris une seule autorité royale, car les préfets de police et de la Seine ont quitté leur préfecture à partir du moment où l'état de siège a été proclamé. Au début de l'après-midi, les combats se sont donc terminés ; ils ont coûté, d'après les calculs ou les vérifications faites 800 tués et 4 500 blessés du côté du peuple contre 200 tués et 800 blessés du côté des troupes royales. L'insurrection est donc victorieuse.

Le seul organisme légal qui restait dans Paris, c'étaient les députés. Il fallait tout de même maintenant qu'ils se prononcent d'une façon définitive. C'est d'autant plus nécessaire que déjà certains mouvements se sont esquissés dans Paris qui peuvent, en s'amplifiant, devenir dangereux. Dans la journée du 28, une affiche anonyme a annoncé la formation d'un triumvirat, Lafayette, Gérard, Choiseul. Au début de la journée du 29, Baude, le directeur-imprimeur du Temps s'est improvisé préfet de police du gouvernement provisoire (qui n'existe pas) et le général Dubourg a été s'installer à l'Hôtel-de-Ville qui était vide et a commencé à prendre des mesures comme s'il était une autorité régulière. Il y a donc un début de création d'autorités populaire qui peut être inquiétant pour les députés.

Mais ceux-ci sont encore extrêmement timides ; il suffit de fort peu de choses pour les effrayer. Pendant qu'ils étaient en réunion chez Laffitte, on entend dans la rue l'arrivée d'une troupe et des coups de feu ; les députés s'imaginent qu'on vient pour les arrêter ; tout le monde s'enfuit par les jardins ; c'étaient les délégations, au contraire, des régiments qui faisaient défection. Les députés ont d'ailleurs très peur de leur responsabilité et ils gardent le souci de la légalité ; ils vont donc suivre, de très loin le mouvement populaire. Ils se sont réunis chez Laffitte dans la matinée pour attendre les événements ; ils sont à la fois rassurés et effrayés par les nouvelles, rassurés parce que la victoire du peuple détruit le danger de répression, mais effrayés de ces mouvements populaires qui peuvent tourner à la Révolution sociale. La réunion des députés s'ouvre officiellement vers midi ; Lafayette qui a parcouru Paris arrive, déclarant qu'on le presse de prendre le commandement de Paris et alors, les députés, sur la proposition de Guizot, décident de nommer Lafayette commandant de la Garde nationale et de nommer une commission municipale de cinq membres qui ira prendre en main l'administration de Paris ; elle est élue séance tenante, composée de Casimir-Périer, Mauguin, Lobau, Schonen et Audry de Puyravault. Nomination de La Fayette comme commandant de la Garde nationale, constitution d'une Commune de Paris, ce sont les solutions de juillet 1789. La Commission va s'installer à l'Hôtel-de-Ville et se met au travail, s'efforce de reconstituer l'autorité dans Paris ; elle nomme un délégué aux Finances, le baron Louis ; deux préfets, à la Police Bavoux, à la Seine de Laborde. Puis elle nommera des maires et des adjoints pour les arrondissements qu'elle prend dans les comités de la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera ». Enfin, le général Gérard est nommé commandant des troupes de ligne dans Paris.

A la fin de la journée, les députés se réunissent encore vers 20 heures pour attendre le résultat des interventions qu'on a faites près du Roi et dont ils ont eu connaissance officieusement. D'Argout va porter au Roi les conditions que feraient les députés pour se soumettre ; ils accepteraient un nouveau ministère présidé par le duc de Mortemart, le retrait des ordonnances, la convocation des Chambres, la réorganisation de la Garde nationale ils décident de rester en séance jusqu'à une heure du matin pour attendre la réponse du Roi et l'arrivée du nouveau ministère.

Ainsi, la première marche des députés dans le sens de la Révolution, c'est une réorganisation des autorités, une régularisation de l'émeute, la reconstitution d'une autorité publique qui a disparu pendant la Révolution. Les députés n'envisagent pas encore, le 29 au soir, un changement de dynastie ; ils ont repoussé certaines ouvertures de Laffitte qui a commencé à parler d'avoir recours au duc d'Orléans ; ils ne songent même pas à un changement de régime. Le lendemain matin, à 8 heures, Laffitte disait qu'il considérait l'affaire comme arrangée avec Charles X par le simple changement de ministère.

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